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que le sieur Jantard (second acquéreur des bieis de la Mission de la Sainte-Famille aux Kaokis , vendus au sieur Lagrange par M. Forget, vicaire-géneral de votre prédécesseur et curé missionnaire en lidite paroisse) était en marché pour les revendre à un Anglais. J'y allai former opposition de la part de Messieurs de votre séminaire, qui revendiquent ce bien, comme leur appartenant encore , avant ete vendu sans leur procuration et à leur insu par celui qui n'en était qu'économe, Je voulus encore appuyer mon opposition de votre nom, Monseigneur, pour Lx conservation de tous les biens appartenant aux églises, pour leur entretien et celui des Missionhures que vous daignez employer. M Forbes , commandant {il n'y a pas encore ici de gouverneur civil), me demanda mes lettres de commission. de lui montrai vos lettres et celles de M. le supérieur. \ux lettres de vicaire général il me répondit que M. de Gages ne leur ayant donné aucune instruc
üon , il n'en pouvait reconnaitre , et que cela
; paraissait une pure entreprise de votre part et de la mienne; conséquemment il me faisait expresse delense d'user de ces lettres et de prendre le titre de orand-vicaire dans aucune lettre, ni acte, nren publie, jusqu'à ce qu'il ait réponse de son général, et pour votre juridiction dans ce pass, et pour le
bien de Kaokias, me promettant néanmoins qu'il
RU ee ne serait pas mis en vente jusque-là. Le sieur Jantard passe en Canada , et de là à la Nouvelle-Yorck ou à Londres , pour avoir main-levée ou jouissance dudit bien. Celui du fort de Chartres est encore pour la même raison en danger d'être emporté par le fleuve. J'en ai fait lever et porter à la Prairie du Rocher les corps de M. Gagnon et du R. P. Luc, récollet , dignes missionnaires. C’est tout ce que j'ai pu.
I 4 a encore dans ce village des Kaokias le bien des Jésuites injustement saisi, confisqué et vendu par le gouvernement français, depuis la cession du pays à l'Angleterre. Si Votre Grandeur ou nos Missionnaires du Canada veulent le revendiquer , pour moi je nv demande rien , je suis trop vieux; mais j'y verrai toujours avec peine la chapelle et le cimetiere profanés servir de Jardin et de magasin aux Anglais, qui les tiennent à lover du sieur Jean-Baptiste Beauvais, qui, selon l'arrêt de confiscation et le contrat de vente et d'achat des biens, etc., était obligé de démolir lx chapelle et d'en laisser le terrain et celui du cimetière, incultes sous les débris. Il dit que depuis, le subdélégué , exécuteur de l'arrêt, le lui a vendu. Par quel droit ? Les armoires qui servaient aux ornements et vases sacres servent dans les appartements , ainsi que les vitres, autel et plancher, etc.
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Les reproches constants qui Je lui en fais le tiennent éloigné de moi et des sacrements depuis trois ns. de vous supplie de me décider là-dessus, et si, en cas qu'il se présente à moi où à un autre . on peut l'absoudre et le dispenser de remettre cela 4 l'église paroissiale, C'est toute ma demande; car il a acheté le reste, à ce que je crois, en bonne foi: mas non la chapelle et ses meubles, qui par l'arret doivent être détruits et consumés. Je vous supplie de décider en juge ou dispensateur souverain.
Depuis quatre ans que je dessers les paroisses anglaises , je n'en ai tiré aucune dime. Je n'v ai vecu que de la charité de quelques-uns et des rétributions de messes. Je les ai toujours exhortés à remettre Ja dime à la fabrique pour l'entretien des eglises et missionnaire, lorsqu'il y vient. Ils onttoujours, je dis les riches, prétendu ne rien devoir, lorsqu'il n'y a pas de curé résidant. Je vous prie de décider le cas, faute de quoi trois missionnaires ne pourraient subsister honnètement et seraient obhgés de laisser quelques villages abandonnés.
