‹ BambuseaeChapitre 77 sur 94 · N \ < PRE · texte numérisé non relu

N \ < PRE

DDECOUD DRE | {(((K 100 ( () ©) OA)

Juge gchémal mn VB holif ae 1 c De Pambusarées (EPpllot )

Manche 1w

phénomènes que nous venons d'exposer brièvement. Chez d’autres espèces, au contraire, les jeunes plantes arrivées à cestade de leur développement, subissent progressivement une modilication profonde : à mesure que leur vigueur augmente, la partie rhizomateuse qui unit les chaumes de l’année aux plus anciens, s’allonge de plus en plus. Bientôt ce n’est plus qu'après un parcours souterrain de un, deux, trois mètres que l'extrémité du rhizome se ieédnesse et, sortant de terre, se développe en chaume! Parois aussi, après être sortie de terre, elle s'incline de nouveau vers Le sol,et s’y replonge pour ressortir plus loin. Enbn, si rien n’entrave l’activité de la plante, elle atteint une vigueur qui caractérise son complet développement souterrain: c'est-à-dire que l’extréinité des rhizomes cesse de se relever en chaume.

À mesure que le rhizome fournit un plus long parcours sous terre, ses caractères et ses fonctions se modifient. Ses mérithalles s'allongent, ils sont élargis aux extrémités, étranglés entre les nœuds. Ils ne portent plus qu’un verticille de racines courtes, presque simples, peu nombreuses. Son bois devient mou et flexible. Le canal médullaire est étroit, ou manque complètement. Chez beaucoup d'espèces une cannelure s'étend sur tout ou partie de la longueur de CHAN némthalle elle correspond aux, bourseons. Ceux-ci,qui ne manquent jamais, placés en ordre distique et alterne, vont jouer un rôle nouveau dans l'économie de la plante.

Les uns donnent naissanse à des rhizomes semblables à celui qui les porte ; dans ce cas, la jonction entre le vieux et le jeune rhizome est relativement épaisse et solide. Elle se compose d'un très petit nombre de mérithalles courts.

D'autres se gonflent souventcomme en un bulbe,acquièerent un diamètre deux, trois, cinq fois plus considérable que celui du rhizone qui les porte. Dans cet état ils sont, comme toutes les parties jeunes des bambusacées à l’excep- - tion des racines, enveloppésde gaines coriaces imbriquées

Ils sont ovoides, mais déjetés de manière que leur pointe composée de l'extrémité des gaînes, se redresse vers la suriace du sol. L'intérieur est massif, charnu, succulent. Leur jonction avec le rhizome qui les nourrit est relativement très mince. Avant que leur pointe n’émerge du sol, les racines qui sont en verticilles percent les gaines. Les mérithalles de la jonction mince n’en portent pas ; chacun

des suivants possède un collier de racines parfois sur deux ou trois rangs. Celles-ci se développent rapidement entous sens, ellessont presque droites, psurameuses, très longues: Bientôt le bec form: par l” extrémits des gaines émerge du sol,etleturion se développesrapidèément en chaume couvert d’écailles imbriquées. Celles-ci tombent ou s’écartent, les rameaux apparaissent, puis les ramilles, enfin les feuilles. À ce moment, les racines ont acquis presque tout leur développement. La partie basilaire et rhizomateuse du chaume que nous appelons le caulo-bulbe est généralement plus épaisse que le chiume, massive et très dure. Ses mérithalles sont très courts, et l'on en compte pariois une trentaine sur quinze à vingt centimètres dé longueur. Elle porte vers sa partie la plus renflée des bourgeons alternes . et distiques dans le même plan que ceux d’où sortent les les rameaux de la cime. [ls sont sur le même rang que Les verticilles de racines, mais bien moins nombreux que les mérithalles du caulo-bulbe.

Ils ne peuvent se développer que dans des conditions spéciales, et pendant un temps bien moins long que la durée possible de la vie du chaume.

En résumé, nousconstatons donc de nouveau que chaque portion rhigomaleuse souterraine — le caulo-bulbe — est fortement enracinée, elle porte un bourgeonterminal quise relève et se développe en chaume, et des bourgeons axil laires qui peuvent donner naissance à des parties rhi7omateuses semblables à elle-m°me. Cet ensemble est ésalement une individualité complète, susceptible de vivre et se multiplier après sa séparation des autres élé: mens de la plante qui l’a produit. |

SITONMiIeN EN etet à séparer du reste de la plante un Jeune chaume, sans qu'aucune portion du rhizome traçant HVITÉSLE adhérente, des bourgeons du caulo-bulbe'se développent en courtes portions rhizomateuses ter ninée chacune par un chiums, et il se forme une touile dont . vévétationresteexclusivement cespiteuse pendant plusieurs : années.

