‹ Bannissement des Jésuites de la Louisiane [microforme]Chapitre 14 sur 26 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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MM. Sterling et Farmar l'avaient ordonné. Vous ne devez pas être surpris de la différence de conduite dans les commandants , à cause de la différence de religion en Angleterre. Les anglicans en général sont moins contraires que les puritains, etc.

La conduite de M. Reed ne serait pas approuvée du gouvernement. Les mariages sont libres en Canada et se font devant les curés seulement, et sans aucun rapport au magistrat. Les processions du Saint-Sacrement et des Rogations se font à l’ordinaire; mais la milice ne prend point les armes. Je n'en ai pas même parlé.

La traite de l’eau-de-vie faite par les habitants

aux sauvages, pour les besoins desdits habitants LL]

est-elie réservée ? Cela dépend de la qualité du besoin, Si le besoin n’est pas de nature à excuser de péché mortel, il est réservé.

J'ailu votre lettre à Monsieur notre Gouverneur, qui en a été fort charmé, et je suis persuadé que vous serez plus considéré que jamais. C'est un excellent homme , aimé et aimable, estimé et vraiment estimable. Nous ne nous apercevons point que nous soyons sous un gouvernement protestant. Dans Île civil, les catholiques , les protestants se voient, se fréquentent cordialement. Le ministère s'exerce comme du temps des Français. M. Gibault aura pu vous en faire le détail. Vous lui remettrez

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les lettres pour lui que je joins ici. J'ai été un peu mécontent que, sans m'avoir prévenu, il ait mené avec lui sa mère, et ce n'est guère le fait d’un missionnaire, qui ne cherche et ne doit chercher que Dieu seul. C'était sous ce point de vue que je l'avais ordonné. Je ne l’ai envoyé si loin que de son consentement. S'il m'avait prévenu qu'il fallait qu'il eût sa mère avec lui, je ne l'eusse pas probablement destiné à cette bonne œuvre. Je l’eusse gardé pour une paroisse de cette colonie. Car je suis persuadé que pour bien faire son devoir et remplir dignement son ministère dans vos cantons, il ne faut point y avoir de parents, nitrop de ménage. Au reste, il m’a paru en partant dans de bonnes dispositions. Il a bien travaillé à Michillimakinak, excepté qu'il a marié un Français avec une sauvagesse, ce que les Anglais ne veulent, non plus que les Français ne le voulaient autrefois ; et j'en ai des reproches de la part du gouvernement. Je lui ai donné des pouvoirs qui vous sont subordonnés. C’est un jeune prêtre, et je vous prie de veiller et de m'instruire, selon Dieu, s’il mérite ou non ma confiance. Je serais bien affligé, s’il venait à se détraquer. Il m'a fait de belles et bonnes promesses , et je l'aime. Vos Pères sont toujours ici à l'ordinaire. Ils travaillent avec édification. Le P. Noël est mort.

Je suis , etc.

+ OLIVIER , évéque de Québec.

LE P. MEURIN A MONSEIGNEUR BRIAND

De la Sainte-Famille aux Kaokias ou Tamaruis, ce 14 juin 1769.

MOonSEIGNEUR ,

Puisqu’il n’a pas plu à la divine Providence de vous mettre en état d'envoyer plus d’un missionnaire à cette partie-ci de votre diocèse , je ne puis qu'adorer ses desseins. M. Gibault vous représentera comme moi que cette portion de votre troupeau est trop dispersée pour être bien cultivée par un prètre missionnaire ; Car je ne suis plus guère à compter que parmi les morts. M. Gibault est plein de zèle , et par là même il ne durera pas longtemps; s’il est seulet souvent eï yages pénibles à travers bois et montagnes , aux injures des temps, et rivières et torrents, à moins qu'il ne plaise à notre Dieu de renouveler es anciens prodiges. Ce pays est si infecté que tandis que nous travaillons à purger un côté , ilse salit bien vite de l’autre, faute de pouvoir donner à chacun un temps suffisant pour déraciner et entretenir.

