‹ BambuseaeChapitre 62 sur 94 · VI. — Genre PHYLLOSTACHYS · texte numérisé non relu

VI. — Genre PHYLLOSTACHYS

100. Phyllostachys aurea, Rivière, Chine. En pleine terre, trace vigoureusement, mais n’est en progrès ni comme diamètre, ni comme hauteur. En 1907 il n’a montré ses chaumes qu’en juillet, avec assez d'ensemble.

L'hiver dernier a assez fortement éprouvé les jeunes

chaumes et le feuillage des plantes de Ph. aurea en sol

humide ou penchant au nord ; mais en sol bien sain et un peu inchiné au sud elle est absolument intacte.

Nous devons faire ici une remarque générale. Chaque fois que nous avons établi en pleine terre une espèce nouvelle, nous nous sommes attentivement appliqué à lui

chercher l'emplacement qui devait, selon nos espérances et

nos observations, lui convenir le mieux et lui permettre d'atteindre le plus rapidement possible un grand développement et une grande résistance. Sur des centaines de tentatives s’appliquant à quelque quarante espèces, nous avons réussi du premier coup tout au plus 2 ou 3 fois... S1 nous avons donc à présent des plantes dans des conditions leur convenant parfaitement, ce sont presque exclusivement : 1° des plantes déplacées après un premier échec ; 2° des espèces dont nous possédons de nombreux exemplaires placés dans des conditions très diverses. Dans ce dernier cas ce sont presque toujours des individus relégués dans des emplacements que nous considérions comme peu favorables, qui se sont le mieux développés... Chaque espèce, pour ainsi dire, exige des conditions particulières, ebsce n’est qu’en tatonnant que l’on peut arriver à se rendre compte de ses exigences.

101. Phyllostachys bambusoides, Sieb. et Zucc. (= PA. Quilior Rivière), (Voyez « Le Bambou » pp. 208 à 210), en pleine terre est toujours tardif; il l’a été particuhèrement en 1907. Ses forts chaumes sont sortis en août seulement et malgré la chaleur exceptionnelle de l’automne, ils n'ont pas pu s’aoûter. Les chaumes les plus avancés ne portaient, au début des gelées que 3 ou 4 feuilles à la cime et 2 ou 3 aux rameaux ; c’est trop peus alen faut cinq au moins à la cime pour résister à un hiver moyen. C’est d’autant plus regrettable qu'il est en sérieux progrès sous tous les rapports. La plus g grosse tige mesurait O m 150 de circonférence sur les BAINES à I M. 50 au dessus duo elle a atteint huit mètres de hauteur le 4 septembre seulement. La température critique decette espèce crues élevée et paraissant bien peu inférieure à - 10° centigrades, ce grand chaume avait à peine ternuné son élongation que la baisse de la température y faisait cesser toute activité. Nous avons obtenu pour la première fois, en 1907, des chaumes complètement caractérisés, qui nous permettent de signaler un caractère de l’. bambusoides qui ne parait pas avoir encore été indiqué. Les gaines des grandes tiges de 1907, depuis le sol, jusque vers la moitié de leur hauteur, portent au dos de nombreux et grands poils roux, épars sur toute leur surface. Ces poils d’abord apprimés, couchés la pointe en haut dans un sillon de l’épiderme de la gaine, se redressent à mesure qu’ils se trouvent à découvert au cours de la croissance des chaumes Ils sont fragiles et caducs ; mais, après leur chute, il en subsiste la base renflée en un petit bulbe, et ie sillon où 1ls étaient couchés, témoigne encore quils ont existé. Les jeunes chaumes arrivés au point de vigueur qui est caractérisé par la présence de ces poils sur les gaines sont très différents d’aspect de ceux que nous avions obtenus pendant les années précédentes. Voici brièvement la succession d’aspect des tiges couvertes des gaines vivantes suivant leur vigueur. Tiges très faibles jusque 8 nullim. de diamètre, gaines vertes un peu ombrées de jaune ou de noir sur les bords Les chaumes un peu plus forts sont vêtus de gaînes jaunes plus ou moins maculées de brun et de roux. Au dessus de 20 mulhim. de diariètre le brun et le roux dominent et le noir luisant apparaît ; les pseudophylles sont verts et jaunes. Plus la tige est grosse et plus elle est foncée : au dessus de 40 muillim. de diamètre, le jeune chaume est presque noir, mat 1ci,

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Cliché H.de L.

PI. N° XXI. — Spécimen de Phwllostachys nutis,

Rivière, planté à l’Ermitage en avril 1905. Hau-

teur 13 m 50, diamètre des grosses tiges o m. 08.

Cette plante provientde Prafrance. Photographie prise en septembre 1907.

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brillant ailleurs, taché de brun chaud et de pourpre foncé, les pseudophylles larges, coriaces et décombants sont du plus délicat vieux rose, étroitement bordés de jaune vif et leur partie médiane est d’un vert gai. La gamme des couleurs dominantes en allant du chaume faible au fort peut se résumer ainsi : vert, jaune, brun, noir, la teinte nouvelle se superposant toujours à la précédente sous forme de points, taches ou macules.

L'hiver dernier a détruit à l’'Érmtage presque tous les chaumes de Ph. bambusoides poussés en 1907, mais il a très peu endommagé le feuillage des tiges plus anciennes, si bien qu’à première vue les plantes paraissent intactes.

102. Phyllostachys bambusoides var. Castillon, en pleine terre pousse vigoureusement, atteint deux mètres de hauteur, mais ne trace pas encore franchement : nous ne remarquons qu'un seul rhizome long de o m, 50 relevé en chaume. Cette plante ne recoit pas assez de soleil et devra être deplacée avant d’être capable de prendre son essor. Mal exposée, privée de soleil, elle a été presque complètement détruite par l’hiver dernier.

103. Phyllostachys bambusoudes var Castillom holochrysa jusqu’à présent conservé en serre, atteint 2 m, 50 et pousse vigoureusement, mais n'a pas tracé en 1907. C’est l’un des plus beaux bambous de notre collection. Cette variété, ainsi que la précédente, parait mieux s’accomoder d’un sol compact que la plupart des Phyllostachys.

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