XIV À INTRODUCTION
cales qu'on pourra inculquer à l'ane de ces classes d'hommes passeront tout naturellement et très promptement à l’autre.
On n'aura pas de peine à m’accorder encore que ce qui sera re connu essentiellement utile et bon à tous ces individus { chez lesquels se rencontrent, sans aucune comparaison, le plus grand nombre de blessures graves) devra également être admis comme tel dans les hôpitaux et les établissements publics, et, par la même raison, dans Ja pratique particulière la plus relevée et la mieux soignée. L'art chirurgical tendra donc ainsi à se répandre progressivement et à se perfectionner, et les tentalives qu'on aura faites pour mettre les pansements à la portée du plus grand nombre porteront les fruits les plus heureux.
. Hrésultera d’ailleurs pour le peuple et les militaires, outre l’avantage d'un bon traitement physique ou physiologique , celui non moins important du moral. Le malheureux, dénué de tout et relégué, peut-être même eublié loin de tout secours, ne croira pas sa vie compromise, parce qu'il n'aura pas, pour panser ses blessures, ces eaux spiritueuses, ces teintures alcooliques, ces onguents, ces emplâtres, ces cataplasmes même dont on fait un si étrange abus. il ne:se plaindra pas davantage de ce qu'il n'a pas à discrétion cette charpie si vantée pour l’entasser sur ses plaies, et qu'il neparviendra à ôter qu'avec peine et douleur. Il ne gémira plus après un chirurgien , lors même que celui-ci ne pourra lui donner que des secours tardifs, fugitifs, et presque toujours imparfaits. Mais, se confiant, au contraire, dans les instructions qu’il aura reçues, dans les soins d’une personne intelligente, et dans-les efforts salutaires et connus de la nalure, il aidera ces derniers tranquillement et en pansant tout simplement ses plaies, ses contusions et ses fractures, comme on le lui aura enseigné.
Ge qui a été négligé, ou, pour mieux dire, impossible jusqu'ici, et ce qu'on n’a osé tenter nulle part et dans aucun temps , s'ALEU L'IN- SIGNE BONHEUR DE LE FAIRE ! Je présente donc aujourd'hui sur la matière une doctrine toute nouvelle, un système de déligation tout-àfait en dehors des objets généralement connus et usités; des principes et des moyens subversifs des principes et des moyens adoptés partout; je proclame, en un mot, une nÉrorme ranrcaze dans l'art de faire les pansements. Je fais plus, j'annonce que ce radicalisme déligatoire pur a la sanction de l'expérience, et qu'il a été soumis à son creuset pendant un grand nombre d'années.
Un mot d'abord sur la marche que j'ai suivie et sur la manière dont je suis parvenn à ce grand et beau résultat. Depuis nombre d'années, je me suis appliqué à changer nies procédés déligatoires ,
. INTRODUCTION. XV et à leur substituer insensiblement celui qui fait le vr de ce Mémoire ; et RE ma marche fût bien assurée , je n'ai avancé cependant qu'avec lenteur et circonspection jusqu'en 1828 , tant j’ étais d’abord daminé par le vague et la timidité, ou sous la puissante influence de la routine.
Alors encore je dirigeais mes vues et mes obscrvations presque uniquement dans le but de les faire servir à cette chirurgie purement populaire que je cherchais en vain, et à une petite instruction à la portée des gens de guerre , qui n'existe pas davantage.
Mais, malgré que déjà je pusse facilement prévoir que mon travail n’en resterait pas tout-à-fait là, et qu'il dépassérait bien vile les limites élroites que je lui avais tracées, je ne le fis cependant connaître, dans une petite brochure, que sous fe titre de Déligation populaire.
À peine cependant celle-ci fut-elle répandue, que, pressé par la discussion , les objections et les résultats heureux et progressifs que job'énais chaque jour de mon moyen, je sentis le cercle de mes idées s’agrandir rapidement , el j'acquis bientôt la conviction quele mode de déligation que j'avais adopté, non seulement devait être recommandé comme temporaire et provisoire, mais qu'ilpouvait lutter avantageusement avec les moyens ordinaires, l'emporter même sur ces derniers, et devenir la nouvelle base d’une chirurgie pratique.
Une fois parvenu à ce point de vue, d'où je découvris tout le parti que je pourrais lirer d'un projet de réforme, je cherchaiï à éprouver mon moyen en l'employant exclusivement dans tous les cas qui se présentèrent, et je m'imposai, en conséquence, l'obligation de ne plus me servir des pièces d'appareil généralement usitées, et de chercher à me tirer d’affaire dans toutes les circonstances où l’on a recours à ces moyens, en ne me servant uniquement AE de simples linges, pliés en carrés, en triangles et en cravates.
Forcé de cette manière à ne faire pour ainsi dire la chirurgie qu'avec des mouchoirs, j'eus la satisfaction de voir que ma tâche n’en était devenue que pius facile ; que ce mode donnait lieu à un singulier développement de moyens chirargicaux ; qu'il en résultait une foule de bandages nouveaux aussi simples que commodes et sûrs ; que je pouvais les appliquer à tous les cas ordinaires et extraordinaires , et qu'ils naïssaient en quelque sorte sous mes doigts, à mesure que j'en avais besoin.
La simplicité est en général l'apanage de ce qui est utile et bon; aussi me suis-je appliqué , dans l’objet qui nous occupe, à résoudre le problème suivant que j'ai constamment eu sous les yeux, et qui