M. Gibault, depuisson arrivée en ce pays a pres-

que toujours été malade de fièvres , d’abord grosses

u Tamarois ;

ence de missionne puis présene trouvée par guère à st plein temps ; travers 't rivière Dieu s est si purger te de | pour

| presrosses

85 — et dangereuses. ensuite petites et lentes, contre lesquelles son courage l’a toujours soutenu en état de faire les principales fonctions en la paroisse de l'immaculée-Conception aux Kaskakias, où il a jugé à propos de s'établir, d'où il va de temps en temps

à Sainte-Geneviève , colonie espagnole, dont j'ai été banni en qualité de Jésuite. Il a eu le bonheur de faire faire les Pâques à presque tous dans ces

deux paroisses, dont plusieurs les négligeaient depuis bien des années.

J'ai desservi jusqu'ici la paroisse de la Sainte- Famille aux Kaokias ou Tamarois, où je suis venu en automne jusqu’à Noël, puis à la fin de janvier jusqu'à Pâques , puis à la Sainte-Famille jusqu’à l’Ascension. J'y suis encore depuis douze jours. J'y reçois ceux de Saint-Louis, principal village de la colonieespagnole, dont je suis banni. C’est ici que Je les baptise et marie, confesse et communie , etc. Je ne vais chez eux que pourles malades incognito et la nuit, D'ici je retourne à la Prairie du Rocher, petit village de vingt habitants, y compris deux habitants qui sont au fort de Chartres à une lieue , et quatre habitants de Saint-Philippe à trois lieues de chez moi. Je m'étais retiré à la Prairie du Rocher pour laisser aux nouveaux missionnaires plus grand champ à leur zèle et talent, et les moyens de subsister plus aisément. Comme on espérait au moins

deux missionnaires, cette petite paroisse , reste de Sainte-Anne au fort de Chartres, m'avait invite à finir mes jours chez elle, me promettant de me bâtir un presbytère et de m’y fournir tous mes besoins le reste de ma vie, dans quelque infirmité que je puisse tomber. Je leur pronis alors de ne pas les abandonner que par force majeure , me réservant pourtant d'aller au secours des autres villages, tant que Je pourrais, selon leurs besoins , et après ma mort, laissant à leur église tout ce que j'aurais d'eux ou d’ailleurs , s’il ne revenait pas de Jésuites dans le pays. Ils me fournissent domestique , cheval et calèche pour mes voyages, sans doute pour me conserver plus longtemps. Que la bonté divine veuille leur en tenir compte ! Je ne manque de rien ; Je me porte bien, sans aucun soin temporel ; etc. N'est-ce pas trop, Monseigneur, pour un pauvre religieux banni, proscrit, échappé plusieurs fois à la potence ou du moins aux mines? Mais ne

chantons pas victoire; cela pourrait revenir. Il n’y a guère , qu'en défendant un peu vivement la cause de Messieurs de votre séminaire auprès de MM. les Anglais qui venaient pour prendre possession au nom du roi de la maison, terres, etc., de la mission des Tamarois, M. Morgan , président de la justice

me dit que je devrais me souvenir que j'avais été chassé par les Espagnols , et que je ne tenais guëre

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chez les Anglais. Je suis pourtant encore, comme alors , dans la maison de la mission , au défaut de M. Gibault. J'y fais demeurer habituellement le frère de M. Mercier, trés-digne missionnaire , mort grand-vicaire de votre prédécesseur , ou plutôt de trois de vos prédécesseurs, si je ne me trompe. C'est lui qui prend soin de l'église en mon absence. Quand il plaira à Votre Grandeur, lui et moi serons délivrés. Je crois que c’est en partie la crainte de procès la cause que M. Gibault a préféré le séjour des Kaskakias à celui des Kaokias.

