‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 33 sur 84 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

CONSIDÉRATIONS SUR LA NOUVEAUTÉ ET L'UTILITÉ DU SYS- TÈME PROPOSÉ, ET SUR LES MOYENS D'EN FAIRE RESSORTIR LES PRINCIPAUX AVANTAGES.

Tout en concédant que la partie déligatoire de la chirurgie a besoin d’une révision, on me demandera peut-être si déjà l’on n’a pas proposé quelque chose de pareil à ce qui fait le sujet des chapitres précédents? Si l'innovation que je provoque est vraiment utile, et ne pourrait pas être fondée sur de meilleures bases ? Si elle peut réaliser, en effet, et en faveur des militaires et des campagnards , les avantages que je lui attribue? Enfin, s’il y a possibilité de faire ressortir ces avantages et de les rendre familiers et populaires ?

Je vais tâcher de résoudre en peu de mots ces quatre questions importantes.

ARTICLE IL. « N'a-t-on pas déjà proposé quelque chose de » pareil à ce qui fait le sujet de ce mémoire? »

®Si, de tout temps, on à dû avoir recours au mouchoir, comme moyen déligatoire , ce n’a.jamais été que comme un pis-aller, et pour remplacer momentanément une bande qu'on n'avait pas, et qu'on gémissait de ne pouvoir se procurer dans un cas urgent : encore ne trouve-t-on pas dans les auteurs le précepte positif de recourir à cette pièce, que nous portons constamment avec nous. J'ai sous les yeux les divers dictionnaires de médecine et de chirurgie iss plus récents, ainsi que les ouvrages de MM. Bourgery et Gerdy sur la petite chirurgie et les appareils, et je ne vois nulle part qu'il y soit question de ce mode de déligation.

Or donc, si par-cipar-là on a vu les chirurgiens recourir aux mouchoirs, c'était ordinairement faute de mieux, et comme s'ils se fussent fait un scrupule et une fausse honte de ce moyen déligatoire, trop simple et trop vulgaire pour leurs habiles mains, ou qu’ils se crussent obligés de se servir des bandes exclusivement recommandées, et de céder ainsi à un entraînement général. Disons plutôt que, fascinés par la routine, et jurant in verbu magistri, les hommes de l’art ne se sont jamais émancipés au point d’oser chercher autre chose que ce qu’avaient trouvé leurs devanciers et dont se servaient leurs maîtres. Ils voyaient partout des colonnes d'Hercule, des principes et des moyens si bien arrétés, qu'il était défendu de passer outre et d'y toucher. Aussi les linges pleins ne furent pour eux que comme des secours isolés et presque étrangers à l'art de guérir, et ils ne songèrent JAMAIS , ni à explorer, ni à exploiter la mine féconde d'où nous viennent ces puissants auxiliaires. On s’est occupé bien moins encore à les faire servir de base ou de matériaux pour ce que nous avons de plus commun et de plus indispensable en chirurgie pour. des pièces d'appareil et des PANSEMENTS ordinaires.

Personne ne s’y est arrêté pour les mettre en-relief, pour en signaler les nombreux. et précieux avantages, et pour en indiquer les modes variés d'application. Je crois donc être le premier qui ait appelé l'attention des chirurgiens sur ce moyen particulier, et qui l’ait mis largement en pratique, en l’adaptant à tous les cas qui réclament l'emploi des bandes,

Quant au coton, je ne suis certes pas assez sot pour me

donner comme l'homme qui, avant tous les autres, ait osé en jeter sur une plaie. Cependant je puis dire que le sol était presque vierge lorsque j'ai commencé à À exploiter ,Ïya environ six ans.

Mais il s’agit bien moins ici de la priorité d’une idée que de sa première application, que des efforts faits el soutenus pour la faire adopter, l'étendre et la généraliser ; et c'est ce que j'ai eu le bonheur de faire, en appelant à mon secours l’ouate et la mousseline. EH s’agit surtout de succès obtenus en dépit des résistances les mieux combinées, des antipathies les plus haut placées , des préjugés les plus enracinés, et d’une panique tellement entraînante, qu'elle était générale, partagée par les esprits les plus éclairés, et inculquée ; comme un article de foi, avec le lait maternel.

