‹ BambuseaeChapitre 90 sur 94 · F PEN · texte numérisé non relu

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pour les personnes qui jugent sans parti-pris. On nous dira sans doute : il y a un abîme entre celui qui organise sa besogne comme il l'entend et celui qui doit obéir à Monsieur, Madame, les enfants, les amis, le cocher, la cuisinière, à qui encore, aux chiens, aux poules, etc. etc., et nous allions oublier, aux exigences des plantes ellesmêmes, ce-qui est le comble des ignominies ! Pour notre part nous n avons jamais rencontré un jardinier qui fut disposé à se laisser surmener (il est vrai que nous n'avons jamais essayé), n1 à se laisser commander par trente-six personnes; mais ce que nous avons constaté à de très nombreuses reprises ce sont des jardiniers enclins à une espèce de mensonges des plus perlides : voici en quoi ils consistent. Le propriétaire dit à son jardinier : mon ami, je désire que vous jassiez tel ouvrage. Oh, Monsieur, avant de partir, Madame m a fait dire par le cocher d’exécuter telle autre besogne. Le premier mouvement est de protes- Ænébdetdire que cest impossible : puis on réfléchit : si

pourtant c'était vrai, on se sent un peu ridicule et agacé

et lon dit : c’est bon, faites. Quand Madame rentre, on apprend qu'elle n’a rien dit du tout, et la joie est dans tout le personnel s’il peut se douter qu'il en est résulté quelque mot aigre-doux. Pendant ce temps, le jardinier riant sous cape a fait ce qu’il voulait, ou rien du tout! On se promet Pien de n'yêtre plus pris ; mais voici que du plus loin qu'il vous aperçoit il vous interroge : Monsieur, puis-je faire ceci ou celà ? Vous pensiez à un travail plus utile et plus urgent et vous protestez. Ah, fait l'autre cauteleusement, c'est que Madame avant de sortir avait dit... Ou bien Monsieur cède une seconde fois, et voilà son autorité entamée, sinon détruite, ou bien il se rebifle, tranche et nmesecuten cequil veut. Dans ce dernier Cas, soyez certain, mon cher Monsieur, que par un hasard absurde, Madame vous apprendra en rentrant que, bien vrai, cette fois elle a indiqué cet ouvrage. et elle pensera (si elle ne le dit) qu’il est vraiment désagréable que pour une seule et unique fois qu’elle donne un ordre, on s'empresse de l'annuler, que son prestige en souffre, qu'elle passe pour rien dns sd propre maison, etc., etc. Brei, il y a de l’orage dans l'air, on le saura et l’on en fera des gorges chaudes. Il y a des douzaines de variantes à cet insidieux procédé, et bien fin qui n'y coupe pas un jour ou l'autre. C'est bien souvent là ce que les jardiniers appellent «étre commandés

par trente-six maîtres ». À les entendre ce sont tous de petits saints persécutés. Soyez sûr que pendant que Monsieur et Madame échangent des pensées peu agréables, le jardinier trinque joyeusement au cabaret avec des amis, ou fainéantise dans un coin pendant que vos serres se dessèchent ou brûlent au soleil, et que les mauvaises herbes éparpillent leurs légions de semences danses carrés du potager. |

Enfin nous dirons un mot de l'habitude d'aller à toute heure au cabaret. Dans une propriété de quelque étendue, qui comprend des bois, des serres et un potager, rien n’est plus aisé que de se dissimuler, et il est toujours facile d'aller passer une heure au cabaret, puis de revenirse montrer en s'épongeant le front, sans que l’amatéur se doute de l’absence momentanée. Us jardinier qui travaille seul éprouve le besoin de causer avec des camarades ; c'est bien légitime et, ma foi, il ne peut guère en trouver ailleurs qu’au cabaret. Mais l'abus vient vite: on y boit, et l'on diminue d'autant sa faculté de travail; on y retourne pour « se donner des forces ». On y dépense son argent et sa santé, puis on s'y endette, car la ménagère vigilante ne veut pas augmenter la part del argent de poche Que

faire alors pour payer la boisson ? Il faut bien avoir.

recours à quelqu une des opérations illicites dont nous avons parlé. Ainsi tout s'ench îne : la paresse, l’intempérance et le vol sont quasi inséparables. Le jardinier qui a mus le doigt dans l’engrenage y passe très souvent tout entier ! Ceux qui sont la proie de ce cortèse demicessonse ils plus heureux que les honnêtes sobres et laborieux ? Hélas ! non , 1s sont mécontents de tout. et ilsSrendenr leur famille malheureuse : c'est pourquoi 11 faut soeenpes d'eux, malgré eux, pour améliorer leur sort Déeneus troisième article, nous examinerons s'il existe des remèdes elhcaces pour combattre les défauts de la situation que nous avons essayé d” exposer. (À SULECE

[IDENTIFICATION Phyllostachys bambusotdes, Sieb.-et Zucc.— 7711047408, RAMIÈREESS