Les habitants du poste de Vincennes qui est situé à soixante-dix lieues des Kaskakias ont grand besoin d'un missionnaire. Ils n’en ont pas vu depuis octobre 1763 qu’on leur enleva le P. de Verney. L'endroitest considérable, et les désordres commencent à dominer chez eux et à mériter la compassion de Votre Grandeur. Ils doivent vous envoyer une députation, ou du moins requête pour obtenir un prêtre curé. Quand la santé de M. Gibault serait rétablie et affermie, je doute s’il irait. Depuis deux ans, les Chéroquis et Chicacas infestent les chemins, et les habitants de Kaskakias disent hautement que M. Gibault leur coûte trop de frais pour le risquer au service des autres. Je crois pourtant qu'il conviendra que Votre Grandeur ne l'envoie pas à leur village seulement, mais à tous vos sujets dans ce pays-

ci, selon leurs besoins et l'étendue des pouvoirs dont vous l'avez honoré , colonies anglaise et espagnole dans ce pays-ci, tant qu'une autre Juridiction que celle de Québec n’y sera pas constatée, surtout tant qu’elles seront destituées de prêtres. Il m'a paru quelquefois avoir peine à l’envisager, et Je ne manque pas l’occasion de lui persuader que ceux de Saint-Louis , des Kaokias, de la Prairie du Rocher, de Sainte-Geneviève et du poste de Vincennes sont ses paroissiens comme ceux des Kaskakias, auxquels i! semblait vouloir se borner. Je lui ai déclaré plusieurs fois que je ne voulais être que son coadjuteur , partout où je pourrais l'être , m'obligeant à lui rendre compte de tout, afin qu'au moment de ma mort il les connut tous, et qu’ainsi tout le pays ne soit qu'une paroisse, jusqu’à ce qu'il y ait des prêtres dans chaque endroit où du moins dans la plupart. ILest vrai que partout les peuples devraient payer la dime , au lieu que, depuis mon retour, je n'ai pu l'obtenir que de ceux chez

qui je faisais ma demeure ordinaire; encore plu-

sieurs la refusaient-ils sous prétexte que j'étais souvent hors de chez eux. Ceux des Kaskakias feraient de mème à M. Gibault. Cependant je ne crois pas que cela püt l'empècher de sortir de chez lui. Si vous le jugiez à propos, Monseigneur , vous

donnerez vos ordres là-dessus. La peine et la

DOUVOIrS

laise et re Juristatée, tres. Il iger, et ler que irie du Vincenkakias, 1 ai déue son n'obliu moisitout qu'il y moins euples depuis x chez > plu- J'étais akias Je ne chez vous

et la

dépense du prêtre étant beaucoup plus grande , il mérite une plus ample rétribution pour subvenir aux frais et ménager sa santé.

Votre Grandeur m'a fait l'honneur de me reépondre sur la validité des mariages des catholiques avec les hérétiques, mais de là puis-je inférer que ces mariages peuvent se faire licitement : 1° sans dispense de disparité de créance , n’y ayant point danger de perversion ; 2° sans présence du prêtre ; 3° si la même validité et permission est censée pour les catholiques éloignés du prètre, dans l'impossibilité de le faire venir, ou dans une grande difficulté de l'aller trouver , soit du côté de l’âge, ou du temps et des saisons, ou des chemins longs et pénibles, ou dangers d'ennemis, etc. Nous avons ceux de la rivière Saint-Joseph à l'entrée du lac Michigan à cent cinquante lieues d'ici , ceux des Péorias à quatre-vingts lieues , les Ouïatanous à cent lieues, le poste de Vincennes, etc. Peuvent-ils faire en conscience des mariuges naturels et valides ? Ainsi ceux de Missilimakinac , et d'autres qui se marient dans les nations sauvages eloignées, dans le Missouri, dans la rivière des Minigouas , chez les Renards , les Sioux, et qui reviennent avec des deux , trois et quatre enfants et leur femme. Leur mariage est-il valide ? supposé la bonne foi et sincérité, doit-on leur faire donner

un nouveau consentement , etc. ? Je l'ai toujours exigé jusqu'à présent pour sûreté.

M. Gibault vous marque sans doute qu'avant que je demeurasse de ce bord , on à enterré dans le cimetière des Kaskakias et de Saint-Louis indifféremment tous lesmorts, ceux qui ne faisaient point de Pâques depuis longtemps, qui à la mort avaient refusé les sacrements , des duellistes, des hérétiques et des libertins d'esprit , connus par leurs discours, etc. Ne pouvant remédier à ce désordre, je me contentais d’y refuser ma présence et de marquer une partie du cimetière pour ceux-là prés de l'entrée. Mais cette partie avait été anciennement bénite et avait recu plusieurs corps de fidèles, Je vous supplie encore d'ordonner là-dessus ce qui convient et pour le passé et pour l'avenir ; ce qu'on peut céder à l’autorité et à la force, et sur quoi il faut tenir ferme.

