HISTORIQUE
Avant d'eng-ager le lecteur dans le dédale des longues disputes qu'il doit raconter , le P. Schneemann prend soin de déterminer quel est le point principal de contradiction entre les deux écoles. C'est là une précaution très importante. Si les fameuses discussions tenues à Rome n'ont abouti à aucun résultat positif, c'est surtout parce que les deux parties n'ont pu s'entendre sur la question à débattre.
Pour les Dominicains, il s'agissait moins d'une doctrine à éclaircir que d'un livre à condamner. SASKS £I uolixa. 1
2 BA5fES ET MOLINA
Ils compulsaient en tout sens la Concorde de Molina , afin d'en extraire, de-ci de-là , des propositions censurables, aussi nombreuses que possible, sm* toutes les questions qu'embrasse le traité de la grâce. Tactique habile ! Car obtenir la condamnation d'un livre oii leurs prédéterminations physiques étaient vigoureusement attaquées, c'était, leur semblait-il, obtenir du même coup l'approbation officielle de leur système. Quant aux Jésuites, tout en défendant l'honneur de Molina contre tant d'attaques, ils soutenaient que toute l'attention devait se concentrer sur une question bien autrement importante en présence de l'hérésie protestante ; que le point vif du dissentiment entre les deux écoles portait sur la manière de concilier l'infaillibilité de la prédestination avec la liberté de la volonté humaine, et que, par conséquent, il fallait circonscrire à cet objet le débat contradictoire.
Ces deux tactiques si différentes ont été franchement avouées par les supérieurs généraux des deux Ordres, lorsque, dans un but de pacification, Clément YIII les mit en présence dans un premier colloque (1),