‹ BaonlChapitre 17 sur 22 · CORA · texte numérisé non relu

CORA

Plus bas, Uncas, plus bas!

CSCAS.

Que crains-tu? Rien ne peut l'arracher de mes bras.

J'ai langui si longtemps dans cette servitude,

De craindre, de trembler j'avais pris l'habitude...

Uncas la rassure, tous deux s'éloignent en voyant paraître Empsaêl qui vient au tombeau de sa mère, sur lequel Almiri a élevé un tertre de gazon.

Empsael a confié Zoraïde au vieux Magua, — il s'agenouille devant le tombeau de Mirrha.

Que mon cœur est serre!... Là... couverte do terre... Au froissement du sol sous mon pied incertain, Je sens un froid mortel se glisser dans mon sein... Elle est morte! — ma main n'a pas clos sa paupière! Elle est morte de faim, de douleur, de misère !

Pauvre, pauvre 51irrha! déjà froide, ta maiu

N"a pu toucher la mienne, et Ion regard éteint

Na pas vu tes enfants, et tes lèvres glacées

Du long baiser d'adieu n'ont pas été pressées!

Demain, quand nous allons quitter ces bords sauglants,

Va, ne redoute pas que tes tristes enfants

Veuillent te laisser là... te laisser à la terre I

Tu viendras avec nous, Mirrha, ma bonne mère ;

Au delà du grand lac j'emporterai tes os;

Là, près de tes deux fils, dans un lieu de repos,

Tu dormiras tranquille; un tamarin sauvage

Recourbera sur toi son lugubre feuillage;

Chaque jour, quand viendra l'heure triste du soir,

Empsaël, Almiri, viendront tous deux te voir...

Mon père !

En effet, c'est Almiri. — Magua a été blessé, Almiri amène Zoraïde à son frère. — Zoraïde n'a qu'une pensée, c'est le danger que court son père; Empsaël lui promet qu'il pourra s'éloigner sans crainte; — mais quand il apprend que Zoraïde veut le suivre, il entre en grande colère ; — il prie, il menace, — puis il revient à la prière.

Ne dois-tu pas uu jour être épouse, être mère,

Ne dois-tu pas un jour abandonner ce père,

Ce père, dont l'amour ne se montra jamais

Que pour rompre des nœuds qu'alors lu chérissais?

Oh ! viens, ma Zoraïde, oh! viens, ma bien-aimée,

Respirer du désert la brise parfumée !

De l'ombre des palmiers viens goûter la fraîcheur ;

Viens dans ma case, viens; là sera le bonheur.

Ma case I avec quel soin elle sera parée!

Toujours de vert feuillage au dedans décorée;

Au dehors, les rameaux des citrunniers épais Eu cacheront le faite aux regards indiscrets, Et sous les verts abris de leur paisible onabrage, Tranquilles dans leur nid, sautant sous le feuillage, Les oiseaux du désert chanteront tout le jour. Le gazon sous tes pas s'étendra tout autour.

Le bonheur nous attend. — Un jour tu seras mère.

Mère, ma Zoraïde... Ah! quel doux ministère!

Qu'il est charmant, ce mot! — L'as-tu bien entendu?

A ton sein palpitant un enfant suspendu;

Ses bras tendus vers nous aussitôt qu'il s'éveille,

Sa voix confuse encor, hormis à notre oreille.

Et bégayant déjà ton titre précieux...

Ses regards incertains cherchant déjà nos yeux...

Ah! que cet avenir nous présente de charmes!

Tu ne me réponds pas, mais tu verses des larmes...

Zoraïde! 0 destin, je brave ton courroux !

Tu nie verrais sourire accablé sous tes coups.

Frappe, je te défie !...

Les esclaves vainqueurs envahissent la scùne ; — ils demandent la mort de Fernandès.^ — Empsael et le vieux Magua veulent le défendre; mais leur voix est étouffée par les clameurs. — Empsaël prie, menace, défie ; — dans un moment où la fureur des esclaves redouble, — Zoraïde embrasse son père en s'écrianl ;

EmpsaëL défends-nous!

Empsaël se jette au-devant d'eux le poignard à la main ; — - il mourra s'il le faut. — Au moment du plus grand tumulte, — - Fernandès s'écrie :

Esclaves, arrêtez, vous voulez mon trépas? Je mourrai, mais du moi^'S jamais ma Zoraïde N'épousera ce noir.

EMPSAEL.

Elle esi à moi, perfide!

FErOÎASDÈS.

Quoi! ma fille épouser un esclavel jamais! Elle meurt avec moi, je mourrai sans regrets,

EîIPSAEL.

Elle meurt avec toi ! cruel! qu'oses-tu dire?... Mon épouse...

FERN'ANDÉs, la frappant de son poignard.

Prends-la, la voilà! tiens!...

ZORAIDE.

J'expire !

EMPSAEL.

0 dése>poir affreux I elle meurt...

ZORAIDE.

Dieu du ciel!

Pardonne au meurtrier, à mon père... Empsaël!..,

Elle tend la main à Empsaël et tombe morte sur la tombe de Mirrha. — Empsaël s'agenouille auprès de son corps; mais, pendant ce temps, Diego, qui s'est enfui, a rencontré ce purent de Fernandès que l'on attendait à l'habitation. Ils arrivent avec des troupes, et les esclaves sont entourés.

CNCAS.

Amis! tout e>t perdu!

ALMIRl.

Comment?... que signifie...

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