Nous n'avons presque plus de saintes-huiles.

Votre Grandeur nous en enverra ou le moyen d'y

suppléer. Il n’y a pas à en tirer des Espagnols, qui

depuis trois ans n'ont pas mis un prêtre dans leur colonie et en ont chassé trop tôt celui qui y était,

Votre Grandeur sait sans doute déjà le soulèvement de la Nouvelle-Orléans contre le gouverneur et l'expulsion qu’elle en a fait et de tous les Espa-

toujours

qu'avant re dans ns indiffaisaient la mort tes, des pus par ler à ce présence ceux-là ancienorps de à-dessus avenir;

, et sur

-huiles.

ven d'y ls, qui e dans qui y

ulèveerneur

| Espa-

gnols du pays, depuis l'embouchure du Missouri

jusqu'au bas du Mississipi, ne leur ayant laissé que

trois Jours pour l'évacuation de chaque poste qu'ils occupaient. Dieu veuille que la religion et la colonie n'en souffrent pas. Pontiak fut assassiné dans ce village en la seconde semaine après Pâques.

A ce moment, les habitants des Kaokias ou de la Sainte-Famille des Tamarois me supplient d'intercéder auprès de Votre Grandeur pour eux et leur église qui aurait besoin d’un prêtre résident. le les assure que vous le savez déjà et que vous ne pouvez l'oublier | que vous le voudriez autant qu'eux et moi; mais que vous êtes obligé d'aller aux malades les plus pressés , le plus en danger ; qu'ils sont moins à plaindre que ceux du poste de Vincennes , en aussi grand nombre au moins que ceux des Tamarois , et qui depuis six ans n'ont pas vu de prêtre et qui néanmoins sont , comme ceuxci, enfants de Dieu et de l'Église, et de l’évéché de Québec. Je ne vois pas que vous puissiez attendre aucun secours de la Nouvelle-Angleterre.

Je finis, Monseigneur, en vous suppliant de trouver bon que je laisse dans la suite à M. Gibault le soin de vous rendre compte. Accordez-moi bénignement le pardon d'une infinité de fautes que j'ai faites au service de votre Eglise, depuis vingtsept ans qu'elle m'a fait l'honneur de m’employer ,

malgré mon indignité. Je serai toute ma vie néanmoins avec le plus profond respect et la plus vive reconnaissance , Monseigneur , ” de Votre Grandeur,

le trés-humble et trés-obéissant serviteur,

S. L. MEURIN, Jésuite.

MONSEIGNEUR BRIAND AU KR. P,. MEURIN.

Québec, 22 mars 1770.

Mon RÉVÉREND PÈRE ,

Je réponds à votre lettre du 1# juin 1769 de la Sainte-Famille aux Kaokias. Ce que vous me dites de votre santé m'a beaucoup affligé. J'ai confiance en Notre-Seigneur qu'il vous conservera la vie, ne fit-ce que pour la consolation de M. Gibault et pour lui fournir les secours spirituels et l'aider de vos conseils. Je connais bien qu'il a beaucoup de travail, et que deux prêtres encore ne seraient pas

de trop Il n'ignore pas l'impossibilité où je suis

d'en envoyer de sitôt Il en est plus mort depuis mon arrivée que Je n'en ai ordonneés.

vie néanplus vive

erviteur ;

uite,

9 de la ne dites nfiance vie, ne ault et ider de oup de ent pas Je suis

depuis

Je sens que votre zèle souffre de voir tant de bien à faire qui ne se fait point. Ce que vous m'en marquez me cause aussi une vraie douleur. Ne sont-ce point les crimes des habitants et le peu de profit qu'ils font des moyens de salut qu'ils ont eus autrefois, et que le Seignenr ne leur à pas entiérement Ôtés, qui leur attire de la part de Dieu irrité, cette disette de prêtres ! C’est, vous le savez, le terrible et dernier châtiment que le Seigneur exerce contre les peuples indociles.

