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LES TRAVAUX DE LA SAISON

OCTOBRE, NOVEMBRE, DÉCEMBRE. — Le développement anouel est terminé. Les tiges sorties trop tard — il y ep a toujours — ne sont pas suilisamment aoûtées. Elles périront, sans aucun doute, pendant l'hiver ; il est inutile de songer à les protéger.

A cette époque de l’année, l'important est de préparer la couverture d'hiver : d'en tenir en réserve les éléments tout prèts,afin de pouvoir les mettre en place rapidement quand les grands iroids arrivent. Suivant la rigueur et la précocité de l'hiver c'est au premier, au deuxième ou au troisième refroidissemeut de Décembre (voir l’annuaire météorologique de l'Observatoire de Bruxelles) que nous placons la couverture d'hiver.

Nous retardons ce moment autant que possible ; car la présence de cette épaisse couverture est toujours défavorable à la santé dela partie souterraine des bambous et des Phyllostachys en particulier. Elle ne présente de réelle utilité que pendant les fortes gelées ; c'est-à-dire jusqu’au 15 Mars au plus tard.

Nous avons indiqué en détail page 18, en quoi consiste cette couverture d'hiver.

Lesespècesles plus délicatesquisont cultivées en caisses, rentrent en serre froide dès les premières gelées. À partir de ce moment — qui varie beaucoup d’une année à l’autre — les espèces délicates établies en pleine terre, reçoivent un abri en toile, plus ou moins épais suivant l’intensité du froid. À chaque dégel, si possible, elles sont délivrées de leur enveloppe, afin d'éviter l’étiolement, la moisissure, puis la perte du feuillage. Cette opération n'est pas indispensable pour les espèces qui n’exigent qu'une toile peu épaisse comme abri,

Voici comment nous opérons pour faciliter ces travaux. Les espèces naines sont un peu enfouies dans des feuilles sèches, puis couvertes d’un panier ou d’une caisse. Une ou

plusieurs épaisseurs de grosse toile enveloppent le tout. Dès qu'un dégel commence, toiles, caisse, feuilles, toutest enlevé et la plante délicate renait sousla pluie bienfaisante. Pour les grandes espèces délicates, les tiges sont liées ensemble, ployées doucement et maintenues horizontales au moyen de crochets en bois fichés dans le sol. Sous des paillassons et des toiles,on abrite complètement chaque plante comme dans une petite hutte, tant que dure la gelée. Un dégel survient-il, l'abriestbien vite enlevé, mais les tiges peuvent rester dans leur position inclinée jusqu'au jour où les fortes gelées ne sont plus à craindre.

Les feuilles de hêtre et de chène sont les meilleures pour abriter le sol pendant les grands froids. Elles pourissent lentement et ne forment'pas une couche imperméable et gluante comme les feuilles plus molles.

Il faut cependant éviter de s'en servir comme terreau pour les bambous,parcequ'’elles forment un humus acide à cause du tannin qu’elles contiennent.

LA DESTRUCTION DESPARASITES pans LEs SERRES.

A cette époque de l’année où l’on rentre les souches de Canna pour les hiverner, nous ne croyons pas inutile de répéter que les tiges que l’on jette ordinairement, peuvent être employées utilement dans les serres.

Après avoir coupé les cîimes fleuries, nous plaçons les tiges munies de feuilles sur les tuyaux de chauffage des serres. Pendant la dessication qui exige quelques jours, il s’en dégage une odeur vireuse et désagréable qui n’est que passagère.De temps en temps nous seringuons ces feuilles, comme on humectuerait des côtes de tabac.

Pour combattre les parasites, les fannes de Canna nous ont toujours donné de meilleurs résultats que les côtes de tabac,et que les fumigations faites avec les douze mille produits commerciaux aussi coûteux que désagréables à employer. Il n’y a guère que le dangereux acide cyanhydrique qui soit d’une efficacité supérieure.

Depuis quatre ans déjà ce procédésimple nous donne toute satisfaction. Nous plaçons 250 à 300 tiges de Canna par cent mètres carrés de superficie de serre ; c’est à dire environ une tige par mètre cube (ou 30 pieds cubes) d’air. Placées en Octobre ou Novembre, nous les laissons jusqu’en Juin ou Juillet suivant.

Dans une étude publiée par Sir Herbert E. Maxwell, dans la Schottish Review du 21 Décembre 1905, l’auteur revient sur la question du Suicide des bambous. Il est connu par les rapports des voyageurs et par les observations des botanistes,que des forêts entières de certaines espèces ont disparu aux Indes en une seule saison.

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Les bambous fleurissent, comme on sait, périodiquement sans qu’il puisse être question d'âge, jeunes et vieilles tiges fleurissent au même moment, puis périssent. On a pu sauver, en certains cas, des plantes en coupant les tiges dès que l’on s’apercevait de leur floraison. La plante paraissait alors se dépècher à donner de nouvelles pousses et souvent refleurissait, retardant plus ou moins sa mort.

