CHAPITRE PREMIER
INCONVENIENTS DES BANDES, ET MOYEN DE LES REMPLACER TOUJOURS AVEC AVANTAGE.
On fait, en chirurgie, depuis les temps les plus reculés, un usage exclusif des bandes, et, jusqu’à ce jour, les hommes de l’art ont envisagé ces étroits liens comme les moyens, par excellence, de fixer solidement-un appareil, d'exécuter un pansement avec aisance, et de venir au secours des blessés avec assurance, précision et commodité. Aussi, dois-je m'attendre à exciter une surprise mêlée d’indigration, et, surtout,
une vigoureuse opposition, de la part des chirurgiens, en
m'’élevant, aujourd'hui, contre ces agents délisatoires, et en leur en substituant un nouveau, qui semble n’avoir rien de commun avec ceux consacrés par la science. Les obstacles multipliés qu’on suscitera à mon système, seraient peut-être insurmontables , si je ne comptais sur l'esprit de recherche et d'observation qui distingue la jeunesse actuelle, sur sa soif des progrès, et sur son heureuse défiance, en face des stationnaires et des routiniers.
Quoi qu'il en soit, il est incontestable qu'on peut faire, aux bandes, en général, les reproches suivants : On ne les a pas toujours sous la main, comme dans les hôpitaux; ilest difficile et, parfois, impossible de s’en procurer au besoin; leur application, pour répondre bien au but et n’être pas sans de graves inconvénients, doit être confiée à des mains exercées ; cette habitude et cet exercice ne s’acquièrent, comme on sait, que lentement; les bandes sont sujettes à se relâcher , à se déranger facilement, à se corder et à blesser de plusieurs manières, de sorte que leur réapplication se reproduit trop souvent; on est obl'gé d'en avoir de longueur et de largeur différentes. Notez encore l'ennui, je dirai, presque l’impossibilité de bien rouler une bande avant de l'appliquer, quand on ne s’y est pas exercé; la difficulté de la laver et soigner ; le peu d'intérêt que les malades mettent à la conserver, dès qu'ils n’en ont plus besoin; son peu de valeur alors, puisqu’elle n’offre aucune utilité, et qu'elle n’est plus qu’un étroit et sale chiffon ; son usage presque éphémère dans beaucoup de cas, etc., etc.
Un autre inconvénient des bandes ressortira des détails qui vont suivre, et qui serviront, comme d'introduction, au moyen plus universellement convenable que je leur préfère.
Deux choses essentielles caractérisent ces agents déligatoires, en général : le corps même du bandage, etses deux extrémités. J'appellerai corps, la partie qui appuie, soutient et serre réellement, et qui, dans le bandage roulé ordinaire, est représenté par une succession de tours de bandes, superposès les uns aux autres. Les extrémités de ce corps sont particulièérement destinées à être arrêtées et fixées, convenable ment, afin de maintenir le bandage sur l'endroit même oùil doit agir, On les assujettit, dans ce but, soit par la compres-