Je voudrais que M. Gibault, si sa santé le lui permet, parcourüt tous cesdifférents postes. C’est ce que Je lui ai prescrit à son départ. Ilne faut que se représenter les voyages d’un saint Paul, d'un saint Francois-Xavier et de tant d’autres hommes apostoliques pour se sentir animé et trouver son sort doux et heureux. J'espère , et il me l’a promis , qu'il ne se ménagera pas assez pour laisser tant d’âmes sans secours. J'ai eu bien du plaisir d'apprendre que vous vous trouvez bien à Sainte-Anne, et que les habitants avaient bien soin de vous. Marquez-leur ma tendre reconnaissance et promettez-leur de ma

part la récompense devant Dieu.

On ne peut assez déplorer l'ignorance et l'infidélité de tant de peuples au sujet des dimes. N'y eüt-il point de missionnaires , seraient-ils dispensés d'offrir au Seigneur les prémices des fruits de la

terre qu'ils ont cultivée ? N'est-ce pas une pratique religieuse aussi ancienne que le monde et en usage chez tous les peuples ? La dîme est une

offrande faite à Dieu entre les mains des ministres ,

que l'Église a destinée à nourrir les prêtres, qui

eux-mêmes sont obligés de donner le superflu aux pauvres où à l’ornement des autels , comme étant un bien sacré et déjà offert à Dieu; concluez de là qu'ils sont sacriléges. Mais je pense qu’ils ne le sont pas par ignorance, parce qu'ils ne regardent les dimes que grossièrement comme la solde ou le gage du ministre de Dieu, et de là ces faux raisonnements qui les conduisent à une impiété et à un vol sacrilége ; et c’est à cela que j'attribue les malheurs et la disette qui affligent cette colonie. Si c’est Dieu qui fait croitre le blé, et s'ils veulent qu'il donne sa bénédiction , il est juste qu’ils la méritent et se l’attirent par leur reconnaissance. Il faut que les lumières de la loi naturelle soient éteintes dans ces peuples. Je veux que vous et M. Gibault , sans craindre leurs sots raisonnements , les instruisiez de ma part sur cet article important à leur temporel autant qu'à leur salut. Malheur à nous si nous n'employons pas bien les dimes ; mais l’avarice ou le luxe des prêtres ne les excusent pas de les payer.

Les mariages des catholiques avec les hérétiques sont valides , mais ils ne sont pas licites; et les

une praonde et en

e est une inistres à êtres, qui perflu aux ame étant luez de là ‘ils ne le regardent de ou le iX raisoné etàaun > les mal- . Si c’est ent qu'il méritent faut que ites dans alt , sans uisiez de temposi nous arice ou s payer.

rétiques

* et les

— 9 — prêtres ne les doivent pas bénir , ni même s'y trou-

ver. Îci ces mariages , désapprouvés même par les

hiques, se font devant le ministre protestant. On

reçoit à pénitence les coupables , et, après une

épreuve convenable, on les admet aux sacrements

I s'en fait peu. Il y a ici et chez vous des cas réser-

vés au Saint-Siége ; mais vous avez le pouvoir d'en

dispenser en qualité de mou grand-vicaire,

On ne doit pas faire un crime à ces personnes extrêmement éloignés de prètres et auxquelles il est moralement imiossible, c'est-à dire considérablement difficile de venir trouver les prêtres , et où les prêtres ne vont jamais, d'avoir, en présence de témoins , contracté le mariage ; et c'était la pratique de mon prédécesseur de les faire renouveler leur consentement et de leur donner la bénédiction nuptiale. Il faut alors écrire sur vos registres l'acte et leur en donner copie.

Il ne faut point vous chagriner pour les personnes enterrées dansle cimetière. S'il était possible d’avoir un cimetière séparé , cela serait convenable. Sur les choses de discipline en général, vous pouvez céder à la force et dispenser. Ce que vous pourriez faire, ce serait de bénir les fosses à chaque fois selon le rituel, supposant que la sépulture d’un hérétique l’a pollué.