« The Agricultural Record >» de Trinidad, dans un numéro ancien, repris récemment par « The Agricultural News-» de Barbades, attire l’attention sur la durabilité du bambou. Les indigènes prétendent que la lune a une influence considérable sur la durabilité du bois des tiges, un bambou coupé durant une mauvaise lune est beaucoup moins durable qu’un bambou coupé durant une bonne lune. (1) Mr le Dr Hart, l’auteurde l’article prétend que la durabilité du bambou peut être grandement augmentée par une immersion des tiges fraichement coupées dans l’eau pendant une quinzaine de jours. On pourrait de cette façon rendre les bambous coupés en mauvaise lune plus durables que ceux coupés en bonne lines

Les bambous secs souffrent beaucoup des attaques des insectes et en particulier d’un petit coléoptère le Dinoderus minutus. Cette immersion dans l’eau aurait comme action d’extraire le sucre et les autres matières solubles qui attirent les insectes.

Il serait assez curieux de savoir si depuis que ces données ont été

publiées pour la première fois en 1897, on a fait denouvelles expériences sur le sujet.

On sait que récemment on a obtenu des effets plus ou moins opposés. Des bois plongés dans une solution de sucre augmentent de durabilité et de solidité,et sont beaucoup moins attaqués par les insectes.

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Voyage de M. E. WERCKLÉ à Tolima, et à d’autres régions de la République de Colombie pendant les premiers mois de l’année 1906.

Extrait des notes sur les plantes utiles cultivées ou sauvages, observées dans les localités visitées (2° article).

In Boletin de la Sociedad nacional de agricultura ministerio de Fomento. San José — Costa Rica. N° 4, 25 Juillet 1906. p.p. 54-55

Le Guadua (Bambusa guadua), H. et B. (2) est une plante des plus utiles. Il est indigène en Colombie et produit de hautes tiges de o",20 de diamètre, très droites, dont les 2/3 inférieurs sont dépourvus de branches. La partie supérieure porte des rameaux courts qui forment une tête cylindrique de faible diamètre. Sur quelques mètres de hauteur près de la base,

le bois est assez épais, environ 2 1/2 centimètres. Ce bois est fort et résis-

tant, 1l peut se conserver intact pendant des années.

(1) Nombre de forestiers croient à une telle influence de la lune : cependant comme beaucoup de peuplades sauvages emploient le mot « lune » dans le sens de mois lunaire, parcequ’ils comptent le” temps d’après les phases de la lune, nous pensons que le DrHart a peut-être mal compris les indigènes qui lui ont expliqué que la saison de l'abattage avait une grande influence sur la qualité du bois ; ce qui est parfaitement exact. N. de la R.

(2) Le nom adopté est Guadua angustifolia, Kunth, Syn. 1. 253.

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Ce bambou est absolument indispensable aux habitants des régions où il croît. Ils l’emploient pour les clôtures et comme bois de construction, plus que toutes les autres essences ensemble. Dans les villes, où les maisons sont faites exclusivement de Guadua, les seuls autres matériaux de construction que l’on emploie sont les feuilles du Palmier Chida, (Carludovica) qui servent à faire des toitures. L'utilisation la plus intéressante et qui étonne le plus l’étranger, c’est la fabrication d’excellentes planches ayant jusqu’à oM,45 de largeur et plus de 25"/m d’épaisseur. Pour les obtenir on fend les tronçons de Gyadua sur une ligne longitudinale, ensuite on les pique partout avec une hache très affilée, enfin on les ouvre de force contre une surface plane et unie. Comme les fentes produites par la hache sont peu profondes, on obtient une planche

solide, semée de fentes courtes à intervalles réguliers de 25"/m. Quand

l’opération est bien faite les bords de ces fentes se joignent parfaitement, si bien qu'il serait difficile de trouver une place où pourrait pénétrer une épingle. Ces planches sont très jolies, on les emploie pour les cloisons, le plafond et le plancher des chambres, les portes, les bancs, les comptoirs de magasin. On peut affirmer que les cloisons et les planchers ainsi faits sont plus jolis et plus agréables que ceux faits de planches en bois ordinaire.

En outre, comme le Guadua ne se rétrécit pas, et que les bords sont parfaitement droits, on ne trouve aucune fissure entre les planches voisines. On fait les échafaudages et les poteaux télégraphiques en Guadua. On en fait également des échelles, celles qui servent à atteindre la cime des plus hauts palmiers, sont faites d’un seul chaume droit dans lequel de petits tronçons sont insérés alternativement des deux côtés. Ce bambou indigène est de beaucoup supérieur pour tous usages aux espèces asiatiques. Il s'élève plus haut, s’amincit moins rapidement, et de plus est droit presque jusqu’à la cime. Il est de climat tempéré.

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