EG
sur la même souche, mais sur une partie des chaumes seulement {en Belgique tout au moins): À. auricoma, Sasa paniculata (et probablement tout le genre Sasa), Bambusa stricta.
Nous ferons remarquer que le nombre de fleurs dont se compose l’épilet ne paraît pas avoir dans la sous famille des bambusacées l’importance caractéristique qu’il prend dans d’autres tribus de la même famille. De plus l’examen de ce caractère n’a aucune importance sous le rapport qui nous occupe.
Voici d’ailleurs la répartition de quelques espèces entre les 5 modalités que nous avons pu observer jusqu'ici.
1) Epis terminaux, floraison en masse, à longs intervales, plantes non monocarpiennes : les Phyllostachys (sans doute toutes les espèces et variétés), les Arundinaria japomca, macrosperma, marmorea, Simom, et variétés.
2) Epis terminaux, floraison en masse, a longs intervalles, plantes monocarpiennes : tous les Arundinaria cespiteux asiatiques tels que A. facalta (type) (1), Falconeni, gracihs, Hookeriana, intermedia, khasiana etc... Bambusa spinosa, arundinacea.
3) Epis axillaires, floraisons sporadiques mile < plantes non monocarpiennes : tout le genre Sasa (espèces Œi variétés). |
Epis terminaux, floraisons sporadiques annuelles, plantes non monocarpiennes : Ayundinaria auricoma.
5) Epis axillaires floraisons sporadiques, à intervalles plus ou moins longs, plantes non monocarpiennes : Deudrocalamus macroculims, Bambusa vulgaris, Ayundinaria variabis et ses variétés.
Ce groupement comprend donc la classification des modalités de fructification de cinquante espèces et variétés.
De ce qui précède, il ressort qu’il y a des espèces de bambous qui sont manocarpiennes, et d’autres qui ne le sont pas. Parmi les espèces cultivées en plein air en Europe, il n’y a qu'une petite minorité d'espèces monocarpiennes.
Il y a donc loin d’y avoir unité de modalité de fructification, comme on l’a parfois dit et écrit. Il semble que l’on ait généralisé à tort les notions recueillies en étudiant un trop petit nombre d’espèces ou en examinant les plantes pendant
(x) Il est à remarquer que À. faicata var. glomerata cultivé en serre à Kew y fleurit chaque année depuis longtemps sans que la vitalité de la plante en soit altérée.
un temps trop court. Mais 1l reste acquis que la fructification d’une espèce a très souvent lieu en même temps, sur des étendues parfois très vastes dans les pays d’origine. Il reste aussi acquis que, pour beaucoup d’espèces, toutes les divisions d’une même souche ou tous les individus semés en même temps, fleurissent simultanément et complètement en Europe. Ces phénomènes singuliers méritent de retenir l'attention chaque fois qu’ils se présentent, car leurs causes sont encore bien obscures.
Nous avons donc passé succintement en revue tous les organes des plantes de bambous, indiquant les principales formes qu’elles affectent et montrant quelques unes des particularités biologiques qui s’y rapportent. De cet examen sommaire 1l ressort que la connaissance des bambous est bien incomplète et que leur étude réserve encore bien des surprises au chercheur.
| A fa recherche de Phyllostachys nidulatia, Munro, M. S. S. in H. K.
Phyllostachys ndularia est originaire de la Chine : de la vallée du Yank-Tsé,depuis le Hupeh jusqu’à la partie haute qui confine au Thibet.C’est un grand bambou rustique, très résistant à la gelée, croyons nous, dont nous espérons donner la description complète dans un autre fascicule. En avril 1905, nous en avons vu pour la première fois un échantillon fleuri conservé dans l’herbier du Muséum de Paris. L’étiquette mentionne que c’est un envoi de l’Herbarium de Kew. En 1906, le 31 juillet, nous avons pu examiner les échantillons de Kew, et nous rendre compte, d’après l’étiquetage, que la plante avait été importée et cultivée par le Signor Fenzi de Florence. Dès lors il restait à vérifier si la plante, qui a fleuri chez Fenzi de Florence, avaitsurvécu jusqu’à présent.
