‹ BambuseaeChapitre 21 sur 94 · PE · texte numérisé non relu

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rien n'avait bougé à l’intérieur des caisses, qui avaient cependant dû subir bien des chocs au cours de nombreuses manutentions. Au déballage, nous en avons retiré quatrevingt-deux plantes. Toutes les mottes étaient encore modérément humides. La paille de riz et le sphagnum avaient un peu moisi; maisles bambousétaientintacts. Par unhasard heureux ils n'avaient pas subi de gelée à leur arrivée en Europekceut été. une-cude épreuve après les chaleurs de la mer Rouge. Sur ces quatre-vingt-deux plantes, soixantequinze étaient parlaitement vivantes ,--mais cinq moururent

dans la suite —. Beaucoup avaient poussé en route, leurs

feuilles étiolées, blanches ou jaunes prirent couleur en peu de jours dans la serre tempérée. Quelques-unes avaïent commencé à développer des tiges qui continuèrent à pousser après leur arrivée. Un Ph. pubescens var. heterocycla possédait une jeune tige atteignant deux mètres, qui avait entièrement poussé dans sa caisse, s’y contournant faute d'espace. Quarante-sept de ces plantes portaient encore des feuilles vivantes développées au Japon,et une quinzaine d’entre elles avaient conservé fout leur feuillage en excellente santé. Presque toutes ces dernières appartenaient au

genre Bambusa. Les dernières feuilles parties du Japon en

décembre 1904, moururent et tombèrent seulement en septembre 1905 à l’Ermitage : c'étaient des feuilles de Bambusa Nana var. Alphonse-Karri (1).

En avril 1905, nous avons ramené de Praïfrance un chargement de 8ooo kil. de grosses et grandes plantes comprenant cent cinquante tiges de première grandeur. Le

transport n’a duré qu’une semaine, quoique la distance

parcourue fut de 1100 kilomètres à peu près. Un temps pluvieux a favorisé cet envoi si bien que le feuillage de bresquentoutes les tiges demeura intact, et que nous

n'avons perdu des suites du transport que quatre ou cinq

(1) À propos de la résistance et de la longévité des feuikes, nous ne pouvons résister au désir de citer un exemple, quoiqu'il ne se rapporte pas à un bambou. Au début de la grande vogue des Catileya labiata automnalis lancés par Mr Linden sous le nom nouveau de Cat. Waroqueana, une firme anglaise fit vendre publiquement quelques centaines de plantes de cette espèce à Gand chez Mr Jules De Cock: L’une des plantes que nous avons acquises à cette vente portait trois

feuilles dont une agée de trois ans à ce moment, ne mourut que onze années

plus tard. Elle était donc agée alors de quatorze ans : treize bulbes plus jeunes placés sur le même rhizome en témoignaient indiscutablement. Ce fait individuel, la plupart des feuilles de la même plante étaient mortes à l’âge ordinaire, avait attiré dès longtemps notre attention et aucune erreur n’a pu entacher cette observation : la plante en question n’ayant pas quitté notre serre tempérée et ayant été l’objet d'observations presque journalières. Le limbe de cette feuille ‘était extraordinairement ridé, quand il commença à jaunir puis à se dessécher.

Re D tiges, parmi les moins hautes. Cet envoi comprenait uné douzaine de tiges dépassant quinye mètres de hauteur (cinquante pieds). Elles ont toutes repris, confirmant ainsi pleinement notre opinion que l'écimage des bambous est inutile quand on les plante dans un climat aussi humide que celui de la Belvique ou de l’Angleterre.

Nous avons reçu le 2 mars de cette année un nouveau chargement important. Il est encore trop tôt pour faire état de la bonne mine des plantes, mais nous croyons que malgré vingt-quatre jours de voyage pour une partie et seize pour l’autre, leur santé n’est aucunement compromise. Nous croyons donc pouvoir dire que la transplantation des bambous n'est pas plus difficile que celle de là plupart des « evergreen » (plantes à teuillage persistant).

Le bambou instrument de crime et de supplice.

Ces végétaux qui accroissent le bien-être des populations habitant les contrées où ils poussent en abondance, servent aussi à des œuvres néfastes.

C’est une coutume courante chez beaucoup de populations de confectionner en bambou des coutelas et des poignards légers et solides. Un éclat pris à la base d’une tige, bien taillé et eflilé, fait un poignard redoutable. Nous avons pu examiner une telle arme, un coutelas ayant servi à perpétrer un assassinat au Siam, pièce à conviction qui fut produite au cours d’un procès.

