‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 11 sur 84 · INCONVÉNIENTS DES BANDES · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DES BANDES

sion, soit avec des épingles, des points d’aiguille, des attaches, ou en liant ensemble les deux bouts de la bande.

Ce dernier mode d'arrêter la bande semble être, dans quelques circonstances , de beaucoup le préférable, et mème le seul admissible. On n’en fait, cependant, que rarement usage, parce que la bande a, ordinairement, trop d'épaisseur et de largeur, pour pouvoir être nouée comme une attache, et que plus elle se rapproche, par son étroitesse, des conditions de l'attache ou du lien, et plus aussi elle doit perdre des qualités qu’on recherche dans la bande proprement dite. Voilà pourquoi on a coutume de faire coudre des rubans étroits, aux bouts d’une bande, lorsqu'on veut nouer ces bouts facilement ensemble. :

Du reste, lebandage oulien, quel qu’il soit, blessera moins, sera plus facile à appliquer et moins sujet à se déranger ou à se corder, s’il est constitué par une seule et même pièce, de peu de longueur , et à laquelle on puisse donner, cependant, un certain degré d'épaisseur, et le plus de largeur possible.

Si nous reprenons, séparément et succinctement, chacun de ces quatre points particuliers, nous trouverons qu'ils se trouvent, TOUS, en opposition directe, avec ce qu'on observe dans les bandes. Mais ces caractères distinctifs n’ont rien qui doivent étonner, puisqu'il s’agit ici et bien réellement, d'une réforme radicale, et d'un mode de déligation entièrement dif: férent, et dans le fond et dans la forme du moyen. Ce n’est pas tout encore, car ce qui est plus important à noter, c’est que ces mêmes différences radicales sont toutes à l'avantage de ce que je propose. Ainsi :

4° Une SEULE ET MÊME PIÈCE se trouve partout facilement, et ne requiert ni ciseau, ni aiguille, ni arrangement ultérieur ou préalable pour son application immédiate, et sur toutes les parties du corps. El en est tout autrement de la plus petite bande.

2 Si les bandes sont, généralement, très longues, mes liens, au contraire, sont très COURTS et, par cela même, toujours faciles à manier, et ne font jamais éprouver d'embarras, ni pour les appliquer, ni pour les enlever, ni pour les soigner et les faire resservir. Que dire ici des bandes?

k PANSEMENTS.

30 On peut, sur-le-champ et à volonté, modifier, en plus ou en moins, la LARGEUR de chacun de mes liens, ce qui les rend aussi propres que commodes à s'adapter aux exigences les plus variées etles plus inattendues. Mais les bandes!

lo IT est également loisible d'augmenter ou de diminuer, vite et sans façon, l'ÉPAISSEUR de tous mes liens, soit en les repliant trois ou quatre fois sur eux-mêmes, comme cela se fait ordinairement, soit en y intercalant quelques corps étrangers, parmi ceux qui sont reconnus les plus mous et les plus souples. Or, cette circonstance donne lieu à modifier toute pression , à rendre celle-ci plus douce, et permet de porter la constriction plus Hin, sans la rendre aussi pénible et insupportable, que celle qui résulte d’un simple ruban, dont toute l'épaisseur consiste dans celle du tissu résistant et dur, dont il est toujours composé, s’il est destiné à agir avec énergie.

Moucuorr. Sous tous cesrapports, et sous celui de la plus grande facilité d’assujettir ses extrémités, de l’ôter et de le remettre, le mouchoir de col et de poche (1), ou leurs principales modifications déligatoires, se présentent de la manière la plus avantageuse. Pliées ou modifiées de trois manières différentes, c’est-à-dire en carrés longs, en triangles et en cravates (2), nous verrons, que ces pièces de nos vêtements offrent la grande facilité de remplacer, très bien et sur-le-champ, la plupart de nos bandages et de nos appareils, même les plus compliqués et les plus difficiles.

Les mouchoirs n’ont, d’ailleurs, aucun des inconvénients qu'on peut justement reprocher aux bandes, et ils présentent, au contraire, des avantages précieux, qu'on rechercheraïit en vain dans tous les moyens ordinaires de déligation. Ainsi, par opposition à ce que j'ai dit des bandes, les mouchoirs se trouvent partout; leur application est des plus faciles, car

(4) Je prie le lecteur de vouloir bien me passer, un instant seulement, cette expression de mouchoir. Ce ne sera bientôt plus qu’une simple pièce de linge ou d’une étoffe quelconque.

(2) I existe quatre modifications ou dérivés déligatoires du mouchoir, le carré long , le triangle, la cravate et la corde. Geite derniére ne pourrait étre d'usage, en chirurgie, que lorsqu'il s'agirait en effet de suppléer à une corde ou à un fort lien, on l’obtiént en tordant une cravate.

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