Bientôt Je ne pourrai plusrien faire, menacé par avance d’être rejeté, lorsque d'autres seront venus, le ne les en désire que plus ardeminent. J'ai toujours eu les pauvres pour moi. Des prêtres seront toujours aussi charitables qu'eux, et Dieu m'aï-
dera par eux , ou, s'il aime mieux, ce qui serait
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bien plus avantageux pour moi, il me fera participant de son abandon, Vous n'assignerez, si vous le jugez à propos , une place au coin de quelqu'un des presbytères du pays, ont je vous fais par avance mes trés-humbles remerciements. Heureux , st je puis recevoir la consolation des chrétiens, mourant avec Jésus-Christ, entre les mains de quelqu'un de ses ininistres |
Cela suppose que le gouvernement me souffrirait: car le P, Harding , supér'our à Philadelphie, m'écrivait, l'automne dernier, qu'ilsavaient avis et indices ‘on allait traiter les lésuites en Angleterre Coi..: en France, Espagne, Portugal et Prusse, et me faisait sc «dieux dans la crainte de ne l pouvoir plus. Que ne suis-je assez ennemi du diable pour mériter pareil traitement pour la troisième fois |
J'oubliai l'année dernière de vous demander si dans les prières publiques, saluts, ete., on dit l'oraison Pro rege et Te Deum, si raison échoit ou demande, ce qui n’est pas ici jusqu'à présent : si dans les serments, les Romains peuvent jurer sur la bible protestante, à cause des falsifications qui s vtrouvent, etc. Les protestants assistent souvent a nos Saints mystéres, messes et saluts, debout duis le temps d'adoration, élévation , bénédiction
du Saint-Sacrement ; aussi quand on le porte aux
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Te malades, etc. Les deux premiers commandants, M. Sterling et Farmar, à ma prière, avaient délendu de s'y trouver à moins qu'on ne voulnt tire comme les Romains. Vous pourriez peut-être obtenir du gouvernement le même ordre. Nos deux derniers commandants ne ressemblent en rien aux deux premiers, Ils m'ont fait défense de marier sans un permis que M. Reed faisait payer six piastres , dont cinq pour lui et une pour son secrétaire, Celui d'aujourd'hui ne fait payer que le secrétaire. Est-ce 1 coutume au Canada de ne pas marier les catholiques sans permission du magistrat où du commandant qui en fait fonction ?
Depuis que les Anglais ont pris possession de ce pays-ci, il n'y a pas encore eu de procession du Saint-Sacrement (je résidais de l'autre bord francoespagnol). Cette année, à la demande des habitants, je demandai à MM. les commandants anglais de permettre à la milice de prendre les armes, selon la coutume chez les Romains pour escorter le Saint- Sacrement , ce qu’ils ont refusé. Le temps n'était pas sûr, et je me trouvais indisposé et fatigué de l'avoir faite de grand matin de l'autre bord à Sainte- Geneviève. Je n’en fis iei que dans l’église , et pareillement le jour de l'octave. Est-ce la coutume au Canada de prendre les armes pour cette fête, et
pourriez-vous nous l'obtenir ?
Je me suis plusieurs fois trouvé embarrassé au
sujet du calendrier de Québec et transport des fe
tes, n'ayant trouvé personne qui put im 6én ins-
truire.…
Les Anglais donnent et traitent de l'eau-de-vie aux sauvages, tant qu'ils veulent, Le cas réservi subsistera-t-il pour les habitants qui ne traiteront
que pour leurs besoins , savoir huiles et viandes
Je ne vous ai pourtant encore rendu aucun compte de la grâce du jubilé, dont grand nombre ont profité, surtout aux Kaokias, où tous les communiants, à la réserve de deux, ont fait leur devoir avec édi fication. Votre lettre, adressée aux habitants des Kaskakias, à aussi produit de bons effets dans la plupart. Je l'ai lue au prône dans toutes les paroisses. Partout on à été trés-sensible à vos soins et vigilance vraiment pastorale. Plusieurs, qui se croyaient abandonnés, ont repris courage et se sont remis dans le chemin du salut, et parmi ceux-là , plusieurs sur qui mal à propos j'étais tenté de ne plus compter.