Dans les contrées tropicales, un certain nombre de bambous ont des gaînes couvertes de poils. Les indigènes recueillent ces poils, les pulvérisent et les répandent sur la couche ou sur le linge de ceux qu'ils veulent empoisonner. L'apport de cés poils sur les muqueuses, et même sur la peau, surtout aux plis des articulations, produit des inflammations suivies d’ulcération. Les plaies causées par cette fine poussière s’enveniment, se contaminent d’autant plus facilement que l'usage des antiseptiques est inconnu de ces populations, et que ces minimes parcelles de cellulose insoluble cheminent dans les tissus à la manière des aiguilles. La mort arrive lentement après des phases variant d’un individu à l’autre, suivant le genred'in

een

fection de la plaie et suivant le siège de l’ulcération ; mais toujours après une agonie longue et atroce, et sans que la moindre trace de poison puisse se découvrir. La mort paraît causée par une plaie malsoignée, ou un ulcère malin : le coupable est souvent à l'abri de tout soupçon !

Récemment, un animal domestique a succombé à cette étrange intoxication dans le Midi de la France.

Une chienne de chasse avait pris l'habitude de fureter dans un bosquet de Ph. pubescens. Au printemps, quand les jeunes tiges surgirent de tous côtés, armées de leurs poils terribles, l'animal commença à présenter les symptômes d'une inilammation des yeux, puis du nez. En peu de temps elle devint aveugle, ses yeux se fondirent en plaies purulentes, ses sourcils d’abord, puis la peau du front et du crâne se tuméfhièrent, se boursoufflèrent, le nez se détlorma et il fallut abattre la pauvre bête pour abréger un supplice que rien ne pouvait soulager.

C'est là un exemple frappant de la défense de la jeune tige encore tendre contre les animaux qui s’en approchent et peuvent la briser.

Nous pensons toutelois que la virulence de ces poils est variable : c'est ainsi qu’en maniant des gaines de PA. pubescens récoltées à Praîrance nous avons contracté un commencement d’inflammation des muqueuses ; tandis qu’en étudiant les gaines de la même espèce développées en Belgique, nous n'avons éprouvé aucun inconvénient.

Les Chinois, comme l’on sait, sont extrêmement ingénieux, même dans l'invention des supplices. Ils ont recours au bambou pour appliquer la bastonnade. Les tiges et surtout les rhizomes sont des instruments raffinés de torture. Quand on en porte des coups, les renilements des nœuds broyent les tissus, font des chapelets d’ecchymoses Édéchimentiä peau en, peud'instants. |. Mais ceci n’est qu'un jeu auprès de l’infernal supplice que la croissance de la jeune tige a suggéré aux Orientaux.

Empaler un homme sur un pieu de fer ou de bois, ü, le vilain meurtre, fi, la besogne salement exécutée. Non, non, il y a mieux que cela dans un pays où le bambou pousse vigoureusement. Dans certains districts, quand le juge a ordonné d’empaler un condamné, on le mène dans un bois de bambous. L'air y est d’une délicieuse fraicheur, la lumière tamisée par le feuillage est reposante pour les yeux, tout invite au calme, au recueillement, et cependant un drame va commencer.Le bourreau cherche,

RS AE à

inspecte, examine. Ah, voici, il a trouvé son aide lclest un vigoureux jet de bambou haut de trois à quatre décimètres. Il: amoncelle m&ntenant! de lat terre antoumts manière à ce que la pointe du jet affleure au-dessus de la motte. Un solide pieu est enfoncé verticalement en terre à un décimètre de la jeune tige. Tout cela s'exécute calmement, dans le clair matin avec les gestes habituels du cultivateur, comme s'il s'agissait d’une besogne usuelle et ordinaire. Puis, le condamné est assis commodément sur le monticule, il est solidement lié au pieu, ses jambes sont immobilisées par deux piquets, et le supplice prescrit commence. Le jet de bambou grandit de plusieurs décimètres par jour, il traverse le malheureux qui ne succombe qu'au bout de deux ou trois jours à cet ignoble et horrible supplice, le corps perforé par la plante |

Voilà qui vaut bien ce que l'inquisition a inventé de mieux pour combattre la liberté de conscience.

Bambusacearum partes enumeratae SECUNDUM DESCRIPTIONIS ORDINEM.

