‹ Bañes et MolinaChapitre 113 sur 174 · LIVRE III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DE LA CAUSE PREMIÈRE

seconde conclusion : La détermination de l'acte indélibéré provieiit effectivement des causes secondes dirigées par la Providence.

Ainsi, pourchaque acte in délibéré de volonté, Dieu ment intérieurement la volonté et P applique à un objet particulier. Cette Motion est cause du vouloir, et cette application est cause de la détermination du vouloir. Cause im/médiate de la substance du vouloir, Cause immédiate de la bonté objective du bien vers lequel tend le vouloir, Dieu n'est que Cause médiate de la détermination du vouloir, en faisant ou laissant présenter à la volonté un bien particulier.

x\insi se complète Tacte indélibéré, acte de la volonté considérée comme nature^ acte qui sort naturellement de la volonté , avant toute délibération et toute réflexion, acte qui n'est pas libre, et qui, par suite, n'est encore ni imputable ni moral, en un mot, acte physique sortant de ses causes physiques. La Cause Première est cause qu'elle est un vouloir et un vouloir du bien. La cause seconde , c'est-à-dire l'objet , ne lui donne que d'être tel vouloir déterminé vers ^e/bien particulier. Mais plus une cause est haute , et plus elle est commune et efficace ; plus elle est efficace , et plus elle pénètre profondé-

ment dans l'efFei (1). Donc, la cause la plus intime, la plus profonde de l'acte de volonté, c' est la Cause Première.

Répétons-le : cet acte indélibéré relève et du Premier Moteur et de la Providence. Comme vouloir^ il dépend du premier moteur, qui meut la volonté. Conlme vouloir déterminé^ il dépend de la Providence, qui décide ou permet l'application de la volonté à quelque bien déterminé.

Ajoutons cependant, avec saint Thomas, que Dieu, pouvant par lui-même ce que peuvent les causessecondes, détermine quelquefois l'homme à un bien particulier, par une action directe et immédiate. « Dieu, dit-il dans un texte qu'on ne peut citer trop souvent , agit d'ordinaire comme Moteur universel vers l'objet universel de la volonté. C'est l'homme qui se détermine à vouloir délibérément ceci oacela. Mais quelquefois Dieu pousse vers unbien déterminé, comme il arrive dans l'ordre de la grâce (2). »

(1) Quantb enim aliqua causa est altior, lantbest communior et efficacior ; et quantb est eËBcacior, tantb profundiùs ingreditur in effectum, et de remotiori potentiâ ipsum reducit in aclum. (De Patent, q. 3. a. 7.)

(2) Deus movet voluntatem horainis sicut universalis Motor ad universale objectum voluntatis quod est bonum ; et sine hàc universali motione, homo non potest aliquid velle. Sed homo per rationem déterminât se ad vofendum

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