Dans le « Synopsis plantarum œconomicarum universi repni japonici, auctore D: deSiebold >, nous trouven p.14, Ne latmenton snyentes

« N° 17 — B. matake, Japon (V. M)

« Soboles suppeditant baculos quæsitos, ac culmi junio- «res victum ; adulti ad aedilicandum, fabricandumque « vulgo adhibentur. »

Tout ceci s'applique parfaitement au Ph. Quilioi Riv. qui est sans aucun doute l'espèce connue au Japon sous le nom vulgaire de #7a-1ake. 11 est donc certain que Siebold a connu le Ph. Quiliot, Riv. pendant son séjour au Japon; deplus il dit qu'il la vu vivant (v. v.). On peut en concure quullardécrit comme toutes les autres espèces citées dans son Synopsis — dans l'ouvrage qu'il a publié en collaboration avec Zuccarini dans les « Abhandlungen de Munich en 1843. Or, si nous examinons les descriptions qu'y donnent ces auteurs, nous devons admettre, par voie d'élimination, que la description de Ph. bambusoides ne peut s'appliquer à aucusñe autre espèce du Synopsis que celle reprise sous le N° 17: Bambos matake. On peut considérer ce qui précède comme une présomplion de croire que Ph. bambusoides = Ph. Quiliot ; mais il y a plus, il y a une preuve directe dont nous croyons pouvoir tirer une certitude.

L'herbier de Zuccarini, conservé à Leyde, contient un échantillon Îleuri et feuillé de Ph. bambusoides, Sieb. et Zucc. Nous en avons examiné une portion à Kew. Or, cette portion est identique aux échantillons fleuris et feuillés dénommés en manuscrit Ph.bambusoides = Ph. Quilio1 — na dake par le D' T. Makino, professeur à l'Université de Tokio. Ces échantillons sont contenus dans l’herbier de Zurich. Nous ne revendiquons donc nullement la priorité décene identiicaton dont l'honneur doit rester au D! Makino ; mais nous avons cru bon d'indiquer Îles raisons sur lesquelles nous l'’appuyons. Elles n'ont pas encore été publiées. Nous pensons du reste qu'il sera fort difhcile de faire abandonner le nom de Ph. Quailioi qui est à présent adopté partout en Europe et en Amérique pour désigner la grande et belle plante que Sieb. et Zucc. ont décrite sous le nom de Ph. bambusoides 1 nous semble cependant que ce serait désirable.

[1 nous reste à parler succinctement des plantes décrites par les principaux auteurs sous le nom de Ph. bambusoides Sied. et Zucc.

1. MIQUEL, dans son « Prolusio flo. jap. », s'exprime Hnednlipire 205 au sujet de Ph. bamb. Set 2:

« Folia ..….,.. usque pede longiora, 3 poll. lata, vel 3/4

en. RO 2e

— 1/3 pedis longa...……. » Nous croyons inutile de citer plus amplement son texte pour prouver que cet auteur n'avait pas le Ph. bamb. S. ét Z devant les yeuxen écrivant sa description : les termes cités plus haut s’appliquent très probablement à une plante n’appartenant pas au genre Ph

2. FRANCHET et SAVATIER. Dans leur « Enumeratio plant. in Jap. »... etc., le D' Savatier dit à propos de PH. bamb. S. et Z.:« Les feuilles sont très souventbendees « d’une large bande blanche ; on les trouve dans cet état « mélangées à d'autres tout à fait vertes sur le même « rameau ». Il est évident qu'il y a encore ici erreur de la part de cet auteur, et que sa phrase se rapporte très probablement au Sasa albo-marginata Makino et Shibata.

3. MUNRO: La plante que cet auteur deécabt (voyez son texte) ne peut pas être identiliéeavec Ph. Quilioi Riv. Sans aucun doute le général Munro a confon tu plu- Sieurs. plantes sous le nom de Ph. bamb. Sue A/mRRIES échantillons étiquetés de sa main dans l’herbier de Kew ne le prouvent que trop |

4. FREEMAN MITFORD. La plante que Lord Redesdale décrit p. 155 de son excellent livre n’est pas non plus celle de Sieb. et Zucc. Nous avons nu l’examiner à Kew, et nous en possédons à présent deux divisions. Nous pensons qu'elle devra rentrer dans le genre Arundinaria et qu’elle

est assez voisine de À. fastuosa.

5: SIR ERNEST SATOW. Voyez le texte de cephariehs à la p. 46. La plante qu'il y mentionne sous le nom de Ph.bamb. n’est certes pas non plus celle de Sieb. et Zucc., ni celle d'aucun des auteurs précédents, pensons-nous ; est probablement un Arundinarix.

6. GAMBLE. La plante décrite p. 27 de cetvesctens auteur n'est certainement pas celle de Sieb et z2me D'ailleurs, M. Gamble le reconnait dans une lettre citée par Sir D. Brandis dans « Indian Trees » (p. 667). Gamble dit que sa planche 27 n’a pas été exécutée. d’après“lies échantillons qui ont servi à sa description ; mais qu'elle a été faite d’après un échantillon recueilli à Hong-Kong et conservé -dans l’herbier de Calcutta. Nous devons mentionner que cette planche ressemble étonnamment à l'inHoréscenceren épis de-hoire PerHbeseese

un

L'effet du froid sur les Bambous.

