ACTE PREMIER
LE COMTE
Parlons d’autre chose... Il faut avouer que ton maître est un drôle de corps.
POPOLANI, se lioublaot.
Comment.»
LE COMTE
Qu’est-ce qu’il peut faire de toutes ses femmes... Cinq en trois ans, car il est veuf, je crois?...
POPOLANI.
Depuis jeudi.
LE COMTE
C’est bien drôle I...
POPOLANI.
Dites que c’est triste...
LE COMTE
Oui, triste... et ça peut inspirer des soupçons...
POPOLANI.
Mais, vous vous trompez... je vous assure...
Je sais qu’il ne faut pas examiner de trop près la conduite des hauts barons... Ahl s’il s’agissait d’un simple charbonnier, il y a longtemps que... enfin, parlons d’autre chose... Qu’est-ce que tu viens faire ici?
POPOLANI.
Chercher une rosière... une fantaisie de mon maître... il a envie d’en couronner une.
LE COMTE
Plût au ciel qu’il n’eût jamais songé à employer son temps d’une autre manière...
POPOLANI.
J’ai lancé une petite proclamation. Toutes les jeunes filles du village sont averties. Elles viendront ici dans un auart d’heure...
LE COMTE, en riant.
Los jeunes filles du village... et tu es sûr de trouver parmi elles?...
POPOLANI.
Dame, vous savez... sûr...
LE COMTE
Bah!... on est toujours sûr... Moi, quand, par ha'ard, mon maître, le roi Bobèche, a envie de couronner une rosière, j’ai un moyen pour en trouver une.
POPOLANI.
Quel moyen ?...
LE COMTE
Je rassemble un certain nombre do jeunes filles et je les fais tirer au sort.
POPOLANI.
C’est une idée...
LE COMTE
Excellente !... car elle répond à tout. S’il n’y a pas do rosière, on en trouve une tout de même... s’il y en a plusieurs, on en choisit une sans faire de jalouses.
POPOLANI.
C’est vrai; j’appliquerai votre idée.
LE COMTE
Tu feras bien. Parlons d’autre chose.
Il passe ii droite.
. POPOLANI*.
De quoi parlerons-nous?...
LE COMTE
Parlons de ce que je viens faire ici, moi ; j’y viens chercher ane jeune princesse.
* Populani, le comte. •