RÉSUMÉ
Chapitre [. Introduction. — Définitions. . . . 227 Chapitre II. Notice historique.— Importations. . 229
Soins de culture donnés à l’époque des premièresintroductions.—Premiers essais de vulgarisation. — Action des livres et de la presse
- périodique .
Chapitre III. Collections SO et de jardins Publics 20 236 Chapitre IV. Quelques lee Éelleres et R collections d’horticulteurs . . . 239 Chapitre V. Cultures dans un but commercial. . 250
Chapitre VI. Notions sur le climat de la Belgique. 252 Chapitre VII. Exposé de nos essais en Belgique. — 253 Nos importations. — Principes de culture en Belgique Notions de biologie Abe | Droite PSone er EL 7 262 (1) Nous avons cependant demandé un accusé de réception à diverses
reprises, même en envoyant les timbres nécessaires pour la réponse ; rien n'a pu décider le destinataire à rompre le silence.
CHAPMRE. Te INTRO DUCIMOEN
On entend ordinairement par acclhimatation l'importation et la culture des plantes en plein air dans des régions où
elles ne sont pas indigènes.
On entend par culture — ou soins de culture — l’ensemble des procédés employés pour tirer parti, au profit du dévelloppement des plantes, des particularités du sol et du climat, ainsi que des ressources de l’art, de la science et de l’industrie.
L’acclimatation peut être complète, c’est-à-dire que les plantes introduites trouvent des conditions telles de sol et. de climat, et s’y adaptent si complètement, qu’elles peuvent se reproduire, même s’échapper des cultures et lutter avec chances de succès contre les plantes indigènes. es plantes qui se font ainsi place dans une flore où elles sont étrangères sont dites subspontanées.
L’acclimation peut être incomplète, c’est-à-dire que les plantes ont besoin de l’intervention et des soins constants de l’homme pour les protéger contre leurs rivales indigènes, pour atténuer les différences de climat et de sol, et surtout pour assurer leur reproduction. Les plantes sont dites alors cultivées.
L'ensemble des conditions climatériques nouvelles et des soins de culture ont une influence profonde sur les végétaux qui y sont soumis. Cette influence est d’autant plus accentuée ou sensible que les conditions chmatériques sont plus différentes de celles du pays d’origine, qu’elles ont ag1 plus longtemps, et que les conditions de culture sont plus différentes de la simple lutte pour l’existence. Les résultats de cet ensemble de conditions anormales sont de deux ordres : 1° apparents, tels que gigantisme, nanisme, atrophie traumatique, pléthore ou pénurie de graines fertiles ; 2° lafents et rémanents, dont les effets ne peuvent devemir apparents que dans la descendance du végétal. (1)
Dans la plupart des cas les modifications sont peu accentuées d’une génération à l’autre. Il peut cependant s’en produire de très grandes, surtout s’il y a en même temps hybridation, comme le démontrent notamment les expenenceste
(1) Nous nous déclarons donc convaincu de l’hérédité des caractères acquis.Comment, en effet, peut-on, en théorie, nier cette hérédité, ce qui équivaudrait à dire que les caractères acquis échappent aux lois du déterminisme ? Comment peut-on la nier devant la preuve expérimentale du fait bien établi que le premier père marque de son empreinte les rejetons d’un autre, issus d’une-même mère ?
Hugo de Vries et de Luther Burbank. On peut donc dire que l’acclimatahon est la conséquence des efforts d'un végétal pour résister ou s'adapter a des conditions nouvelles de vie. Elle ne montre tous Ses effets que dans une partie de la descendance du végétal.
Les conditions et les effets de cette influence sont individuels et non spécifiques ; il en résulte que la multiplicité des expériences s'impose. L’acclimatation n’est donc systématiquement possible que pour la descendance des plantes qui, soumises à des soins rationnels de culture, produisent sans abri, des graines fertiles dans le nouveau climat où elles sont introduites. L’apport des graines récoltées aux pays d’origine, ou leur production en serre, ne peuvent pas conduire à des variations tendant systématiquement vers l’acclimatation d’une espèce. On peut donc dire qu’un individu ne s’acchmate pas progressivement, mais qu'une espèce peut s’acchmater d’une génération à l’autre.
Quant on entreprend l’acclimatation de plantes qui, dans leur pays d’origine, ne fructifient que très larement Et, introduites dans une région nouvelle s’y montrent également rebelles à la fructification, on se heurte donc à une grande difficulté, et l’on ne peut attendre des résultats que à longue échéance. C’est le cas pour les bambusacées en général.
CPP EUTE re NOTICE HISTORIQUE.
L'introduction des premières bambusacées rustiques en Europe est relativement récente : 1l y a, en effet, 81 ans seulement que la première y parvint vivante. Ce fait s’explique par la rareté des fructifications, le peu de temps que les graines de beaucoup d’espèces conservent leur faculté germunative et la lenteur des transports avant l’emploi des navires à vapeur.
C’est le Phyllastachys mgra, Munro (Ph. puberula, (Miquel) Makino, var. mgra) qui parvint le premier vivant en Europe. Il fut apporté du Japon en Angleterre en 1827. Il fut réintroduit de Chine en France en 1846 par le vice-amiral Cécile, depuis on l’a réimporté à maintes reprises.
Les Aryundinaria gras, Bl., Bambusa arundinacea, B. Thouarsi et B. aurea (1) parvinrent en 1840 à M. Denis de
(x) B. aurea dont il s’agit ici parait être l'espèce ainsi dénommée par Siebold, cest-à-dire B. nana de Roxbu T2.
