Admettre de nouveaux sociétaires
Ces mesures sont ensuite approuvées dans l'assemblée suivante.
Pour faire marcher les affaires de la Société, on devrait tenir souvent des assemblées générales; mais ce serait une perte de temps, un dommage pour les sociétaires, et encore la source d'une publicité inconvenante, souvent contraire aux intérêts et aux désirs des membres de la Société. Aussi trace-t on clairement dans les statuts et dans les règlements spéciaux les attributions des employés qui sont, du reste, surveillés. Les prêts et les dépôts sont accordés en général et dans une certaine mesure, par la présidence, qui, dans les assemblées, expose ce qu'elle a fait et quels sont les besoins de la Société. Les obligations, émises par les employés pour prêts et dépôts, sont au préalable signées par tous les sociétaires. Quand la Société a acquis un certain crédit, le public se contente de leurs signatures comme d'affaires propres; mais les actes sont faits au nom de la Société. On accorde pour cela à la présidence la procuration nécessaire.
A Delitzsch, la présidence et le comité signent les obligations de prêt et de dépôt jusqu'à concurrence de 50 thalers (fr. 187 50) et à bref délai, c'est-à-dire à échéance non au-delà de trois mois.
Pour l'administration d'une Société d'avances il faut les employés suivants:
a) Un président ou un directeur qui a le gouvernement des affaires;
b) Un caissier et un comptable ;
c) Un comité ou conseil d'administration plus ou moins étendu pour alléger la responsabilité des employés ou pour les surveiller.
On règle les attributions des employés suivant la nature des affaires de la Société. Pour les opérations de banque proprement dites, comme à Eisleben, Meissen, Lukau, Eilenbourg et autres lieux, le président ou le directeur et administrateur, tout au plus avec le concours du caissier, a une procuration plus ou moins étendue, et fait des prêts et des escomptes, au moins jusqu'à un certain chiffre, selon les notes de crédit des livres.
L'administration se dirige d'après le caractère des opérations de la Société.
Si le commerce de la Société se tourne vers des opérations de banque, on prend, pour traiter les affaires des personnes capables, choisies avec soin, et avec le consentement du conseil d'administration qui contrôle et revoit caisse et livres. Au contraire, dans les banques des petites villes de province, où prédomine le commerce industriel, le pouvoir exécutif, aussi bien que la représentation de la Société, est composé d'un président, d'un caissier et d'un comptable qui ont aussi le contrôle de la caisse. Un comité de 16 à 12 personnes décide des affaires intérieures, les emprunts à contracter, les prêts à accorder. Ces décisions se prennent dans les assemblées ordinaires et hebdomadaires du comité, dont on fait le protocole. C'est au président à accorder ou à refuser les prêts, sur demande écrite qu'on remet au caissier comme un bon à payer, ou qu'on rend comme réponse au sociétaire qui a fait la demande. L'avantage de ces délibérations ordinaires, c'est que les individus qui y prennent part se communiquent réciproquement ce qu'ils savent de la position économique et personnelle des emprunteurs, et peuvent par conséquent conclure en connaissance de cause et mieux qu'avec un simple vote, s'il convient d'accorder ou de refuser. Les discussions réservées sur la position de ceux qui cherchent à emprunter de l'argent, n'ont produit jusqu'ici aucun inconvénient, car le comité est composé d'amis et connaissances obligés de garder le secret le plus rigoureux.
Le nombre des membres du Comité dépend de l'importance des affaires de la Société, et surtout du nombre de ses membres.
On a soin de choisir des personnes au courant de la position économique des sociétaires ou du moins des classes auxquelles ils appartiennent, et qui soient réputées honnêtes, solides et habiles.
On partage d'ordinaire les grandes localités en districts, de chacun desquels on prend deux ou trois personnes de confiance pour les interroger au sujet des demandes d'emprunt des sociétaires, avant la décision du comité central.
Les présidents et les membres du Comité, forcés d'observer les statuts et les décisions de la Société, ne sont pourtant pas responsables des inexactitudes des emprunteurs et des garants. Ils assument des obligations si multiples et si graves, que s'ils avaient encore à répondre des pertes éventuelles, ils procéderaient avec trop de rigueur pour accorder les prêts ; ils ne pourraient plus en accorder qu'aux gens aisés, résultat contraire à l'idée de la Société. Ils participent, comme sociétaires, aux bénéfices et aux pertes ; c'est une garantie suffisante.
Les employés gratuits conservent leur charge un an, les employés
rétribués plus longtemps, le caissier et le contrôleur deux ou trois ans.
On déroge pourtant à cette règle quand la Société se fonde ; alors on
•change plus souvent les employés, pour mieux connaître leur capacité,
et avoir une base pour déterminer les honoraires.
Caisse et comptabilité.
Pour procéder avec ordre et sûreté dans les affaires de la Société, on place près du caissier un contrôleur qui surveille le mouvement de la caisse et tient les duplicata des notes de crédit et des livres.
L'administration de la comptabilité est réglée d'après le caractère de la Société. Si elle fait des opérations de banque proprement dites, sa comptabilité est commerciale et requiert des personnes intelligentes et exercées ; s'il n'en est pas ainsi et qu'on emploie des ouvriers sans expérience, il faut en quelque sorte les instruire tout exprès.
La Société d'Eilenbourg, qui tient le miheu entre les deux, a les Uvres suivants :
1° Un journal de caisse pour l'entrée et la sortie, disposé en colonnes séparées.