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LES TRAVAUX DE LA SAISON

Sous ce titre nous indiquerons dans chaque numéro les soins culturaux indispensables pendant un ou deux mois.

Ces soins, et le moment où il faut les donner, varient suivant les contrées. Nous les donnerons spécialement pour la Belgique ; ils s ‘appliqueront à bien peu de chose près au Nord de la France, à la Hollande, à une partie de l'Angleterre et de l'Allemagne.

Mars. Le moment de l’année où la couverture hivernale qui protège les rhizomes, peut-être enlevée, varie un peu suivant le régime du printemps.

En 1906, nous avons pu l'enlever au début de Mars. en la laissant toutefois à proximité des touîles pour parer à un refroidissement subit ; tandis qu ordinairement nous attendons le réchauffement qui se produit vers la fin de ce mois. Voici comment nous procédons : nous enlevons complètement la couverture d'hiver quand le temps est doux et si possible pluvieux, et nous laissons la terre nue jusqu’au jour où la gelée ou le temps sec s’annoncent. Alors nous mettons à la place de la couverture d’hiver, le pailli mince (ne dépassant jamais cinq centimètres) qui, remanié ou remplacé en temps utile, ne cessera plus de couvrir la terre pendant tout le reste de l'année. En opérant l'enlèvement de la couverture à l’époque que nous indiquons, ou risque moins de briser des jeunes pousses : celles qui sont sorties de terre sont peu nombreuses; elles étaient d’ailleurs déjà visibles à l'automne et l’on a dû les marquer à cette époque à l’aide d’un tuteur, si elles valaient la peine d’être conservées. L'enlèvement doit cependant être fait avec précautions, car souvent des rhizomes affleurent, et il ne faut pas qu'un outil manié sans prudence les brise ou les blesse. On enlève la plus grande partie de la couverture au rateau, ou à la fourche, puis on achève à la main avec douceur et délicatesse.

Nous conseillons donc d'exécuter tôt dans la saison l'échange de la couverture d'hiver contre le pailli de printemps. Nous recommandons aux amateurs de surveiller l'exécution de cette opération, et d'empêcher à tout prix le travailleur de marcher trop près de la souche. Nous sommes obligé de mettre en garde contre la facon malencontreuse de procéder, de presque tous les aides qui sont as-

treints à cette besogne. Ils exécutent presque toujours, par hasard, sans aucune mauvaise intention, et au moment où l’on s’y attend le moins, le mouvement imprévu et inutile qui amène un flâcheux accident. Trop souvent, hélas, détruire est quasi leur fonction principale !

Que de Îois nous avons vu l’ouvrier arrivant à la besogne : il plante sa bèche pour Ôter sa veste, et coupe juste le plus gros rhizome, espoir de l’an prochain. Désolé de”ce malencontreux hasard, il vient vivement constater l'accident et, sous le coup de l'émotion, il ne manque pas de mettre le pied sur le beau turion qui pointe à peine, et aurait produit un chaume vigoureux. Estimez-vous bien heureux si, à votre cri de détresse il ne recule pas en plein dans la touîfe, et remerciez le de vous avoir si bien et sitôt montré ses aptitudes.

Ailleurs 1l s’agit de nettoyer un chemin. Une toute est plantée au bord de la pelouse : prenez garde, si une jeune tige sort en bordure, la pelle ou la houlette échappera infailliblement en cetendroitet coupera netlanouvelle pousse. Si vous passez en ce moment, l’adroit malin aura certes un regret iort vil: ce qui ne répare rien, et évite rarement la récidive, car il a agi sans penser, vous dira-t-il. Croyez le sur parole : justement, #/ ne pense pas à ce qu'il fait ; c'est pourquoi il recommencera !