Hyères par l’entremise de M”° de Jancigny. Ces espèces provenaient de l’Inde.
Le Ph.miths, Rivière (non Poiret, nec Makino), fut envoyé vivant de Chine en 1840 par M' de Jancigny (1) à M'A. Denis qui le cultiva d’abord à Hyères (France), puis en 1855 ou 56, M: de Montigny, consul de France à Shangaï l’expédia de Chine à M° Hardy, directeur du Jardin d'Alger. Il y fleunit l’année suivante. Nous mentionnons ce fait parceque c’est certainement la première floraison d’un Phyllostachys sur les rivages de la Méditerranée. Malheureusement les fleurs de cette espèce ne furent n1 dessinées, n1 décrites, ni conservées, et elles sont encore do ee des M
Le Ph. vindi-glaucesceus, Rivière, fut introduit en France, en 1846, du nord de la Chine par le vice Amiral Cécile qui. rapportait en même temps du PA. mgra.
L’Arundinara Falconeri, Mitford, fut importé du mont Pindari, district de Kamaon (Indes Anglaises) par le Colonel Madden en 1847 et mis au commerce par Van Houtte de Gand (Belgique) en 1848.
L’Arundinaria japomca, Sieb. et Zucc. fe introduit du Japon en 1850 par Siebold.
Puis un long intervalle sépare ces neuf premières importations d’une seconde série qui se continue jusqu’à nos jours.
L’Arundinaria Simon: fut introduit en France en 1862 par M. Simon consul de France en Chine.
[ L’Arundinaria Fortune, Rivière (A.variabilis, Makino, var. | Fortune), envoyé du Japon parvint à Van Houtte en 1863.
Le Ph. flexuosa, Rivière, fut reçu du nord de la mo en 1864 par la S'° d’Acclimatation de Paris.
Le’P#;: Ne à Rivière (Ph. ms, var. sulfiure Fes expédié du Japon (?) parvint en 1865 à la même société.
Le Ph. bambusoides, Sieb. et Zucc. (Ph. Quilioi, Riv.), fut apporté du Nord du Japon en 1866 par l’Amiral du Quilio qui confia cette espèce précieuse à M' A. Rivière directeur du jardin d’essai du Hamma (Alger-Mustapha).
Le Ph. violascens fut introduit de Chine en 1869.
Un peu plus tard le Signor Fenzi, banquier à Florence (Italie) introduisit le Bambusa quadrangularis et le Ph.mdularia, et décrivit le premier.
Avant 1877 À. aureo-striata, B. Ragamowsh, B. spunosa, Dendrocalamus latifolius et strictus étaient introduits. (2)
(x) Bulletin de la Société d’acclim. 1860, p. 362. (2) A. Lavallée, Arboretum Segrezianum, p. 306, 1877.
Entre 1870 et 1880 M. Latour-Marhac, horticulteur à Temple-sur-Lot (France) introduisit Ph. Boryana, Castillom, Marliacea (vieux style), les À. Laydeker:i et fastuosa et le B. Alphonse-Karri.
En 1875 le D' Hénon, de Genève, revenant d’un long séjour au Japon rapporta en Suisse six espèces de bambous qui sont Ph. pubescens, H. de L., Ph. Henom (puberula), Ph. aurea et bambusoides, B. quadrangularis etob: nana, ROX D) Ph. Henon (puberula) parait le seul nouveau venu à ce moment qui se soit maintenu et multiplié en Suisse : c’est lui qui fleurit dans toute l’Europe depuis plusieurs années. Ph. pubescens périt sans doute rapidement, mais nous le retrouvons mentionné comme croissant en 1876 à Prafrance (2) où 1l resta confiné jusque 1905, quoi qu’il eut été annoncé en vente dès 1870 par feu Mazel. Ph. pubescens fut aussi introduit directement d’extrême Orient au Jardin d’apanage de Batoum (Tchakwa) d’où il passa récemment au Jardin Botanique de Soukhoum-kalé (3) sur la mer Noire. Ce géant fut décrit en Europe seulement en 1906 soit plus de 30 ans après son introduction. (4) C’est assez bizarre quand on songe qu’il atteint 20 mètres en Europe et plus de 30 en Chine et au Japon où il est très largement cultivé comme plante alimentaire.
Son inflorescence avait été auparavant minutieusement décrite par le D' T. Makino sous le nom erroné de Ph. mitis, Rivière (5).
Plus tard, M. Freeman Mitford (Lord Redesdale) introduisit du Japon plusieurs variétés etespèces nouvelles ,notamment son Ph.fulva(6) (Ph.puberulavar.fulva Jetun Arundinari 14 non encore identifié qu’il décrivit sous le nom de Ph. bambusoudes (7), Sieh et Zucc.
En 1902, le D' Pfitzer trouva dans un lot de bambous venus du Japon et mis en vente à Hambourg, une variété de — Ph.bambusoides, Sieb.et Zucc. (PA. Quilior, Rivière) à feuilles panachées et chaumes ; jaunes 4 à laquelle 1l donna le nom de Ph. Castüllon: holochrysa, Pfitzer. Elle doit donc prendre
Voyez Revue Horticole 1877, p. p. 13 et 14.
Voyez Revue Horticole 1876, p. 22.
Compte-rendu du J. B. de Soukhoum-Kalé 1905, p. 31,
Le Bambou n°1, p. p. 7 à 14.
Bot. Mag. de Tokio. Vol. XV, p. p. 68-70, ann. 1901.
Cette introduction est postérieure à la rédaction de « The Bamboo Garden »