Il fallait presque du courage et du dévouement pour se jeter au milieu d'obstacles aussi monstrueux, pour les braver, les attaquer et les vaincre! Oui! je crois que le fantôme est tombé, qu’on ose au moins f’envisager en face, et qu’il en sera de cette chimère, comme de tant d'autres dont on entourait notre berceau. Au lieu de les respecter, nous les sifflons maintenant, et c'est en vain que nous cherchons à expliquer la cause de leur sotte influence sur l'imagination timorée des pauvres peuples.

Quant au fil de fer et à son immense développement dans la chirurgie technique, j'en réclame l’idée première, ainsi que celle du dessin linéaire en relief, qui lui sert d’auxiliaire et de point de départ. Dira-t-on peut-être que personne ne se soucie de me disputer cette étrange palme? que cette ’ originalité touche au ridicule? Ce sont là, du moins, des ressources ordinaires et connues.

Du reste, comme il arrive assez souvent que quelqu'un prenne le premier une fausse route, ou qu’il émette le premier une opinion absurde, il s’agit bien plutôt de savoir quelles raisons je puis avoir eues de sortir de la route battue, et quel peut être mon mérite en venant, par des principes nouveaux, jeter du discrédit sur des moyens universellement admis , et qui semblent avoir pour eux la sanction du temps et de l'expérience. En d'autres termes, dois-je me féliciter de cette tentative d'innovation? Ai-je rendu, par là, quel-

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que service à la chirurgie? Et le nouveau système de déligation, que je prétends introduire et substituer à l’ancien, a-t-il ou non des avantages sur celui-ci? Toutes ces questions rentrent dans l’article suivant. |

ARTICLE [T. « L'innovation provoquée est-elle vraiment » utile, et ne pourrait-elle pas être fondée sur de meilleupres bases? »

Si, comme j'en ai fourni les preuves, le mode proposé a des avantages incontestables et peu ou point d'inconvénients ; s’il s'applique facilement; s’il est, comparativement à l’ancien, plus simple, plus économique et plus facile à obtenir et à réaliser partout ; s’il est en même temps suffisant ; s’il répond bien à toutes les indications que doit remplir tout appareil; s’il présente constamment la même forme; s’il ressort d’un principe unique et vrai ; siles modifications, suivant les cas et les régions , sont peu nuancées et sensibles , et toujours faciles à saisir et à déduire ; si, d’après une expérience facile à acquérir et à laquelle je me réfère, mon système répond complétement à tôut ce qui existe en fait de déligation , et s’il crée encore une foule de moyens nouveaux et inconnus ; si, dis-je, toutes ces données sont les conséquences immédiates de mes doctrines, on conviendra, du moins, qu’elles ne sont pas très mal choisies, qu'elles sont bien propres à faire accueillir la réforme proposée, et à m'absoudre des reproches que méritent trop souvent certains novateurs.

ARTICLE II. « Le nouveau système sera-t-il, en effet, » avantageux aux militaires, aux campagnards, et aux » nombreuses classes inféfieures de la société? »

Si l’on a bien saisi et suivi ce que j'ai avancé jusqu’à présent, on me dispensera sans doute de dire quelque chose de plus en faveur d’un système chirurgical qui, par sa nature, est si particulièrement fait pour le peuple, pour les habitants de la campagne , et surtout pour les militaires.

On n’exigera pas davantage que j'insiste de nouveau sur la nécessité de communiquer à ces classes d'hommes, et à tout le monde, des notions simples.et précises sur les premiers soins à donner ou à recevoir, dans une foale de cas chirurgicaux. Qu'ils soient légers ou très graves , le méca-

UTILITÉ DU SYSTÈME DE DÉLIGATION. | 145 nisme et la valeur d'un pansement quelconque n’en sont pas moins utiles À connaître , et l’a-pr opos de son application est de rigueur dans fous Hé cas précités.

Je demanderai donc instamment qu'on examine si, dans l'état actuel de la science, mon travail établit bien les véritables bases de ces éléments de chirurgie populaire. Aussi, dans le but d'éclaircir cette question, j'ai rédigé les cinq fragments qui seront joints à cet ouvrage. Ils pourront, en même temps, servir de matériaux et comme de guides pour une courte et simple instr uction, telle que je la conçois en faveur du peuple et des gens de guerre.

