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DEUX MOTS DE CONCLUSION

Aux Banques de l'avenir que je propose, on peut aussi appliquer plus largement quelques règles adoptées par les Sociétés d'avances de Prusse, fondées avec tant de succès sur le principe: Aide-toi toi-même.

L'application de ce principe fécond doit sans aucun doute produire d'immenses avantages pour les classes peu aisées, au point de vue du rapport de leur travail, de leur bien-être matériel, de leur pleine émancipation pacifique, civile et politique en harmonie avec le progrès universel de la civilisation, contient le seul moyen possible de procurer le crédit à ceux qui sont privés de moyens et de capitaux matériels, mais qui travaillent avec intelligence, avec une habileté progressive, avec constance, épargnant chaque jour quelque chose sur leur salaire ou sur le profit de leur industrie.

C'est une vérité démontrée dans tous les pays où se fondent des Sociétés de travailleurs d'après ce principe, en Angleterre, aux Etats- Unis et en France après le développement des ateliers nationaux. Ces Associations, pour se sauver et prospérer, recourent au puissant levier: Aide-toi toi-même. C'est à ce principe que se rattachent les hommes dans les grandes nécessités, et ils en retirent toujours des avantages audelà de toute espérance. Pendant la révolution française on fonda, môme à Paris, une Banque d'escompte sur le principe: Aide-toi toi-même. Je finis par une citation d'André Cochut, qui dit en parlant de la Caisse d'escompte de commerce: « Elle avait pour base l'association sohdaire de cinq ou six cent petits industriels et boutiquiers qui choisissaient dans leur sein un conseil de douze administrateurs pour trois mois seulement, mais réélégibles. On s'y préoccupait moins de procurer des dividendes aux actionnaires que de faciliter les transactions du commerce, et avec un faible capital de 6 millions en espèces et des garanties hypothécaires pour 20 millions on avait trouvé moyen de porter le chiffre des escomptes réels à 150 millions de francs au taux de 9 pour cent, très-modéré pour l'époque ». — 133 Sociétés d'avances allemandes, fondées sur le principe: Aide-toi toi-même, ont, en 1860, avec thalers 41,642 (fr. 156,157 50) fait pour 8,478,489 thalers d'avances (fr. 31,794,333 75), et n'ont perdu que 1490 thalers (fr. 5,587 50!). Nous verrons dans le Supplément l'immense progrès qu'ont encore fait ces prodigieuses institutions.

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