AVANT PROPOS
Nous devons nous excuser de paraître seulement aujourd'hui. La cause n'en est pas le manque de matière à publier, ni de ressources (car les abonnés) nous viennent d'une façon que nous n'osions espérer au début), mais le manque de temps pour rédiger et publier. Nos conditions de travail et d'étude ont en effet complètement changé depuis le début de cette publicahon. Il y a quelques mois nous nous Sommes aperçu qu'un employé de notre usine, profitant de la confiance que nous avions en lui, avait commencé un adroitt sabotage. Il fallut donc le prier d'aller continuer ailleurs ses exploits, puis exécuter chaque jour la longue et absorbante besogne de bureau qu'il faisait auparavant. Xésultat : 1l ne nous reste presque plus de temps à consacrer à l'étude. Qu'y faire? Remplacer l’employé infidèle, dira-t-on. Hélas, c’est plus facile à dire qu’à faire, et 1l faut bien laisser au temps le soin de laver le dégoût ! En aitendani nous voilà surchargé de besogne et obligé de délaisser l’agréable afin de pouvoir exécuter tout l’indispensable. Cette explication — nous l’espérons du moins — nous sera aussi une excuse auprès de beaucoup de correspondants dont les aimables lettres et les communications restent parfois longtemps sans réponse. IVous prions nos lecteurs d’excuser cette communication qui est tout à fait étrangère à notre sujet.
| Contribution à l'étude du processus de la Vé6$tation chez les Bambusacées ?
Le fait qui domine la biologie de la partie aérienne des bambusacées c'est, pour chaque individu, d’être traçant She cespiteux G). C'est donc encore un caractère qui n'est ni générique, n1 spécifique, nas uniquement d'ordre biologique qu'il faut considérer. Nous constatons en efiet que
(1) Abonnés, c’est une figure, car, vu 1es circonstances que nous exposons ici, nous n'avons pas fait encaisser l’abonnement pour 1907. Cependant nous avons reçu quelques mandats-poste et c’est bien ce qui contribue à nous retourner le fer dans la plaie.
(2) Moir pp. 22 et 147.
(3) Nous avons exposé pp. 147 à 152 qu’il en est de même pour la partie souterraine.
les chaumes d'une même plante de Phyllostachys, par exemple, ont certains caractères quand ils sont issus d’un bourgeon terminal de rhizome et qu ils ont certains caractères différents quand ils sont issus des bourgeons latéraux des rhizomes. C’est l'essence BIOLOGIQUE etnon spécifique de ce caractère qui a jusqu à présent mis tant de confusion dans les descriptions des organes végétatifs de certains genres. Tel auteur, en effet, qui a vu la plante dans son pays d'origine, n'a décrit que le stade traçant et tel autre qui l’a étudiée en Europe ne l'a souvent vue que pendant le stade cespiteux dont certains caractères diffèrent. C’est l’un des éléments principaux de la confusion inextricable au milieu de laquelle nous nous trouvons dès que nous comparons les descriptions de divers auteurs. Ce fait seul serait déjà suilisant pour rendre souvent les identifications hasardeuses ou impossibles en l'absence des organes Îloraux. Un autre élément de cette coniusionrest comme nous l’avons dit, le polymorphisme de chacun des deux stades des espèces traçantes. Un troisième, hélas, qu'il faut bien reconnaître, c'est que les meilleurs auteurs ont fait des descriptions ou insuilisantes ou couvrant plusieurs cspeces. Nousen citerons quelduesterxempiese
1° Ph. migra à été dénommé et décrit par Meme Nous avons examiné ses échantillons authentiques dans l'herbier de Kew. Les uns sont des échantillons fleuris, les autres non fleuris de Ph. mg74; un autre échantillon fleuri de Ph aurer, Rivière (nous l'avons reconnu parce que Ph. aurea a eurichez mouse) l'étiquette écrite de la main de Munro porte la menton Ph.nigra. Les infiorescences des deux espèces sont cependant profondément différentes et on se demande comment Munro a pu réunir sous un même nom ces échantillons ; mais le fait est patent et la description qu'il a DHIRIES () couvre donc les deux espèces.
2° La description de B. puberula Miquel couvre aussi plusieurs espèces qui n'appartiennent même pas toutes au même genre, car sans aucun doute possible le Sasa albomarginata, Makino et Shibata s’y trouve compris.
Nous nourrions multiplier ces exemples ; mais, vu l'autorité des auteurs que nous citons, nous les croyons suffisants pour faire comprendre avec quelle réserve il
(Mon p'25:
faut aborder l'étude de la synonymie et de l'identification des espèces d’après les descriptions des auteurs anciens.
Avant de commencer la description de la partie aérienne des bambous, nous croyons utile de préciser ce que comprend, au point de vue théorique la « plante élément » dans la famille des graminées. Cet élément est constitué par un mérithalle complet ordinairement creux, comprenant une portion de chaume portant à sa base un verticille de racines souvent avortées et à son sommet une feuille pétioiée ou réduite à son pétiole, à l’aiselle duquel naît un bourgeon ; le sommet de cette portion de chaume étant ordinairement lermé par un diaphragme. Ces éléments sont superposés et soudés ensemble par un tissus cellulaire conjonctif (apparent seulement dans le jeune âge) pour former une tige souterraine (rhizome) ou aérienne (chaume).
Nous avons examiné dernièrement les caractères et le rôle de la partie souterraine du bambou et en particulier de sa fige souterraine. Nous décrirons aujourd'hui la partie aérienne au cours de son développement, et ses fonctions dans ses rapports avec la nutrition de la plante, réservant pour un troisième article la description et l'étude des modes de fructilication.
LE BOURGEON. -—- Nous avons dit que la souche rhizomateuse, le rhizome de toutes les bambusacées, et le caulo-bulbe des individus parvenus au stade traçant portent des bourgeons distiques alternes Le plan passant par les bourgeons des rhizomes est ordinairement horizontal ; mais, par exception, chez les bambous traçants, il peut avoir tourné autour de l'axe horizontal du rhizome et prendre une inclinaison quelconque, ou même être vertical.
Le bourgeon de la souche cespiteuse est ordinairement large. D'abord plat et logé dans une cavité ovale ou circulaire, 11 se conîfle ensuite graduellement en une demi sphère et semble souvent une volumineuse pièce rapportée, collée sur le rhizome. S'étant accru jusqu à ce point, son développement reste stationnaire pour quelque temps. Sos axe est perpendiculaire à celui de la souche rhigomateuse où du caulo-bulbe qui le parte. Ce caractère est constant, nous y insistons, qu'il s'agisse du bourgeon