Notre érudit et excellent ami, M: H. Drion, de Marlagne, s'étant rendu en Italie en mai 1907, nous l’avons prié d’aller visiter l’ancien domaine de Fenzi. Pendant sa promenade. on lui signala un bambou indéterminé, en l’examinant, 1l eut l’impression que la plante qu’on lui présentait n’appartenait à aucune des espèces qu’il connaissait. Malheureusement, l’époque n'étant pas favorable, M. Drion ne s’informa pas auprès du propriétaire actuel de la possibilité
d’obtenir une division de la plante en question. Muni de ces renseignements, sur le conseil de Herr Geheimrath Strasburger, de Bonn, nous avons écrit « à M. le chef de culture du domaine de... », en le priant de nous faire parvenir, après y avoir été autorisé par son maître, une division de la plante que nous lui avons désignée avec autant de précision que possible. Notre lettre, après mainte escale, arriva en bonnes mains : aux mains de l’aimable et obligeant propriétaire du splendide domaine de San Andrea in Percussina, M° Luigi Cocchi via Saponai, n° 5, à Florence. La réponse qu’il nous fit comblait nos espérances : il nous mandait le 25 mars 1908 qu’il nous avait expédié une division de la plante désignée. À quelques jours de là, juste après trois ans de recherches, nous recevions une excellente plante, portant déjà un fort turion, d’un bambou que nous n’avons pas reconnu.
Est-ce Ph. mdularia? Peut-être, ou même probablement; mais comme Munro n’en a pas laissé de description, ce n’est qu’une comparaison minutieuse avec les échantillons de Paris ou Kew qui nous renseignera. Mais aucun de ces herbiers ne renferme les gaines de cette espèce, et les échantillons que l’on y conserve sont fleuris! Comment obtiendrons-nous une certitude ?
Tel était l’état de la question à fin mars ; mais depuis nos recherches ont continué : en avril, notre plante à développé un chaume qni ressemblait singulièrement ? à:1Pe: wirnidi-claucescens ; puis en juin M. Cocchi à eu l’obligeance de nous adresser des gaines de sa plante, dès lors nos dernières hésitations se sont dissipées : ce sont bien des gaînes de Ph. viridi-glaucescens que nous avons reçues.
Que peut-on en conclure ?
1° Il se peut que PA. mdularia ait disparu après sa floraison du parc de San Andrea.
2° Ou bien que P}. mdularia ait échappé aux recherches de ie Drion.
° Ou bien que nous ayons mal désigné la plante eXami-
Le par M. Drion et que M. Cocchi nous ait envoyé une divi-
Sion d’une autre espèce. |
4° Ou bien que Munro ait décrit sous un nom nouveau l’inflorescence de 2h. viridi-claucescens, Riv.
Nous continuons nos recherches afin d'établir laquelle de ces ne DoUe est la vraie.
hes engrais appliqués en pleine terre aux bambous.
Nous croyons utile d'indiquer les engrais employés pour obtenir les résultats que nous signalons, dans le sol acide de sable ferrugineux exempt de calcaire, où nous cultivons nos bambous.
1° Deux fois par an : en automne et au printemps nous appliquons de l’engrais liquide et du phosphate tricalcique finement moulu contenant une forte proportion de carbonate de chaux, à raison de 1000 kilos environ à l’hectare.
2° Pendant la saison d'activité des plantes, nous donnons à plusieurs reprises des arrosages copieux d'engrais liquide préparé comme suit. Par mètre cube de liquide contenu dans la citerne à l’engrais nous faisons ajouter : 1 kilogramme de suffate d’ammoniaque, 1/2 kilogramme de nitrate de potasse, 1 kilogramme de superphosphate de chaux, 12/14 Ph. œ et 1/2 de carbonate de chaux moulu. Le butde cette dernière addition est d'obtenir un mélange qui ne soit pas acide : l'acidité des engrais, ou du sol nuisant beaucoup à la plupart des bambous. Il est nécessaire de bien mélanger dans la citerne, si possible 1 ou 2 jours avant l'emploi, et de remuer fréquemment pendant qu'on yÿ puise.
30 À l’automne, en septembre et octobre, par temps pluvieux, nous procédons à une ou deux applications de sulfate d’ammoniaque et de nitrate de potasse mêlés par moitié, épandus à la volée, à raison de 500 kilos par hectare environ. Cette dose considérable d’azote a pour but d'activer la nutrition des rhizomes qui sont en pleine croissance pendant l’automne.
