‹ Bandages et appareils à pansements, ou nouveau système de déligation chirurgicale (volume 2)Chapitre 44 sur 84 · TRANSPORT DES BLESSÉS · texte numérisé non relu

TRANSPORT DES BLESSÉS

On peut également rouler ces perches de chaque côté du drap ou de la nappe, et assuiettir ces pièces de linge à la distance ou suivant la largeur qu'on voudra donner à cette espèce de brancard. |

Cette distance serait ensuite maintenue, s’il le fallait, au moyen de deux traverses ou de deux petites pièces de bois placées et assujetties entre les deux perches latérales.

Quel que soit le moyen de transport adopté, on n’y metfra le blessé que lorsqu'on aura la certitude qu'il n'y sera pas trop mal, pendant le temps pius où moïns long qu'il devra y rester, et que le moyen qu'on aura choisi ne viendra pas à manquer ou à se casser sous le poids du malade.

On aura soin, d'ailleurs, que la tête soit suffisamment élevée, et à l'abri de la pluie, de la neige ou d'un soleil ardeut.

. Quelques mouchoirs ou pièces de vêtements étendus sur des branches en demi-cercle, ou arrangés de telle autre manière, pourront suffire à cet effet. |

Les membres atteints de fractures seront surtout l'objet de là plus grande attention, et devront être placés, ainsi que nous l'avons dit dans un autre article, avec un soin tout particulier.

Les parties blessées qui donnent du sang ou qui auraient été le siége d'une hémorrhagie, seront mises de manière à pouvoir être facilement surveillées, et à l'abri de frottements et de violences.

Le transport même exige que les hommes s’entendent d'abord pour enlever le brancard, et ensuite pour cheminer du même pas, afin d'éviter toute secousse douloureuse. II sera bon, en conséquence, qu'un des assistants dirige seul la marche et commande, en marquant le pas , comme cela se fait avec les militaires.

La chaise à porteur réunit, après le brancard, le plus de commodité et de facilité.

On peut la remplacer assez bien avec un fauteuil ou même avec une simple chaisé qu'on garnira, suivant les circonstances, et qu'on pourra au besoin porter sur deux branches ou deux fusils, à la manière du brancard et de Ja chaise à porteur.

La voiture, le traineau; le char, sont enfin les autres moyens qui nous restent pour l’acheminement des malades vers le lieu de leur destination ({).

Mais ici encore, on ne perdra jamais de vue la nécessité d’arranger ces véhicules de manière à procurer aux patients la meilleure position possible, et qu'ils y soient à peu près comme sur le brancard dont il a été question plus haut.

On recommandera également aux conducteurs d'aller doucement, et d'éviter soigneusement les mauvais pas et les cahottements (2).

Quel que soit, au reste, le moyen choisi pour transférer un blessé, il est difficile d'éviter deux moments plus ou moins pénibles, celui du placement sur le brancard, et celui du transport dans la chambre et le lit du malade.

Mais il suffira de se laisser diriger par quelqu'un d’entendu, d'être bien d'accord sur la manière de s’y prendre, de ne pas perdre de vue le genre de blessure que peut avoir l'individu , de ne pas trop se presser.

Au moyen de ces précautions, on aura la satisfaction d'épargner des douleurs vives et inutiles à un malheureux qui succombe peut-être déjà sous le poids des plus affreuses souffrances.

Si la distance à parcourir est assez considérable, on aura soin de se pourvoir d'une boisson appropriée au cas actuel. Elle sera toujours convenable , si elle n’est pas échauffante.

La bonne eau doit en général mériter la préférence , et il est bon de faire observer que, bien loin d'avoir besoin d'aliments, le. blessé se trouvera toujours mieux de s’en passer tout-à-fait, surtout pendant les premiers jours.

(4)Je ne parlerai pas du transport par eau, le plus commode de tous, et qw’assurément on devra prélérer , chaque fois qu'il-sera praticable.

(2) On devrait surtout leur recommander de ne pas s'arrêter devant toutes les auberges, et de ne pas chercher à se faire pardonner leur invincible goût pour le vin, en en faisant boire aux malheureux qui leur sont confiés. Nous avons vu plus d'un malade succomber, en peu de jours , à | hospice de ce canton, et qui seraient pleins de vie s’ils étaient restés.chez eux, uniquement parce que, dans leur transport , ils avaient été arrétés, au froid et à la pluie, près d'un cabaret, et qu'on leur avait donné, afin de les réchauffer et de les faire attendre patiemment, quelques verres de vin chaud etmême des liqueurs, Avis aux administrations commupales et aux malheureux qu’elles expédient par des ivrognes!

On voit, du reste, par tous les détails dans lesquels nous avons cru devoir entrer, combien il importe, pour peu. que les blessures offrent de gravité où de danger, qu’on fasse la plus grande diligence pour appeler un homme de l'art.

Il est évident, en outre, qu’il se présentera bien des cas où il sera RU IE que le chirurgien fasse une partie du nécessaire sur les lieux mêmes de l'accident, et qu'il préside non’seulement au transport, mais à tout ce qui le RÉEGeTe et le suit.

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