‹ BarabbasChapitre 21 sur 34 · UN GARDE · texte numérisé non relu

UN GARDE

« .le vous V prends? Ne savezvous point que cette chasse est gardée? Je vous dresse / procès -verbal. Comment vou- 1 e z - V o u s cju'on tue le gibier, si vous l'effrayez? Il

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faut inspirer confiance au faisan, si l'on désire (ju'il n'abandonne pas ses œufs. ^lais je comprends — Vous vous foutez du gibier; vous n'en mangez pas. Apprenez qu'on en mange au château. Kt puis, ce bois mort (jue vous vous appropriez, il appartient à mon maître qui le vend ou se chaufie avec, à son gré Allez, votre compte est bon! »

Quoi de plus engageant, en ce moment, que les bois de banlieue!

C'est la promenade et la joie du dimanche, la récompense du travail, la compensation que se promettent les victimes de l'atelier, du magasin, de la fabrique, de l'usine, les petits ménages du faubourg, les familles nombreuses entassées, pour dormir, dans les logements où l'air et la lumière rivalisent d'économie.

Le bois suburbain, c'est l'dlustration de la romance perpétuelle que chante, en besognant, l'ouvrière : le gazon, la fleur et l'oiseau; c'est l'oasis dans le désert des jours, l'eau fraîche bue au creux de la main, le nom gravé au cœur des arbres, les jeux de l'enfance

LES lîOlS ir.LUSOIRES i i;

réappris, la naïveté de l'àmc' populaire grisée de verdure et de brises, le hoiid joveiix de la bête détachée du piquet et traînant, avec surprise, sa longe

i/admiisistratiojn :

« Désolée Mille regrets! Mais ces bois, ces

forêts, sont la propriété de l'Etat, qui seul a le droit de les dévaster et de permettre ties coupes. Est-ce dans l'intention d'établir un nouveau champ de courses? Représentez-vous une Société privée de tir ou bien cherchez-vous un emplacement propice à l'installation d'un stand militaire? Non? ("'est donc nniquement la cause des promeneurs et des pauvres

([uc vous plaidez Mais les promeneurs et les

pauvres ont les routes. N'est-ce pas suffisant pour eux? »

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