ARTICLE Y
DE QUELQUES PRÉCAUTIONS POUR LE TRANSPORT DES MALADES , ET . PARTICULIÈREMENT DES BLESSÉS.
Un individu dangereusement blessé ne saurait être transporté avec plus de douceur et de ménagement qu’à bras, et c’est même quelquefois la seule ressource qui reste.
Pour y parvenir, on aura recours à un nombre d'hommes suffisant, et aux moyens nécessaires pour la plus facile application de ces aides, ainsi que pour la meilleure position du patient.
Un brancard, garni d’un matelas ou d’une paillasse et d'une couverture, nous offre ce qu’il y a de mieux en pareil cas, puisque le blessé peut y être placé comme dans un lit.
Lorsque nous ne pourrons nous procurer ces objets, nous tâcherons au moins de les imiter de notre mieux avec ce qui sera à notre portée.
Ainsi un lit de sangles ou de repos, une ou deux échelles ou planches, deux perches ou deux branches assez longues et assez solides, qu’on réunira et liera à distance avec des cordes, ou même des mouchoirs ou des linges cordés, pourront remplacer le précieux brancard.
De la paille, du foin, de l'herbe, des feuilles , etc., vien— dront de même prendre la place de la paillasse, et seront arrangés de manière à permettre au malheureux d'y reposer tout le temps nécessaire, et aussi bien qu'il sera possible.
Cette espèce de petit lit ou de couche sera préparée avec le plus grand soin par une personne intelligente, et, s’il est possible, par une sage-fervme (1).
(4) Je ne répéterai pas ici ce que j'ai dit, dans l’article précédent, sur Pavantäge qu'il y aura toujours , en l'absence d’un homme de l’art, de faire appeler une sage-femme patentée et instruite ; mais ce que je dois dire, c’est que, mieux que personne, elle pourra donner les premiers soins, parer aux accidents, et empêcher surtout des secours mal entendus et peu judicieux. El est bon de signaler ces sages-femmes sous cesrapports avantageux, afin que les municipalités mettent dans la suite plus de soliicitude à mieux choisir les élèves qu’elles enverront au cours public, et que le professeur s’empresse de leur donner en peu de mots des directions analogues aux services variés qu’elles peuvent
rendre dans les campagnes. Dans les armées, les fraters et chaque individu, si l’on veut donner suite à mes propositions de les instruire,
Voici d'ailleurs quelques autres directions pour construire sur-le-champ un brancard assez commode :
Tâchez de vous procurer deux planches étroites, deux montants ou deux perches ou branches, de cinq à six pieds de longueur, et deux traverses de même nature, longues de deux ou trois pieds seulement. On réunira ces quatre pièces de bois par leurs extrémités , de manière à avoir une espèce de cadre solide.
Cette réunion aura lieu avec des clous ou des chevilles, ou simplement avec quatre bouts de cordes , ou quatre mouchoirs tordus en forme de corde.
Pour cet effet, on construit d'abord avec ces mouchoirs tout autant de cravates; puis on tord celles-ci, et on a dé cette manière une véritable corde, d'autant plus facile à nouer, qu'elle est terminée par deux bouts étroits, comme seraient des cordes ordinaires. |
Il restera ensuite à garnir convenablement l'intérieur de ce cadre ; c’est-à-dire le milieu entre les quatre pièces de bois qu’on vient de lier ensemble.
Dans ce but, on aura recours à quelques cordes, à des bandes ou à des pièces de linge solides, qu'on attachera au cadre , de manière que le malade puisse en être supporté.
De la paille cordée ou tressée pourra encore servir à furmer cette espèce de fond de cadre dont nous avons besoin. On le garnira ensuite, comme nous venons de le dire à loccasion du brancard.
Voici une autre manière qu'on peut aussi recommander : on aura deux perches ou deux branches qu'on fixera à un drap de lit, à une nappe ou à de Ja toile, de telle sorte que ces objets forment le fond d'un cadre ou d'un lit, dont les perches représenteront les bords.
El est plus d'une manière d'assujettir ces pièces de linge sans les clouer au bois.
On peut, par exemple, les doubler et coudre par le milieu , afin d’avoir la facilité d'introduire entre deux les per- Ches de chaque côté.
pourrônt représenter ici ces sages-femmes, et dans la suite on aura
l’avantagé de pouvoir recourir en pareil cas à tout homme qui aura été militaire.