Il sera curieux de voir par cet essai, et par l'exemple que j'ai cru devoir joindre au précepte, avec quelle facilité j'ai abordé certains sujets, surtout l’histoire des fractures, et comment j'ai mis celle-ci à la portée de tout le monde. Certes je n’aurais pas osé la traiter, et je défie qui que ce soit de jamais en venir à bout, sans mon procédé particulier de déligation, qui aplanit et simplifie tout, ‘et qui n’a presque pas besoin.d’explications.

On en fera sans doute l'expérience, comme moyen mis à l'usäge des masses , et cet essai répondra à mes espérances et à la conviction que j'ai de sa bonté, pour ce qui concerne tout particulièrement. les militaires. J'aime à croire que les sociétés savantes sauront: alors déterminer les gouvernements à en tenter la facile ‘introduction dans {ous les corps d'armée, et qu’on insistera, pour ces derniers, sur le besoin d’une instruction chirurgicale quelconque.

il est de toute impossibilité qu’on ne parvienne pas à faire preridre incessamment, sans peine et peut-être avec plaisir, aux hommes de guerre de tous rangs et de toutes armes, l'habitude de: placer eux-mêmes : ‘et sur-le-champ un appareil quelconque. Ils apprendront à à le modifier au besoin, à . continuer un Le qu'un chirurgien aura fait d'abord: en un mot, à se suffire à‘eux-mêmes dans la plupart des blessures et des accidents.

On -veut ; et avec-raison, que les tiHieatres sachent non seulement porter dés coups terribles , mais aussi parer ceux qui les menacent ; éviter/des piéges et fuir même à propos: on désire encore qu'ils‘ éprouvent les àvantages d'avoir ap-

pris à soigner leurs armes et leur équipement, à préparer leur nourriture , à laver leur linge, raccommoder une pièce de vêtement, etc. ; et l'on ne mettrait aucun prix à ce que ces braves sachent prendre soin de leur santé et de leur vie, remédier aux accidents ordinaires de la guerré, et aux ne inévitables de leur, métier de tous les jours!

Espérons que la sollicitude des gouvernements et des administrations en décidera autrement , et que ces autorités ne -perdront plus de.vue cet objet important-et tout-à-fait VITAL. Du moins, j'ai la vive satisfaction de croire que mon travail actuel contribuera puissamment à fixer l'attention sur ce point trop négligé, à aplanir des difficultés qu’on croyait sans doute insurmontables, et à apporter, par des moyens simples, mais suffisants, quelques tempéraments à ce côté sombre et lugubre de la brillante carrière des armes.

ART. IV. « Quels sont les meilleurs moÿens de faire res » sortir les avantages du nouveau mode, et de le rendre fa- ».milier et populaire ? » |

Le principe, une fois admis, que les militaires de tous rangs et de toutes armes recevront une. instruction chirurgicale quelconque , et que le mouchoir, le coton et l'eau devront servir de base aux appareils et aux pansements , il s'agira de voir si la marche que je vais indiquer conduira au but désiré par la voie la plus courte, la plus facile et la plus sûre pour les cas, du moins, je le répète , où l'on sera privé du chirurgien et des moyens ordinaires de l’art.

Le point essentiel pour cet objet, et sur lequel je ne saurais assez insister, C'est que mon procédé déligatoire soit inculqué, par les chirurgiens à tous les militaires , “officiers, sous-officiers et soldats; car il importe que l'exemple soit donné par les chefs; que ceux-ci puissent, au besoin, répandre l'éloge ou lé blâme sur la conduite de leurs subordonnés ; que tout le monde, enfin, soit instruit.

- [l convient, pour obtenir ce grand résultat, et afin que certaines pratiques chirurgicales deviennent, en effet, populaires et vulgaires, qu'elles se propagent d’en haut, c.est-àdire qu’elles soient introduites dans (ous les hôpitaux, dans tous les services, et qu’on les applique aux chefs de l’armée et aux officiers, tout comme au dernier des soldats. Ce sera

la meilleure manière de les faire connaître et de les préconiser.

On ne négligera pas toutefois de les propager pres géné-

ralement par une instruction simple , précise et claire. On y joindra surtout des démonstrations et quelques exercices manuels, auxquels on fera intervenir facilement et succes- . sivement tous les individus de l’armée.