Latin Allemand Français Anglais Hypogea pars Coespes Rasen Souche . Stump Rhizoma Rhizom. Wursel- Rhizome Rhizome stock Squama Schuppe Ecaille Imbricating sheats Radix Wurzel Racine Root Epidermis Oberhaut Epiderme Epider mis Radicella Würzelchen Radicelle Rootlet Oculus Auge Oeil Bud Caulo-bulbusS MEL: RER ESS ES ES Caulo-bulbe Culm bulb Epigea pars Turio Stockknospe Turion Culm. bud Culmus Halm, Stam Chaume Culm Sulcus Furche Sillon Groove LÉ NE ere Rinne Cannelure: Channeling Merithallium Merithallium,Inter- Mérithalle Internode nodium Lignum Holz os Wood Canalis medularis Markrôhre Canal médullaire Hollow Medulla Mark Moëlle Pith Nodus Knoten Nœud Node Leptum Scheidewand Diaphragme Partition

Inferior pulvillus

Unterer Ring

Bourrelet inférieur Inferior Doi

Cicatrice vaginale

Sheath'’s scar

Latin

Superior pulvillus Prominentia Radix adventiva Spino-radix Gemma

Ramus

Ramulus Vagina

Squama binervia Cillum

Auricula

Ligula Microphillum

Vagina rami

Vaginella Folium Petiolus Limbus, lamina Dens

Pilus

Seta

Nervus medius Nervus secundarius Nervulus Tessella Tessellatus Area

Punctum

Inflorescentia Panicula Pedunculus Bractea Pedicellus Spica

Rachis Spicula Gluma Rachilla

Flos Glumella exterior Glumella interior Glumellula Stamen Filamentum - Anthera Connectivum - Lobus Pollen

Ovarium

. Stylus Stigma Caryopsis Scutellum Pericarpium Sinus Rostrum

Lo ee

Allemand

Oberer Ring

Hervorragung

Beiwurzel

Wurzeldom

Knospe

Zweig

Zweigchen

Scheide

Vorblatt

Wimper

Oehrchen

Blatthäuschen

Offnung, Mund

Zweigscheide,scheide Zweiter Oder,

Français

Anglais

Bourreletsupérieur Superior projection

Protubérance Racine adventive Spino-racine Bourgeon Rameau

Ramiile

Gaïne

Ecaille binervée Gil

Oreillette

Ligule Microphylile Bouche

Gaïne secondaire

Schiedchen Gainette Blatt Feuille Blattstiel Pétiole Blattfläche Limbe Zahn Dent Haar Poil Borste Saie Mittelrippe Nervure médiane Seiterrippe Nervure secondaire Verbindungsnerv Nervurette Re Mie re JESSONE Schachtressartig Tesellé Hof Aréole Punkt Point Fructificatio Blutenstand Inflorescence Rispe Panicule Blutenstiel Pédoncule HochblattDeckblatt Bractée Blutenstielchen Pédicelle Ochre Epi Spindel Rachis Ochrchen Epilet Hüttspelze Glume Spindelchen Rachilla Fleur Deckspelze Glumelle externe Vorspelze Glumelle interne Spelzchen Glumellule Staubgefäss Etamine Staubfaden Filet Staubbeutel Anthère Verbindungsfaden Connectif Lappen 6 Lobe Blütenstaub Pollen Fruchtknoden Ovaire Griffel Style Narbe Stigmate Kornfrucht Caryopse Schildchen Scutellum Fruchshütte Péricarpe Bucht Sinus Schnabel : BEC

Protuberance Advantive root Root-spine Bud

Branche Branchlet Culm sheath Binerved scale Brisle

Auricle

Ligule Impertect blad Opening Branche sheath

Leafe sheath Leate

Petiole

Blad

Dent

Hair

Bristle

Midrip Secondary veins Intermédiate vein Transverse vein Tesselate Areola

Pellucid gland

Inflorescence Panicle Peduncle Bract

Pedicle

Spike

Rachis Spikelet Empty glume Rachilla Flower Flowering glume Palea Lodicule Stamen Filament Anther Connective Lobe

Pollen

Ovary

Style

Stygma Caryopsis Scutellum Pericapium Grove

Beak

Nous devons le texte allemand à l’obligeance de Mr le Prof. E. Pftzer de l’Université de Heidelberg, nous lui en - exprimons tous nos remerciements.

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