Je me recommande à vos prières, mon Révérend

Père , et je prie Notre-Seigneur de vous combler de ses grâces. Le P. du Jaunay, qui m'a averti de l'occasion hier au soir, vous dira des nouvelles de la Compagnie , qui subsiste toujours ici dans une grande tranquillité, travaillant avec son zèle et ses succés ordinaires à la gloire de Dieu et au salut des âmes, soit chez les sauvages dans leurs deux maisons , et quelques-uns dans des paroisses françaises Ils sont bien venus chez le gouverneur,

invités à diner , comme le reste du clergé, qui est honoré et recherché par tous les Anglais, surtout de

9 ’ l'armée.

Je suis , etc.

+ OLIVIER, éréque de Québec.

LE P. MEURIN A MONSEIGNEUR BRIAND

(EXTRAIT.) Prairie-du-Rocher, 11 juin 1770.

MOoNSEIGNEUR ,

M. Gibault passa l'hiver dernier, près de deux mois au poste de Vincennes. Ce pauvre peuple n'avait pas vu de prêtre depuis six ans. Aussi

ombler de averti de uvelles de dans une zèle et ses 1 salut des deux maisses franiverneur, , qui est surtout de

Québec.

près de re peu- . Aussi

y a-t-il fait un grand bien. Dieu veuille qu’il soit durable, et que Votre Grandeur puisse leur envoyer bien vite un missionnaire résident, Car de ce côté-ci

il est difficile et souvent impossible d'y porter se-

cours, moins à cause de la longueur et difficulté

des voyages, qu'à cause des sauvages ennemis qui

infestent les chemins. Son zèle s'exerce encore beau-

coup dans la colonie espagnole, d’où on vient le

chercher souvent. Car les Espagnols, en prenant

possession de leur nouvelle colonie, n’y ont amené

que des troupes, et point de prêtres, On dirait qu’au-

Jjourd’hui ils ne s’en soucient pas plus que les autres.

Néanmoins plusieurs de leurs habitants n'avaient

quitté ce bord-ci que par la crainte d'y perdre la

religion pour eux et pour leurs enfants. Ils avaient

quitté leurs établissements pour en aller faire de

nouveaux chez les Espagnols qu'on leur disait si

chrétiens. Ils se repentent aujourd’hui de ne m'avoir

pas écouté là-dessus. Ce ne sont pas ceux-là qui

refusent de reconnaître votre juridiction, mais ceux

qui commandent, etc.

LE MÊME AU MEME

A la Prairie-du-Rocher, 29 mars 1715.

MOoNSEIGNEUR,

Je me flatte toujours volontiers avoir une petite N. 7

place dans votre grand cœur, malgré la privation

de vos lettres depuis quatre ans. Ma conscience me rendant témoignage de mon constant et parfait dévouement, je suis tranquille.

L'année dernière j'eus l'honneur de vous informer , comme le marquaient les lettres de nos chères Ursulines de la Nouvelle-Orléans, que l’on avait publié dans cette capitale de la colonie espagnole la bulle de Notre Saint-Père le Pape , qui supprime et éteint à jamais la Compagnie de Jésus. Quoique je crusse le fait véritable , je n’ai cependant pu le regarder comme notoire pour moi dans cette partie. C'est pourquoi je n’ai pas cru devoir rien changer ni dans mes habits, ni dans le bréviaire, Messes et Fêtes propres ou de concession pour ladite Compagnie de Jésus. J'attends pour tout cela les ordres de Votre Grandeur, à laquelle Rome ne manquera pas d'envoyer ladite bulle.

Conséquemment, supposé le triste fait : libre , je supplierais et supplie votre charitable bonté de deve. nir paternelle pour moi et de m’admettre entièrement au nombre des vôtres, au lieu d’auxiliaire que J'étais depuis le 1° de février 1742. Je iw'estimerais heureux, si dans le peu qui me reste de vie, je pouvais réparer les lâchetés et les négligences dont je me suis rendu coupable dans l'espace de trentetrois ans, Si vous voulez bien m'adopter , je serai

privation ience me arfait dé-

us inforos chéres on avait agnole la prime et oique je pu le ree partie.

changer [esses et Compardres de lera pas

bre , Je le deve.

ntièreire que imerais je poudont je trente e serai

sur que vous me pardonnerez et demanderez miséricorde pour moi.