Les chirurgiens de tous les corps auront ainsi la satisfac- ‘tion, soit en temps de paix, soit dans les garnisons et les camps, d'occuper mieux leurs loisirs ;. sans cesser d’être toujours utiles, Tout en propageant des connaissances précieuses, ils se créeront et à l’armée une foule d'aides intelligents et habiles, propres à exécuter mieux leurs conseils et leurs directions, et à remplacer au besoin les gens de l'art.

L'application des principes de l'enseignement mutuel me semble ici tout-à-fait à sa place; et je ne doute nullement, qu’en assez peu de temps, tous les individus doués de quelque intelligence ne soient à même de comprendre le mécanisme de l'appareil quel qu'il soit qu’on leur aura expliqué, et les légères modifications qu'il devra subir, suivant les diverses circonstances. |

L enseignement mutuel sera même de rigueur , et rien ne saurait le remplacer pour tout ce qui se rattachera à l'instrucfon chirurgicale des militaires. Comme il s'agira de bandages à appliquer, de pansements à faire, lors de telle blessure donnée ; d'exercices, en un mot, dans toutes les circonstances qu'on indiquera, il est clair qu'on n’opèrera pas, et qu'on ne fera pas opérer d’abord dans des cas maladifs réels ; mais uniquement ou, ie plus souvent, dans telle ou telle je Le sition clairement exprimée.

Alors ; lun des militaires représentera le blessé, et c’est sur lui qu'un camarade placera les appareils indiqués, et dont il appréciera déjà la valeur et le mécanisme par ses propres sensations. Mais:il voudra aussi s'exercer lui-même ; et il aura droit également à manœuvrer, à son tour, sur celui qui aura fait, à son égard, l'office de r rhsmeul et : Finstruction duquel il vient de contribuér.

Ces exercices finiront, j'en suis certain, par een de véritables jeux, et une récréation pour des jeunes gens qui ont besoin d'occupation et de passe-temps. C'est ainsi qu'ils

se prépareront et préluderont galement à tous les secours mutuels qu'ils seront infailliblement appelés à donner ou à recevoir réellement un jour, dans de graves occasions. 11s'y associera bien vite de la grosse joie, où ne seront épargnés, ni le docteur du régiment, ni même l’auteur de ce nouvel exercice. |

+ On verra Îles “militaires , oubliant leurs armes, s’ évertuer | avec des chiffons et des baguettes, et découvrir même, en” fait d appareils » des moyens nouveaux et inattendus. Le chirurgien saura les mettre sur la voie de ces découvertes ; euxmêmes s’y. entraîneront mutuellement; et s’il s’agit de construire un brancard, par exemple , pour un prétendu malade ou blessé, là manière d'y placer celui-ci, de le transporter et soigner, donnera lieu également à une foule de facéties et de’ tours qui seront loin de rebuter et d’ être inutiles au but qu'on se propose.

C'est ainsi que ces joyeux enfants de Mars se rendront familiers la plupart des appareils, les objets qui les composeront, leur manière d'agir, et même les blessures variées qui les réclameront tôt ou tärd. |

Mais, m'a-t-on dit, tous ces rapprochements vont faire de ces braves un troupeau de méticuleux et de poltrons; ; et la connaissance qu’on leur donnera des blessures qui les at” tendent, va les faire fuir au premfer danger! N'iront-ils pas, au contraire, avec plus de confiance au combat, quand ils seront bien convaincus que s'ils ne trouvent pas une mort prompte et glorieuse, ils auront’sur-le-champ, s'ils sont blessés, les secours propres à les préserver de longues et inutiles douleurs, et à conserver, s’il est possible encore, leurs bras vengeurs? Que de motifs donc pour chercher à acquérir des notions d'une importance aussi majeure et d’un, si beau résultat!