Suivant les espèces, toutes les parties d'une plante élémentaire, telles que nous venons de les énumérer pour sa partie souterraine, sont plus ou moins développées ou distinctes, mais elles se retrouvent toujours, [l y a donc unité complète sous ces divers rapports dans lasous famille des Bambusacées. Il n’y a, dans la partie souterraine des

plantes qui la composent, qu'une seule différence organique entre les souches cespiteuses et les souches traçantes : c'est la présence chez les secondes de longs rhigomes gréles à développement souterrain indéfini. Cette différence entrainera des modihications profondes dans le processus de la fructification.

Nous avons montré que le début du développement est le même pour toutes les espèces; que les unes s'arrêtent plus tôt, que les autres vont plus loin dans l’évolution. Nous avons maintes lois constaté que ces dernières peuvent rétrograder. Une plante parvenue au stade traçant vientelle par unaccident, une maladie, le manque de nourriture, la transplantation, la floraison à s’affaiblir, à s’anémier, elle perd momentanément la faculté de produire ces longs nawomes incdénis, et elle récommence son évolution presque comme au cours d'une nouvelle jeunesse. Chez les espèces traçantes, le facies cespiteux ne correspond pas, He pconiplètement à létat jeune ou stérile, mi le facies traçant à l’état adulte ou fertile : des individus transplantés, qui ont complètement rétrogradé à l’état cespiteux fleurissent sur tous les chaumes en même temps que la plante mère restée traçante. Bien plus, un individu chétii, anémié, appartenant à une espèce susceptible de tracer, peut fructifier sans avoir atteint le stade traçant.

La différence essentielle entre les bambous cespiteux et les bambous traçants n’est donc ni générique ni spécifique, elle est uniquement d'ordre physiologique.

Précisons l'évolution du rhizome traçant considéré seul. Le dévetoppement de son bourgeon terminal peut, nous l'avons dit, se continuer indéfiniment sous terre. Un point quelconque du rhizome a une vie active d’une cerlime duree. Chez les Phyllostachys, par exemple, cette

Ldurée est ordinairement de quatre années. Après cette

période tous les bourzeons de la portion âgée de quatre ans sont développés ou morts. Le rhizome lui même, dans cette portion, peut encore s'alimenter, mais il ne peut plus

produire d'organes végétatifs nouveaux. L'examen attentii

de ces faits a une grande importance pour concevoir la condition fondamental: du processus de la fructification : nous la formulerons ainsi :

Un bambou meurt après fructification, quand tous ses bourgeons se sont terminés par des épis de fleurs.

['enrésulte qu'un be ne peut survivre à la fruc tihcation que :

1° si des bourgeons n’ont pas porté d’épis :

Floraison partielle des individus cespiteux ;

2° s'il possède des rhizomes traçants qui pendant toute la période de floraison sont capables deséjournerou croître sous terre, sansse développer en chaume terminé par des épis :

Floraison partielle ou générale des individus traçants.

Hors de ces deux cas, la fructilication doit infailliblement entraîner la mort de la plante.

Ce qui précède explique et éclaire la confusion et l'obscurité apparentes des modalités diverses de fructification chez les espèces traçantes. Nous voyons, en effet, chez la même espèce des individus qui meurent après la fructification, d’autres qui survivent. En tenant compte de ce que nous venons de dire, il n'y a plus là qu'une apparente anomalie. Nous avons constaté sur toutes les souches cespiteuses que nous avons examinées etsur les caulobulbes des autres, que leurs bourgeon axillaires ont une vitalité dont la durée est souvent d’une année seulement, de deux au maximum. Pour les bourgeons des rhizomes traçants indéfinis, cette durée de vitalité est ordinairement de quatre années. D'autre part la période de fructihication de tous les chaumes émanant d’un seul rhizome, s'étend sur une, deux ou trois années au maximum. Au début de cette période tous les chaumes émis fructifient immédiatement, souvent sans passer par le stade feuillu, puis la production de chaumes cesse ; toute la vigueurde la plante étant absorbée par la floraison et la fructitication. Lorsque la période de iructilication est terminée, le développement des chaumes peut recommencer. Mais chez les individus cespiteux la longueur de cette période a excédé la durée de vitalité des bourgeons de la partie rhigomateuse ; tandis qu’elle n’a pas dépassé la durée de vitalité des bourgeons des rhijomes traçahis

Dans un prochain article nous examinerons le développement de la partie aérienne.

Emploi de l'Éau chaude en fforticulture.

Depuis une dizaine d'années nous employons régulièrement l’eau chaude pour les arrosages et les seringages dans certaines circonstances.

| Does 1° Pour les plantes frileuses et délicates.