Une autre fois nous avions recommandé à un aide de nettoyer et sarcler les abords d'un massif protégé par un treillage métallique. Nous lui avions prescrit de ne pas entrer dans l’enclos et, sans inquiétude, nous nous étions éloigné. En revenant nous avons constaté qu'il avait fait hélas du zèle : une partie de l’intérieur était d'une propreté parfaite ; mais de trois tiges qu'une espèce rare possédait naguère, une seule était encore debout, les autres gisaient dans la brouette ! Quant à l'auteur inconscient, il souriait modestement, attendant un compliment ! Dernièrement encore nous avons fait agrandir un massif de bambous ; quelques petites tiges avaient poussé du côté où il fallait raccorder la partie nouvelle à l’ancienne.fEt bien, quand nous avons voulu relever ces tiges pour les transplanter, nous avons constaté qu’un coup de bêche en avait détruit la moitié. Depuis lors l’auteur de ce mélait a cependant fait quelques progrès. Que de fois nous avons vu ces choses, et d'autres du même genre, quand nous faisions soigner nos plantes pendantla période de végétation! Aussi avons nous pris le parti d'avancer l'époque des travaux

assez pour réduire au strict minimum la somme des acci+ dents. Néanmoins il en arrive toujours et nous devons dire que presque jamais nous n'avons vu un ouvrier approcher de nos bambous, nous ne disons pas y travailler, c'est alors bien pis, sans qu'il en soit résulté si non quelque déplorable accident, au moins quelquesottise. Amateurs veillez donc, et insfruisez vos jardiniers. Le plus grand ennemi du bambou, ce n'est pas l’hiver qui le géle, c’est celur qui le soigne sans le connaître, sans le comprendre et sans penser à ce qu'il fait.

Quelques jeunes pousses chétives se montrent parfois déjà dans les derniers jours de Mars, quand le printemps ESP ECOCE Mais C'EStIeN

Avril €t Mai que la végétation des bambous commence sérieusement à se réveiller. Presque toutes les espèces de pleine terre montrent des turions avant la fin de Mai. Il importe donc que les plantes soient protégées à cette époque contre les hommes, les animaux domestiques et même le gibier. C’est aussi le moment où les arrosages et l'irrigation commencent à être utiles pendant les périodes de sécheresse. Les plantes nouvellement installées, celles qui sont encore faibles ou les jeunes semis, réclament de l’eau quand le vent du Nord souliile en soulevant la poussière, ou quand le soleil ardent dessèche la terre «

Faites donner l’eau sur le pailli échaufié par le soleil et, quoi qu'on en pense, faites la donner la moins froide possible ; la chaleur de fond ne perd pas ses droits quand il s'agir de faire pousser des bambous (1) ; mais surtout faites la donner au moyen d’un arrosoir à long bec de crainte que le dispensateur de l’eau ne vienne secouer la poussière de ses semelles sur la tête des jeunes turions !

Nous ne sommes pas éloigné de penser que plus d'un amateur considère les bambous comme non traçants, parce que l'on détruit chez lui, par mégarde, les rhizomes et les turions qui s'écartent de la touffe. Pour parer dans la mesure du possible aux accidents, non seulement nous faisons tôt les travaux printaniers, mais de Mars à Juillet nous défendons les approches des touffes par des moyens variés : situations peu accessibles, palissades, treillages métalliques, arbustes épineux, pièces d’eau, etc... "Pen: dant les mois d'Avril et Mai il faut naturellement bien se

(1) Nous reviendrons prochainement sur la question des arrosages à Peau chaude,et sur les résultats excellents qu’ils donnent dans tous lesgenres de culture.

agen te

garder de faire remanier ou changer lé pailli, et si l'or fait donner de l’engrais que ce soit de l’engrais de vache très dilué.

Tels sont les soins culturaux que réclament au printemps Îles touîles de peu d'étendue ; quant à celles qui ont pris un grand développement, et qui occupent une grande surface, un demi are au moins, nous ne leur faisons donner aucun soin : le pailli mince, auquel s'ajoutent les feuilles tombées des chaumes, constituent leur seul abri, hiver comme été : ces plantes se suilisent à elles-mêmes au printemps. (ANS HIDE)

VARIA

Conserves de pousses de Bambous,.

Les pousses de bambous peuvent être utilisées comme aliment et même, après cuisson, elles peuvent être conservées. Le ‘ Bulletin économique d’Indo-Chine ,, publie à ce sujet quelques notes qui lui ont été communiquées par M' Duport, attaché à la mission scientifique permanente d’'Indo-Chine.