Mais les difficultés? ajoute-t-on. Elles disparaissent dans la pratique. }’en ai fait l'épreuve avec de jeunes infirmiers tout novices, et avec des élèves sages-femmes, qui sont parvenus en fort peu de jours à se tirer très bien d'affaire. Il ne faut qu'une seule chose pour surmonter, en ceci comme en tout, les obstacles vrais ou supposés qu'on voudrait faire valoir : e’est-la volonté bien prononcée dés chefs. d

Ces obstacles, du moins pour ce qui concerne la partie manuelle, ne seront d'aill'urs que fort peu de chose , puisque le fond du pansement ou de l'appareil restera toujours le même, et que les obiets se reproduiront sans cesse de la manière la plus identiqte , et la mieux faite pour être saisie par ce qui frappe le plus, paï les sens et le gros bon sens. Le bon sens et l'instinct, tant soit peu éclairés, suffiront toujours, en effet, pour la bonne application de mon unique moyen, et chaeun saisira bien vite ce qu'il faut faire por atteindre le but si simple qu'on se propose. La plus légère ‘démonstration semblera même presque superflue, tant les indications pourront être renduës évidentes et palpables, et tant on connaît déjà bien et partout l'agent principal et toujours sous la main, qui doit les remplir et à l'instant même.

Et puis, ne viendra-t-il pas un temps où les notions d'hygiène, ainsi qu’une partie de celles qui font le sujet de ce mémoire, formeront*un des éléments de l'éducation des peuples? Ne rempliront-elles pas plus utilement quelques unes de ces heures qu’on prodigue aujourd’hui avec tant de libéralité, à des choses bien moins nécessaires ? La musique, la danse, l'escrime, l'équitation, etc. , pour les classes supérieures de la société; des niaiseries bien connues pour d’autres individus n’absorberont plus-fous les moments; et la jeunesse saura en trouver sans doute pour s'occuper de la conservation du plus précieux des biens, de la santé et de la vie. Chacun , dès son enfance ,.se familiarisera donc avec cette matière intéressante, et elle deviendra dans la suite toujours plus facile dans son application immédiate.

L’éponge serait, au surplus, la seule chose extraordinaire que j’exigerais chez un soldat. Elle peut servir à tant d'usages pour lui-même ou ses camarades; elle est à si bas prix, si légère, tient si peu de place, etest si facile à maintenir propre et à conserver, que je voudrais la rendre obligatoire dans un coin du petit sac de tout militaire. Elle évitera pour les pansements, et surtout pour les hémorrhagies , bien des |: compresses , beaucoup de coton, de charpie et de linges.

Si, à côté de cette petite éponge, vous placez tant soit peu de coton cardé et de taffetas sommé , dit d'Angleterre: et .si vous indiquez que celui-ci peut servir à réunir des plaies

récentes , et l’autre à recouvrir des ulcères, des plaies en suppuration, quelques brûlures, toutes les foulures et contusions, etc.; vous aurez encore de quoi remplacer avantageusement, d’un côté les emplâtres agglutinatifs, et de l’autre tous les onguents et cérats les eaux dessiccatives, et ces masses de charpie qu'on a coutume de prescrire en pareilles circonstances.

Eh ! pourquoi n’organiserait-on pas cette légère Hdi cie portative chez tous les soldats ; même en temps de paix? - ‘Espérons que le besoin de notions et de pratiques chirurgicales se fera bientôt généralement sentir, et qu'il décidera le zèle et l'empressement de tout le monde ; ear chacun peut être appelé à donner ou à recevoir, et à chaque instant, les secours les plus utiles et les plus efficaces dont il est ici question.

Ces jeunes militaires dont le sang et les bras sont dans ce moment tout à la patrie, seront un jour des propriétaires, des chefs de famille, d'atelier, de village. Placés alors dans des circonstances favorables pour faire le bien, détruire des préjugés , et propager les saines doctrines, ils recueilleront le fruit de l'instruction clinique qu'ils auront reçue, et ne regretteront ‘pas les moments de loisir ou 7e désœuvrement qu’ils lui auront consacrés. |

Autrefois, les chefs des armées, les rois eux-mêmes, s'empressaient de tendre une main secourable aux braves que Bellone venait de frapper. Des guerriers chrétiens seraient-ils moins humains ou moins instruits? Ou plutôt, ne sont-ils pas les premiers intéressés à trouver autour d'eux des hommes sur lesquels ils puissent compter? Ne sentent-ils pas leurs cœurs généreux tressaillir en pensant qu’ils pourront un jour arracher à une mort certaine eelui qui l’aura peut-être bravée pour les sauver eux-mêmes?

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