Résumé des opérations de 1907 et du printemps de 1906.
Graines reçues :
1. Ayundinaria falcata, Nees. Quelques graines récoltées chez M. Hervé-Mangon, à Brécourt (Manche,France) reçues de M. le D' G. Poirault en août 1906.
2. Arundinaria Falconeri. Environ 200 graines récoltées dans la Basse Loire (France) par M. le D' Ed. Bureau au printemps de 1907. |
3. Cephalostachyum pergracile, Munro. Reçu en juillet 1907 de Lady Brandis, environ 4200 graines récoltées dans le Burma (Indes anglaises).
4. Bambusa arundinacea Will. Reçu de Lady Brandis en janvier 1908 environ 1500 graines récoltées dans la province de Mysore (Indes anglaises).
3. Dendrocalamus strictus, Nees. Reçu de Lady Brandis en avril 1908 environ 600 graines récoltées dans le Punjab (Indes anglaises).
et ox
6. Cephalostachyum pergracile et Dendrocalamus. Reçu Île 4 mai 1908 de Lady Brandis un fort envoi comprenant un mélange de caryopses de deux espèces. Nous déterminons la première avec certitude. Pour la seconde nous devons nous borner à indiquer le genre Récoltées en avril 1907 dans le Burma par M. Ryans, elles sont trop vieilles pour germer.
Graines distribuées :
1. Avundinaria Falconeri, environ cent graines à un destinataire.
2. Avundinaria Simon,var. variesata.Envoyé des graines récoltées à l’Ermitage à dix destinataires dans six pays.
3. Cephalostachyum pergracile. Envoyé environ 3500 graines à 30 destinataires dans 12 pays.
4. Bambusa arundinacea, Will. Envoyé environ 1200 graines à 20 destinataires dans 10 pays.
5. Dendrocalamus strictus. Envoyé environ 500 graines à 12 destinataires dans 8 pays.
Plantes reçues :
Arundinaria, Bambusa, Phyllostachys. Nous avons reçu 21 plantes de 3 expéditeurs.
Achats de Plantes :
Nous avons acquis 26 plantes.
Distributions Ôe plantes :
Cephalostachyum pergracile. Nous avons remis environ 400 jeunes plantes à un destirataire particulièrement outillé pour la distribution et l’échange.
Arundinaria, Phyllostachys et Sasa de pleine terre, remis 32 divisions à 8 destinataires.
Transplantations :
Au printemps de 1908, nous avons établi en pleine terre environ go plantes nouvelles, les unes acquises ou recues, les autres provenant de la division des anciennes.
Plantes existant à l’Ermitage, en pleine terre, en avril 1908 :
Divisions de vieilles souches 325 environ en 35 espèces et variétés. Semis 500 environ d’une seule pièce.
Plantes existant à l’Ermitage, en serre, en avril 1908 :
Divisions de vieilles souches 112 en 40 ÉSpÈces et variétés. Semis environ 400 en 6 ps .:
Rapport sur le développement des Bambous en Belgique en 1907 et leur état en avril 1908.
Après un hiver moyen (1906- 1907) qui n'avait pas nui aux bambous, on pouvait espérer une bonne végétation. Mais un printemps froid et pluvieux y a succédé, puis un éte froid, humide et pluvieux a suivi ; l’année s’est terminée par un très bel automne il est vrai, qui n’a cependant pas suff à compenser le retard de la végétation. Il a gelé plus fréquemment qu’à l'ordinaire en avril et mai, il a gelé aussi en juin et juillet. Au cours de ces deux derniers mois, les minima nocturnes ont très souvent été voisins de + 5° cenirades seulement, suivis de maxima diurnes n ‘atteignant pas —- 200, parfois même restant en dessous de —- 15° ; 5) Cuex fois seulement dans l’année le thermomètre dépassa 300. En juillet la température moyenne est restée de 0°,8 inférieure à la normale, en août de 1°,6, le minimum absolu a été plusieurs fois abaissé pendant ces deux mois, l’insolation a été faible. Chaque réchauffement n’a duré que un, deux ou trois jours au plus, suivi sans transition d’un coup de froid. Septembre a été normal, octobre et novembre notablement plus chauds que la normale, mais il était trop tard pour que ces températures relativement élevées puissent aoûter les chaumes. L’année 1907 fut donc peu favorable au développement des plantes originaires des plaines de la Chine.