2° Pour les plantes malades, ou pour celles dont nous voulons stimuler et hâter le développement ; pour les boutures faites hors de saison.

3° Pour toutes Îles plantes, durant les fortes gelées, quand la température de la serre s’est abaissée un peu trop

bas, et que cependant il est urgent d’arroser.

On nous fera peut-être cette observation :

« Le troisième cas constitue un non sens : vous stimu- > lez l’activité souterraine alors que le feuillage est plongé > cdémede lair trop iroid. > Peut être ; mais apres des centaines d'essais, nous déclarons que le résultat a TOUJOURS été bon. Quand vous avez froid aux mains et au nez, Vous tronvez-vous mal d’avoir le reste du corps chaud ?

Les expériences d'arrosage à l’eau chaude ont porté chez nous sur plus de cinq cents espèces végétales appartenant à un très grand nombre de genres ; jamais aucune n’en a soultert, bien au contraire.

Les orchidées, les fougères les plus délicates s’en trouvent aussi bien que les coleus, les géraniums, les bambous ou les musas.

La meilleure température de l’eau d'arrosage est comprise entre trente cinq et quarante degrés centigrades ; mais il faut de l'eau bien plus chaude pour détériorer sérieusement une plante.

Nous avons cherché à déterminer la température maximum de l’eau que les plantes peuvent supporter.

Les feuilles molles ét tomenteuses sont les premières atteintes par de l'eau trop chaude ; mais celles sur lesquelles l’eau glisse sans les humecter sont bien difficiles à cuire en les seringuant !

-Par exemple /’Aspidium molle soufre après avoir reçu en abondance de l’eau à 50° ou 55° centigrades , mais l’Adiantum capillus-veneris ou le Polypodium aureum n'en éprouvent aucun inconvénient.

Versée sur la terre, l’eau doit dépasser 50° centigrades pour nuire aux racines voisines de la surface ; mais pour désorganiser les racines situées plus profondémentdans un pot, il faudrait verser avec persistance de l’eau presque bouillante. (La tige émergeant de terre serait donc tuée longtemps avant les racines).

Ce fait se comprend aisément : les tissus les plus délicats résistent facilement à une élévation de température

momentanée de 35° ou même de 40° centigrades, s’il n . a

pas en même temps dessèchement.

Si l’on puise avec une seringue en métal de l'eau à 55° centigrades, l'instrument s’échauîilfe rapidement et parait bientôt brûlant. Mais le liquide projetté en fines goutelettes se refroidit rapidement en traversant l'air. Quandil s'étale en couche mincesur l’épidermedes plantes, dont la température dépasse rarement 15 degrés en hiver, il est refroidi à une température sensiblement inférieure à 40 degrés avant d'avoir pu élever à cette température Îles parties superficielles des plantes. Il faut même seringuer les plantes coup sur coup,et à maintes reprises, pour que la température de leurs éléments les plus minces puisse *t atteindre 40 degrés centigrades.

L'échauffement du sol est bien pluslent encore. Supposons sa température à 15° centigrades. Pour amener à 40» une couche de terre de deux centimètres seulement, il faudrait répandre à sa surface deux centimètres d’ épaisseur d’eau à 55° centigrades ; ce qui constituerait un très copieux arrosement. Mêmeen versant de l’eau à cettetempérature, ce n'est que Si le jet est dirigé directement,et avecpemise tance sur la tige de la plante,que celle-ci peut être endommagée,: ou tuée. |

En présence de cette latitude -extrètne "nousipérs ns que l’arrosage à l'eau chaude peut donner de bons résultats, même s’il est pratiqué par un jardinier quelconque.

Mais, direz-vous, quels avantages voyez-vous à arroser à l'eau chaude o

Employée à propos, nous lui trouvons cinq eflets

principaux :

1° Elle a tous les avantages de l'emploi si comPEES et si coûteux de la chaleur de fond.

2° Et fait turn ouelle tue lès verside tense (lombrics 7 les limaçons, les hélix, les cloportes, et bien d’autres ennemis qui ont élu domicile dans les pots.

3° En seringuageelle entrave dans une certaine mesure la propagation des pucerons, des trips, des cochenilles.

4° Un bain rapide de la partie aérienne d'un végétal à feuillage épais ou non mouillable dans de l’eau à 50°, tue presque tous ses parasites,sans nuire à la plante.

