‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 20 sur 84 · PANSEMENTS AVEC LA MOUSSELINE ET LE COTON · texte numérisé non relu

PANSEMENTS AVEC LA MOUSSELINE ET LE COTON

En général, la mousseline est un tissu fin, à très bas prix, et qui convient surtout pour l'usage auquel je le destine ici, s’il est , en même temps, érès clair. On l’appliquera sur les surfaces dénudées, exactement comme un linge fenêtré , comme un emplâtre quelconque ; et elle suffira même , assez souvent , à elle seule , pour protéger les plaies, à l'instar de ce dernier, contre l’action trop rude des compresses et des ‘Corps environnants. |

Mais si, après avoir recouvert une plaie ou un ulcère d'une petite pièce de cette mousseline, on met encore pardessus de la ouàte ou une couche de coton, on obtiendra, de ce mode de pansement, deux avantages incontestables : le premier, de protéger mieux encore des parties privées de

leur épiderme, en les matelassant , en quelque sorte , de la manière la plus moelleuse ; et le second , d'empêcher que les brins de coton (ou de fine charpie) n'adhèrent à cesmêmes surfaces. Ils seront , en effet , tous emportés immédiatement, et au moment même où l’on enlèvera la mousseline ; et ils suivront tous en masse. cette dernière, de sorte que le pansement de propreté en sera , tout à la.fois, plus facile, plus prompt et plus complet.

Aussi, nous avons, pour le service de l'hôpital, de larges pièces d'ouate: recouvertes d'avance de mousseline , comme si lune et l autre ne constituaient plus qu'un seul et même

stl | que nous Coupons, comme dans un très grand ut ce dont nous avons besoin pour recouvrir les surfaces lésées ; ct.nous trouvons encore ici cet autre avantage , qu’on rechercherait en vain dans les plamaceaux de charpie , c'est que le protecteur, ainsi préparé, ne se dérange plus, quoiqu'on le roule et le manie assez brusquement et en tous sens.

. Gette circonstance est précieuse, car elle nous donne la facilité d'avoir, en rouleaux commodes à porter et à soigner, tout ce qui nous est nécessaire pour recouvrir immédiatement toute espèce de blessures, et où lon peut tailler, comme en plein drap, ce dont on a besoin, et fel qu’on en a besoin. On pourrait donc dire que ce rouleau cache un a gantesque gâteau , un véritable plumasseau monstre.

Du reste , nous n’attachons plus une, très grande importance aux mots mèches, tentes, bourdonnets, tampons, plumasseaux ; nous avons du Coton cardé ou ouaté, voilà tout. Aussi, l’idée ne nous viendrait jamais d’en faire, à Lausanne, des gâteaux pour nos blessés.

C’est dans la pratique d'un grand établissement, ou seulement en face de vastes ou de nombreuses blessures, qu’on saura apprécier tout ce qu'un pareil moyen présente de commode, de précis et d'agréable. — Ces pièces , d’ailleurs, ne le cèderont en rien , pour la bonne façon , aux plumaceaux arrangés avec le plus d'art , de temps et d'élégance.

Il existe donc entre nos plumaceaux et nos liens une très grande analogie et certains points de contact, qu'il est curieux. de mentionner. — Ainsi, par exemple, le fond de

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tous mes moyens protecteurs est composé, comme celui de tous mes liens, d'une substance foute faite d'une extrême abondance, et qu'il est rare de ne pas trouver pertout.

Cette substance reçoit, de. même, toujours et sur-lechamp, toutes les formes désirables. |

Elle paraît n'être constituée pee d'une truif pièc, exactement comme nos liens.

La longueur, la largeur et, l'épaisseur sont constamment à la hauteur de toutes les circonstances et à la disposition de tous les hommes de l’art, précisément, comme la longueur, là largeur etl’épaisseur de chacun de nos liens.

Comparez, maintenant, pour vous édifier mieux, tous les autres protecteurs connus , et, d’entre les plumasseaux de charpie, tous ceux qui sont le mieux façonnés, au dire même des connaisseurs les plus difficiles ! Enfin, pour mettre le sceau à vos recherches et à vos épreuves , appliquez et enlevez, alternativement, les uns:et,les autres de ces plumaceaux de charpie et de coton ; et mis » Jugez et prononcez: | J'estime , du moins, avoir mis sous, vos yeux toutes les pièces de la procédure ; aussi , je suis fort tranquille sur l’issue qu procès; car, à défaut de bon. avocat pour le plaider, j'aperçois des juges éclairés et. un jury. consciencieux tout prêts à prononcer.

Cette même mousseline, dont le prix est de dix à douze sous laune, nous sert ‘aussi, à l'hôpital de Lausanne, comme nous le verrons bientôt , pour recouvrir les cataplasmes ; et le succès est tel encore, que je me demande. si ce n’est pas toujours , à raison de l'infimidation produite par le coton et ses dérivés, qu'on s’est privé si long-temps , et qu'on se prive.encore d’un moyen aussi précieux ; dans les deux circonstances que je viens de citer.

AR TICLE V.

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