‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 13 sur 84 · DU MOUCHOIR · texte numérisé non relu

DU MOUCHOIR

Ainsi donc, on gardera le mot mouchoir , dans la très grande majorité des cas qui le réclameront; mais dans le langage chirurgical* ou dans l’enseignement, on pourra lui substituer les dénominations affectées aux trois modifications des mouchoirs, et se servir, en conséquence, des expressions linges carrés, triangulaires , en cravates, ou , simplement, celles de carrés, triangles et cravates.

Il résulte de ces explications , qu'on pourra employer, indistinctement, les locutions mouchoirs, carrés, triangles, cravates, fichus, lorsqu'on voudra caractériser les objets propres à la déligation , et qui font le sujet de ce mémoire. Aussi pourra-t-il m'arriver , quelquefois, d'indiquer le mouchoir, lorsqu'il ne s'agira que d’une pièce de linge d'une certaine étendue, et même d'un simple triangle et d'une cravate, parce qu'avec le mouchoir, je puis arranger un triangle et une cravate, et si j’ai besoin de ces formes particulières de déligation , et que le carré long, lé triangle et. la cravate seront toujours censés contenir ou représenter le mouchoir , et vice ver. à.

Toutefois, comme la forme ps sé des linges est celle qui se prête le mieux, pour satisfaire au plus grand nombre des indications qu'on se propose de remplir, au moyen des bandages , on aura de semblables triangles, en forme de simples fichus, dans les hôpitaux et dans les établissements publics, comme plus économiques, et pouvant servir, très bien, à former des cravates. Mais dans la pratique civile , on donnera, le plus souvent, la préférence aux pièces quadrangulaires , telles que sont les mouchoirs , parce qu’on les a partout sous la maïn, et qu'on peut en faire, facilement et à l'instant même, des moyens déligatoires de toute dimension et de tout genre, en les pliant en forme de carrés, de triangles ou de cravates.

Quoi qu’il en soit, je ne saurais assez insister sur cette observation importante, et que nous verrons si bien confirmée, dans le cours de ce mémoire, c’est qu’il est peu de cas où l'homme de l’artne puisse atteindre son but beaucoup mieux, avec les seuls moyens ci-dessus, qu'avec les bandès propres ment dites, quelle que soit même l’habileté qu'il déploiéra dans } application de celles-ci, Car, depuis la simple Säignée

ou la plus légère blessure, jusqu'aux lésions les plus graves et les plus compliquées , un ou deux mouchoirs suffiront, le plus souvent, aux praticiens , pour rempli, comme bandages, les indications les plus variées.

J'appuie, à dessein, sur cette assertion, parce que j'ai fréquemment observé, combien, dans l'occasion ou le besoin, on était parfois emprunté et l’on se croyait dénué de toutes ressources, alors même qu’on avait, sous la main , les moyens les plus appropriés , les plus simples et les mieux Choisis; c’est-à-dire, des mouchoirs, des fichus, ou des moyens abondants d'en faire. Cela est si vrai, qu’on ne revient aux bandes qu'avéc une certaine répugnance , quand une fois on s’est exercé avec les linges-pleins, et que l'individu le moins habile à se servir de ces derniers pourra hardiment défier le plus expert, dans l'art d'appliquer un appareil, sans toutefois que ce citô nuise en rien au fut et jucunde des chirurgiens. Ne savons-nous pas, d'ailleurs, que les meilleurs bandages anciens se rapprochent, déjà, de ceux que j'ndique ici, et qu'ils sont, en grande partie, composés de linges entiers, comme, par exemple, le suspensoir, l’écharpe , le bandage de corps, celui en T, etc. ?

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