5 Lorsque nous voyons une plante languissanté, malade, pour une cause qui nous échappe, nous plongeons sa motte jusqu'au ras du bord du pot dans ün baquet contenant de l’eau à 48° ou 50° centigrades. Après une immersion assez prolongée pour imbiber complètement la motte, nous emplissons le pot d'eau chaude jusqu’au bord, et nous le mettons égoutter. Il s'en écoule souvent un liquide jaune ou brun. (Si ce trempage avait été fait à l’eau froide le liquide d’égouttage eut été limpide). L'eau chaude a donc dissous certains produits contenus dans la terre. Après cette opération la plante revient presque toujours rapidement à la santé ; ce qui prouve que l’eau chaude a dissous et éliminé des produits nuisibles à la plante.

line faut évidemment pas généraliser ce procédé ; car un lavage de la terre à l’eau chaude peut l’apauvrir beaucoup en matières nutritives.

Essayez l'eau chaude, et vous ne l’abandonnerez plus, tout au moins pour vos serres !

ha Création dun Bois de Bambou en Belgique.

À diverses reprises déjà, on nous a posé la question suivante. « Pensez-vous que l’on puisse entreprendre, en > Belgique, la culture des bambous au point de vue » commercial, avec certitude de succès».

Les essais de culture laits jusqu à ce Jour ne permettent de conclure ni pour le succès, n1 pour l'échec. Nous ne connaîtrons que dans quelques années la qualité du bois produit en Belgique par les diverses espèces bien résistantes. On a bien dit que le bois des chaumes produits en Angleterre n'était d'aucune valeur ; mais, outre que cela n'implique pas le même défaut pour les chaumes produits en Belgique, nous ne savons pas si les chaumes essayés en Angleterre ont été cueillis à un âge assez avancé et,condition toujours indispensable, au moment du repos des bambous. Ce n’est que dans 10 à 15 ans, que nous serons Émnemedevaluer le nombre de tiges qu'un hectare de de chacune des bonnes espèces peut produire annuellement - en Belgique. Nous pensons donc qu'il faut réserver la - réponse jusqu'à la fin d’une période d’essais longue encore.

Ce que nous pouvons établir pour ceux que Ja question Ê pourrait IHRÉreSSC EC estile coût à l'hectare de la création

d'un bois de bambou.

Choisissons comme type Ph Quilioi que l'on peut le plus facilement se procurer en masse, dont la transplantation est facile et les usages multiples.

En Belgique, il importe surtout de constituer rapidement un couvert complet; il faut donc planter serré, c'est à-dire à deux mètres en tous sens,soit 2500 plantes à l’hectare.

Nous supposons que la création se faiten rase campagne et que aucune condition particulière ne vient diminuer les frais d'installation.

Voici le détail des travaux qu'il faudrait effectuer :

Plantation de brise vent en conifères à l'Est, au Nord et à l'Ouest ; défoncage, épierrage, fumure très copieuse d'un hectare de terre forte de première classe un an avant la plantation des bambous ; culture et enfouissement d’une

fumure verte à l'automne . . . “NAS OBRRES:

Achat de 2500 plantes, transport et plantation. 12500 »

Création ou achat et placement du pale

Soins au cours de la : °° année arrosages, bina-

HÉSPELC- O0 à

Soins pendant les 9 années suivantes. . . . 4500 »

Loyer dé la terre pendant cès 11 années.

Intérêt du capital de 1°" établissement pendant

CES 10 A7 AU ee LR LE CENT Total : .} 110 SES

En cas de pleine réussite un hectare de bois de P. Quilioi reviendrait donc à 25000 francs environ avant la cueillette de la première récolte. Cette création auraitexigé dix années d’eflorts. |

Nous pensons qu'à ce moment on pourrait commencer la cueillette de tiges pour la vente. Mais les récoltes ne seraient arrivées au maximum que cinq années plustard.

Voici ce que coûterait par an l'entretien en Pia rapport de cet hectare de bois.

Soins de culture, cueillette, engrais. ER Loveérdustenrann #0 RSC > Intérêt du capital de premier établissementavec amortissement en 50 ans. ., . + +. (SNS.

Total... "MN

11 faudrait donc que la récolte annuelle se vende en moyenne 1650 Îrs. au moins, pour que l'essai ne soit pas un échec.

Nous n'osons pas affirmer qu’un hectare de Ph. Quilioi cultivé en Belgique puisse rapporterune telle somme, rien que par la vente annuelle des tiges.

Quant à la somme rapportée annuellement par la vente des plantes vivantes au cours du jour, elle pourrait être énorme ; mais y aurait-il un débouché pour ces plantes ?

Nous ne pourrions l'affirmer.

- Une plantation d’Arundinaria Japonica serait bien moins coûteuse à établir,et beaucoup plus rapidement en plein rapport, mais cette espèce est moins résistante à ja gelée, les emplois de ses tiges sont moins nombreux, et leur prix en gros est fort bas.

En résumé, nous pensons que la question ne peut pas être tranchée à présent.

Page 1