Enfin je vous aurai, Monseigneur, un surcroît d'obligation, si vous voulez bien m'accorder, à mon âge, à la faiblesse de mes yeux, et à ma dévotion particulière, la continuation des Offices et Messes qui m'étaient ordonnés et concédés par le Saint-Siége aux jours de nos Saints avec Octave, item des SS. Archanges Gabriel et Raphaël, duplex minus ; Vange gardien, duplex 2€ cl. le 1°" dimanche de septembre avec Octave; l'Expectation et Desponsation de la très-sainte Vierge, duplex mayjus ; et sub ritu semidupl. de S. Ignatio semel in hebdomada ; de SS. Xaverio et Aloysio Gonzagu semel in mense ; die jovis de SS. Sacramento ; de Conceptione in sabb. ; de Bü in ferialibus et simplicibus, tantum extra adventuin , quadragesimam , quatuor tempora et vigilias.

Tous ces offices sont insérés et placés dans nos bréviaires et missels; il faudrait les en arracher avec détriment. Si la continuation des Indulgences, qui nous étaient accordées, était pareillement en votre pouvoir, elles me seraient encore bien plus

précieuses que la facilité de réciter le bréviaire. Je me repose de tout cela sur votre bonté paternelle, qui, autant qu'elle pourra , fera en notre faveur tout ce que l'Eglise de Rome avait bien voulu faire.

Grâce à Dieu, je ne crois pas avoir jamais eu aucune part à ce qu’elle reproche au corps de la Société, et me soumets humblement à la peine.

M. Gibault est depuis la fin de janvier en courses apostoliques, dont il vous rendra compte de Missillimakinac. 11 ne doit revenir qu’à la Toussaint, si l'envie ne lui prend pas d'aller jusqu'en Canada. Sa paroisse, la mienne et les Kaokias ou Tamaroas m’exerceront un peu pendant son absence. Que Dieu veuille bénir ses travaux et les miens. Si mes vœux les plus sincères, chétives prières, etc..., peuvent vous être agréables, elles vous sont entièrement dévouées,

Monseigneur,

par votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Sé8. L. MEURIN, Prétre.

J'oubliais encore de vous demander la permission, que l’on accorde aux régiments réformés, d'user les vieilles ordonnances. Car je n’ai pas le sol. Mes dimes suffisent à peine pour mon pain; Je n'ai le reste que par aumône, et vis sans droit de me plaindre. Tout le peuple est pauvre; les récoltes trop modiques, les denrées à vil prix, les marchandises fournies trop chères , l'habitant endetté, et la

plupart sans pain et presque nus; puis-je me plaindre ?

u aucune ociété, et

| Courses le Missilsaint , si Canada.

‘amaroas ce. Que . Si mes +. peuentière-

rviteur,

permisformés, pas le n pain ; lroit de récoltes rchané, et la : plain-

LE MÈME AU MÈME

(EXTRAIT

23 mai 1776.

MonSEIGNEUR ,

Le peuple de ce pays n'est pas plus mauvais que celui du Canada. Il y a même plus de bon que de mauvais. C'est de temps en temps ma consolation, comme elle l’a été de MM. Taumier, Mercier, Gagnon, Laurens , très-dignes prêtres du diocèse , dont la mémoire est encore en bénédiction dans ce

pays. Les dames religieuses Ursulines de la Nouvelle-Orléans me demandent à toutes les occasions des nouvelles de Mgr l’évêque de Québec, qu'elles disent ne pas pouvoir plus oublier qu'elles-mêmes , et de leurs chères sœurs de Québec, de l’heureux sort desquelles elles ne peuvent s'empêcher d'être jalouses. Deux, ne pouvant plus soutenir leurs nouveaux directeurs, viennent de retourner en France après quinze ans de colonie.

Son Excellence M. Carleton a rappelé au détroit notre aimable et digne commandant , M. le capitaine Hugues Lord , que tout le monde regrette.

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