LIVRE m. DR LA CAUSE PREMIÈRE
même de l'acte de volonté ; cette application
doit être telle qu'elle détermine l'acte sans nuire à la liberté.
Nous considérerons d'abord l'action de Dieu
dans l'ordre naturel des choses, ensuite dans l'ordre surnaturel delà grâce.
Ordre naturel. — Saint Thomas établit dans plusieurs endroits (1) une distinction de la plus haute importance entre la volonté considérée comme îiature, dont l'acte estl'amour du bien en général, et la volonté considérée comme faculté libre, c'est-à-dire comme libre arbitre.
Comme nature, c'est une cause seconde, mue et appliquée à son opération. Corame faculté, elle se meut elle-même au consentir ou au dissentir. Comme nature, elle est déterminée; comme faculté, eWesedétermme. Toute la théorie de la volonté est renfermée dans cette distinction, et par là sont conciliés tous les textes de saint Thomas qu'on accumule dans un sens ou dans un autre.
Étudions d'abord la volonté comme nature.
(i} Voir l'appendice.
C'est une puissance « appétente », potentia appetitiva. Son objet estlebienengénéral, bonum in communi, et la fin dernière de sa tendance est la béatitude de l'homme. Or toutepuissance est spécifiée par son objet. Donc il est naturels. la volonté de se porter vers tout ce qui lui est présenté comme participant au bien et comme un moyen de parvenir à la béatitude. D'ailleurs, cette tendance naturelle ne dépend pas de la volonté, car aucune nature créée ne dépend d'elle-même. L'acte de tendance vers le bien et vers ce qui participe au bien n'est donc pas libre ; et voilà déjà retrouvé l'acte indélibéré et naturel, révélé par la conscience.
Or cet acte de nature, en tant qu'il est une réalité produite par une cause seconde, dépend de plus haut, et la cause seconde ne peut le réaliser qu'en vertu d'une motion de la Cause Première. — Quelle est la nature de cette motion ? Pour l'expliquer , employons le langage des Réalistes.
La volonté dans chacun de ces actes veut un bien déterminé, car l'objet de la volonté est voulu comme une réalité, et toute réalité est déterminée. Mais, dans ce bien déterminé, je dois distinguer logiquement le bien et la détermination de ce bien, bonum et bonum taie. Le bien, bonum, est un Universel^ le premier uni-