Pour préparer des pousses de bambous, il faut, après avoir enlevé les feuilles, éplucher la tige jusqu'à la partie tendre et enlever la partie inférieure de la. pousse ; celle-ci bien décortiquée est mise à tremper dans un récipient contenant de l'eau lécèrement vinaigrée ; il faut éviter un séjour trop prolongé dans l’eau, car cela amène de la iermentation qui communique à la préparation le goût des préparations chinoises. On passe alors les pousses dans une marmite d’eau froide lécèrement salée, et l'on faitcuire.

… [lestavantageux de changer fréquemment l’eau, afin d’enle-

ver le principe colorant des pousses et leur principe amer. HÉMaut entchanpeant les pousses, veiller. à ce que les liquides soient sensiblement à la même température ; car en plongeant les pousses dans de l’eau froide on les durcit. Les pousses cuites sont mises en vases renfermant de l’eau chaude lévèrement salée, et ceux-ci sont passés dans une

» autoclave où ils restent au moins deux heures.

E. DE WILDEMAN.

Fourrage de hambou.

M. H. H. Cousin, chimiste du Département d'Agriculture de la Jamaïque,a analysé l’herbe fournie par le Bambusa vulgaris, Wendland, qui lui avait été envoyée par un planteur de St-James. Ce planteur recommandait ce fourrage comme nourriture du bétail pendant les périodes de disette du fourrage ordinaire. L’analyse a donné:

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Potasse +. ,, Ur OMS PET RENE Chaux, . 04: SR SR ET RE ACIDE PhOSPhOFIQUE CANTINE CREME 10, 47

Ces analyses démontrent que le fourrage de ce bambou esttrès riche en matières azotées, et qu’il constitue un aliment de valeur. D’ailleurs il résulte de notes envoyées au Département de l'Agriculture de la Jamaïque,que ce foin est mangé avec plaisir par les bêtes à cornes et par le cheval. Taillées jusqu’à la base, des touffes de ce bambou ont rapidementrepoussé et fourni du feuillage en quantité. On a observé que des veaux nourris à l’aide de ce foin pendant une grande période de sècheresse étaient aussi bien portants que lorsqu'ils étaient nourris de foin ordinaire. On prétend que les chevaux nourris de cette plante sont plus résistants. Mr J. Barclay croit pouvoir appuyer cette dernière opinion.

E. de Wildeman.

Les Bambous d'Afrique.

À propos de la floraison de l’Arundinaria Simoni À. et C. Rivière, Mr le Prof. Chalot de l'Ecole supérieure d’agriculture coloniale rappelle dans le Bulletin mensuel du Jardin colonial de Nogént-sur-Marne quelques renseignements à propos de la découverte de bambous, probablement l'Oxytenanthera Abyssimca dans le Congo français vers le 7M° degré de latitude Nord etentre le 17° et 180 de longitude est,en Octobre r9o1.Mr J.Dybowski,le chef de cette mission disait: « Mais après 4 kilomètres rapidement franchis,les herbes deviennent plus hautes et recouvrent un grand nombre de perches gisant sur le sol et enchevêtrées les unes dans les autres, et maintenues quelquetois à plusieurs décimètres du sol ; je les examine et, non sans une très grande surprise, je constate que ce sont des bambous... Les tiges ont de 15 à 18 mètres de longueur: elles se sont abattues sur le sol, et forment un immense jeu de jonchets au milieu duquel on a toutes les peines à marcher.Puis nous tombons dans une région où les bambous sont vivants. Ce sont des plantes suberbes. Les toutfes ont 6 à 8 mètres de diamètre et les brins s’élancent en une gerbe haute et élégante et s’infléchissent en des courbes gracieuses. Ces données nous ont semblé intéressantes à rappeler ici après l’article sur les bambous africdins de Mrle commandant Ch. Lemaire. La courte note de Mr Chalot est accompagnée de la photographie d’une inflorescence de l’A. Simoni, qui a fleuri de Mars à Décembre 1905 à Nogent et a porté tant de graines que des bandes de moineaux semblaient s’en nourrir presqu’exclusivement.En 1902 et 1903, cette bimbusacée avait fleuri dans diverses régions - en France, et Mr le prof. Ed. Bureau. a relaté ces floraisons dans le Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle, N° 8, 1903.

E. DE WILDEMAN.

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| Première Année. N°4 15 Juillet 1906

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Sa Culture, son Emploi.

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