La croissance des rhizomes avait été excellente au cours de 1906, préparant la réserve d’énergie capable de former de gros turions. Ceci s’est vérifié en tous points : les jeunes chaumes de 1907 (toutes conditions égales) sont en sérieux progrès comme diamètre sur ceux de 1906. Mais à la sortie — souvent tardive à cause du froid -- de volumineux turions, n’ont succédé, chez plusieurs espèces et notamment chez Ph. nuitis, que des chaumes très coniques, à développement lent et à mérithalles très courts.
L'hiver qui a suivi ce radieux automne fut moyen chez nous, nous n'avons enregistré qu’une seule période de gelée de quelque étendue, au cours de laquelle le thermomètre est descendu pendant trois nuits consécutives à — 13° centigrades. Il n’y a donc pas eu de gelée excessive mais la continuité du gel pendant trente nuits a été une assez rude
épreuve pour un bon nombre d'espèces comme nous aurons heu de l’indiquer. Les autres périodes de gelée furent instonifiantes et n’eurent pas d’effet sensible sur les bambous.
PICENIR AMEN D IN AREA AS
1. Arundiraria anceps, Mitford, nous manque (2). La jeune plante que possède en pleine terre M' H. Drion a poussé vigoureusement en 1907 ; malgré une couverture em nattes épaisses elle a beaucoup souftert, les tiges mêmes sont gelées jusque près de leur base. On a enregistré DOTE grades chez M' Drion. Cette espèce à à supporté sans aucun abri plusieurs hivers à Heidelberg. |
2. Arundiraria angushjolia, (Mittord) Hide (Bambusa Vilmoriri), manque ; peu rustique à Marlagne.
æ A Gamble, manque.
4. Ayundinaria auricoma, Mitford, en pleine terre, trace longuement, mais ne fleurit pas encore à l’'Ermitage. A Marlagne, chez M' Drion, il atteint un mètre de hauteur environ, et donne assez bien d’épis depuis deux ans. Abrité sous une toile pendant les plus grands froids 1l a conservé chez nous une partie de son feuillage. À Marlagne sans aucun abri 1l a perdu toutes ses feuilles mais ses tiges sont bien vivantes. Cette plante est sans doute une variété de culture, mais de quel type ?
5. Arundinaria falcata,Nees, hiverné en serre. Il y a fleuri sur 2 chaumes en 1907 et n’a donné que peu de chaumes nouveaux ; hauteur 3 mètres. La plante se prépare à fleurir abondamment en 1908.
Remarque. Arundinaria falcata et plusieurs de ses congénères comme A. lalconeri ont, pendant leur période de floraison, des chaumes présentant plusieurs aspects: Au début de la floraison on trouve sur la même plante à la fois des chaumes couverts de feuilles, d’autres portant des feuilles et des fleurs, d’autres encore %e portant que des fleurs. Ces derniers n’ont Jamais porté de feulles et comme leur singularité attire vivement l'attention, l’examinateur peu attentif, et le botaniste étudiant sur des matériaux recueilhis au cours d’une exploration, peuvent croire que ces espèces ont des
(r) Nous nous tiendrons strictement à l’ordre alphabétique afin de faciliter les recherches.
(2) Nous désirons nous procurer par voie d'achat ou d'échange les espèces indiquées comme manquantes dans cette liste ; nous serons reconnaissant à ceux qui voudront bien nous les offrir d’une manière quelconque.
ne
nr 273
chaumes distincts : les uns portants des feuilles, les autres fleurissant. Il n’en est cependant rien : les chaumes we portant que des fleurs et »’ayant jamas portés de feuilles sont ceux que la plante émet à l’époque ou elle est déjà entrée dans sa période critique de floraison. Ces jeunes chaumes arrivent directement à la phase de floraison Leurs ainés y parviendront tous successivement, perdant leur feuillage à mesure qu'iis entrent en floraison. Dans nos serres il faut deux ou trois années pour assister à toutes les phases de cette évolution. Il est aisé de comprendre qu’un voyageur qui passe peut très facilement ne pas réunir les matériaux nécessaires pour que le botaniste qui décrit puisse les comprendre.