Il ne me reste plus qu’à vous demander, au nom des saints Apôtres, votre bénédiction la plus ample, prompte délivrance du fardeau trop pesant dont vous m'avez chargé, et vous assurer que Je suis et serai toujours, avec le plus profond res-
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Monseigneur ,
Votre trés-humble et tres-obeissant serviteur,
S. L. MEURIN , de la Comp. de Jésus.
MONSEIGNEUR OLIVIER BRIAND AU KR. P. MEURIN.
26 Avril 1769.
J'ai reçu en son temps votre lettre du 14 juin
1168 .. Je me suis trouvé heureux de vous ap-
prendre dans ces contrées abandonnées, Ni la Juris-
prudence , ni le pontifical, üii le parfait notaire ne
vous sont nécessaires dans la position où vous êtes.
Vous savez votre théologie et de la philosophie ;
avec de la raison et de la piété, dont votre lettre
vous montre abondamment fourni , vous ne pouvez que bien parler , bien agir et bien décider. Tous
mes vœux se bornent à la santé , à votre conserva tion pour bien des années. Je serai tranquille pour ce coin de mon diocèse, tant que vous vivrez... le me suis déchargé de cette partie de mon diocèse
(la partie franco-espagnole). Un prêtre , anciennement doyen de Québec, qui est à Paris, a la com-
mission de ma part d'agir pour cela auprés de l'ambassadeur d'Espagne en France Far pitié de ces pauvres Ursulines. Voilà bientot ingt-huit ans que Je suis informe combien elles ont eu à souffrir Ainsi bornez- vous aux catholiques dépendants d'Angleterre. Je naine guére à avoir sous mi juridiction des peuples que Je ne puis pas visiter , ni gouverner par des hommes de confiance. Je ne suis pas surpris que les Capucins n'aient pas voulu reconnaitre les pouvoirs qui émanent de moi, puisque ce n'était qu'à peine, par force , qu'ils se soumettaient à ceux que communiquaient mes prédécesseurs. Combien le P, Baudoin n'a-til pas eu à souffrir et quelle résistance n'a-t-il pas éprouvée de leur part |
J.-B. Beauvais n’a aucun droit de retenir les ornements et vases sacrés dont vous me parlez. Ils appartiennent à l'Eglise. I doit sous les remettre , comme étant mon grand-vicure , et aprés trois sommations, faites de ma part et en qualité de crandevicaire, de les rendre sous peine d’excomnmunication de lui et de sa famille, vous pouvez la lancer , s'il n'obéit pas ; et ilne doit pas être absous qu'il n'ait remis tout ce qui est consacré ou bénit. Quant aux biens ecclésiastiques qu'il a achetés,
cela est différent. Ce serait au peuple à poursuivre
la restitution en faveur des missionnaires; mais
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encore, comme ledit acheteur est de bonne foi, il hudrait lui rendre le prixet celui des améliorations, Silen avait fait, Point de dimes . point de sacrements. C'est une offrande faite à Dieu et que | Église attribue à l'entretien des missiconairess; et n°4 eûtl presque point de missionnaires, il faut qu'elle soit pavée : hors le cas de pauvreté, il faut tenir lerme, etne craignez point, pourvu que la prudence et la charité vous réglent, comme j'en ai la confiance, La religion est libre. J'aime mieux qu'ils se rendent protestants que d'être catholiques indociles, mauvais, scandaleux et capables de perversité.
Vous seriez bien venu ici ; mais J'espère que vous avez trop de zèle pour la gloire de notre Jésus et le salut de nos frères pour quitter, tandis que vous verrez Jour à faire du fruit. Les riches n’ont pas pris là religion les premiers, et il ÿ à à penser qu'ils seront les premiers à l'abandonner dans les derniers siècles du monde. Nous disons, dans les Saluts, l'oraison pro rege , ut quietam el tranquillam Vitam agamus, selon la doctrine de l'Apôtre. Je lai ordonné dès le temps que je n'étais que grandvicaire du chapitre , et cela se pratique toujours. N exigez pas que des protestants fassent aucun signe de religion en aucun cas. Dans des conversations on peut parler et s'expliquer modérément. Ceux qui pensent bien s'abstiennent d'assister, ainsi que N. 6