F. LAURENTIE, Op. cit., p
2. D' J. GRASSET : Demi-fous et demi-responsables. Les tares psychiques dans la supériorité intellectuelle. Paris Alcan, 1907, p. 160.7
Éropalires tels : Villiers de l’Isle-Adam, Barbey d’Aurevilly, le Sâr Péladan. »
Certes, nous admirons Grasset, et son opinion, comme neurologue, a plus de valeur, à nos yeux, que les critiques de MM. Seillière et Bachelin. Il nous sera permis toutefois de la discuter.
On ne juge pas en trois lignes, fût-on Grasset, un écrivain comme Barbey d’Aurevilly, sur des bizarreries de costume. Quant à son existence, elle n’eut rien de bizarre. Elle fut celle d’un homme de lettres qui demandaït à un labeur souvent acharné les moyens de vivre. Car nous voyons que Barbey se refusait même, certains soirs, le plaisir d’aller dîner chez de bons amis, parce qu’il était rivé à sa table de travail par l’article qu’il devait remettre le lendemain à son journal, et il avait besoin des 500 francs par mois qu’on lui allouait pour prix de sa collaboration.
« Bohême, dépensier, coureur, ribaud, que sais-je? Il a dit qu’il fut tout cela, maïs en le disant il a fait de belles phrases et n’a pas su couper le jet d’une ‘imagination trop puissante. Si nous l’en croyons, nous manquons de critique. Sa vie habituelle a été rangée, son « ménage » n’augmentait pas ses dettes, et la race bourgeoise des Barbey normands se retrouve encore ici. Non, le connétable n’avait pas de notes chez la fruitière'. »
Ces lignes de François Laurentie, auquel il faut toujours revenir si l’on veut comprendre la psychologie de Barbey d’Aurevilly, sont parfaitement justes. Prendre à la lettre tout ce qu’a écrit ce grand imaginatif, c’est « manquer de critique ».
M. Seiïllière, et M. Bachelin n’auraient-il pas, dans une certaine mesure, « manqué de critique »? Et Grasset n’aurait-il pas, lui, manqué d’information, et par conséquent jugé un peu vite, un peu superfciellement, Barbey d’Aurevilly ?
Mais, d’ abord, que veut dire M. Bachelin par « névrose littéraire »? Nous n’en savons rien. Il faudrait tout de même s'entendre sur la valeur exacte des termes qu’on
emploie.