L'hiver 1906-7 a été marqué par une période de froid plus intense et plus longue que les précédents. Il a gelé sans interruption du 20 janvier au 10 février 1907. Bix fois, au cours de ces trois semaines, la température EST descendue au-dessous de — 10° centigra des ; le minimum absolu a été chez nous de —- 11.5°,et la nuit la plus funeste a été celle du 22 au 23 janvier pendant laquelle le thermomètre s est abaissé à — 11.3° par grand vent desséchant. Durant les quinze derniers jours la neige a partiellement couvert le sol. D'abord en couche mince et continue, elle s’est peu à peu évaporée ou fondue au soleil et quand le dégel a commencé elle couvrait à peine la moitié de Îa surtace du sol. C’est donc un coup de froid sérieux par la durée et l'intensité. (Il parait avoir été plus violent dans presque toutes les autres parties du pays). Le 10 février au matin, au moment où le dégel commençait, nous avons

mesuré en divers points l'épaisseur de la couche gelée, et

voict ce que nous avons constaté en sol sablonneux :

° En sous bois horizontal, sous de grands arbres à iles caduques, 4à 5 centimètres de feuilles sèches sont congelés, puis, suivant les endroits, 2, 3 ou 4 centimètres de terreau de feuilles, au-dessous le sol n'est pas gelé. La neige n’y avait recouvert le sol que pendant très peu de Que

° Dans de grands massifs de bambous où les feuilles Po de ces plantes constituent la seule litière couvrant lesol, 4 à 5 cent. de ce terreau léger sont gelés au versant Sud-Ouest et 10 cent. au versant Nord.

3° Dans une prairie, en beaucoup d’endroits où l’herbe nou fauchée à l’automne est couchée et forme une épaisse litière, le sol n'est aucunement gelé sous cette couverture

bassée par les pluies et la neige

D Pr lHère de levilles sèches placée au commencement de décembre pour protéger les rhizomes des bambous, est gelée au maximum jusqu'à 10 cent. de proïondeur dans les endroits les plus découverts.

M Édierre:d. un talus sablonneux incliné à 45° et tourné au Sud n’est aucunement gelée: une paille y pénètre aisément. Ce talus modérément humide est couvert en cette saison d’une herbe courte et rare ne formant pas litière.

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6° En sol découvert et nu tourné au Sud-Ouest,en pente douce, la couche gelée mesure 10 à 12 cent.

7° En terrain découvert, cultivé en poireaux, 1lesène

ment inchne vers l'Ouest elle mesure S5teene 8° En terrain découvert, incliné au Nord etle mess Centre m0) Ces diverses observations, qui ont précédé de très peu de temps le début du dégel, sont relevées sur un espace de moins de 30 hectares de sol sablonneux. Cependant en un point Ja-tèrre n était pas gelée du tout et'ailémmenes épaisseurs atteintes pir le gel ont varié jusque dans la proportion de 1 à 15. (Après 3 semaines de gelée |)

Il résulte de ces observations que sous une litière de feuilles de 10 cent. d'épaisseur aucun rhizome n'a subr l’eilet de la gelée au cours de l’hiver dernier 145p44e aérienne de nos bambous n'a reçu aucune protection, et sa résistance a varié autant Suivant l'exposition des plantes que suivant leur espèce. Voici le-résumé de nos observations à ce sujet :

A. PHYLLOSTACHYS bambusoides, Sieb. et Zucc.

ie Quilioi, KR.)

° En sol sec horizontal, dans un angle de bâtiment Sen au Sud-Ouest, une plante garnie de feuilles depuis le niveau du soljusqu'à 15 m. de hauteur (sopieds anglais). Nous avons vainement cherché une seule feuille atteinte.

En sol sec horizontal, deux plantes ne dépassant pas huit mètres de hauteur, placées à proximité de massifs d'arbres à feuilles caduques, ont très peu demenmEes atteintes sur'les jeunes tiges seulement [lentes même de deux autres grandes plantes placées en sol un peu humide légèrement incliné au Nord.

(Le)

22 En solitries humide un peurineline tm ee

une plante assez étendue et compacte a perdu lés 2/3 de son feuillage : toutes les fouilles et beaucoup de branches abritées à l'intérieur de la toufje sont gelées.

4° En sol un peu humide et incliné au Sud-Ouest, 25 jeunes plantes ne portant que des tiges poussées tard en 1906 ont de 20 à 50 °/, des feuilles gelées.

ABS, Ph. bambusoides var. Castillon.

En sol un peu humide, horizontal avec insolation insuffisante, deux plantes ont perdu tout le feuillage des tiges de 1906, ou partie du bois de ces chaumes, et 1/2 des feuilles des tiges plus vieilles.

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