DRS AMANTS
« Vos sources cachées, nous en avons soif! Vos baumes, nous en avons faim! Vos alcôves, nous en sommes avides ! Ces sentiers qui vous enrubannent et mènent Dieu sait où! nous ne demandons qu'à les suivre; ces bruyères complices, nos corps les fouleraient avec transport!... Faut-il donc nous contenter du souffle des sapins évoquant, au passage, l'étable,
LKS BOIS ir.T.LîSOlRES
la hoiiiîe litière, un calme sommeil de bêtes?...
Oui, hélas!... »
(( défeinse
de pénétrer
dans cks rois
sous peine
d'amende »
Quoi (le plus divertissant, en ee moment, que les bois, tous les bois de France!
L'herbe y est tendre pour mieux vous caresser mes enfants! Des ru seaux y courent sur cailloux et sous les saules pour mêler leur gazouill au vôtre, mes enfan
i44 RARABBAS
L'écorce des arl)res est noueuse et rude : pour vous aider à grimper, mes enfants! Les vieux trônes résineux répandent leurs gommes : pour votre goûter, mes entants! Les lialliers vous appellent; disputez au\ ronces vos culottes, aux broussailles l'étoffe rude de vos jaml)es, le cuir de vos pieds nus.
LES EN F A M s :
« Parbleu' Si ce n'était que cela!... Mais nous savons lire : » il y a des pièges \ lolps ue posés ». Pourquoi pas des mitrailleuses?
;; Quoi de plus secourable, en ce moment, que les bois, tous les bois de France!
Ils meurent et renaissent pour le soulagement des malheureux. C'est pour eux sans doute, ces brindilles, ces branches sèches, tout ce bois mort On
vient le ramasser des hameaux voisins. Comme il pétillera, l'hiver prochain, pour la fête des yeux et le
LES BOIS ILLUSOIRES i45
réveil du san^ ! Ouellc sallarelle danseront dans l'àlre les flammes arrogantes! His(jue-toi, vieux; ne crains rien, pauvresse.... Pas de clôtures, cette fois, pas d'écriteaux, pas de pièges... enfin !