‹ Barbey d'Aurevilly et la MédecineChapitre 5 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La médecine est le domaine du savoir, dont on peut dire le plus certainement : rien de ce qui est humain ne lui demeure étranger. Elle prend l’homme tout entier, corps et âme. Vivant, elle l’observe, elle l'analyse, elle l’ausculte, elle le retrouve sous la maladie. Mort, elle ne recule pas devant l'ouverture de son corps et la dissection de son cadavre. La littérature, qui est l’art de peindre et de représenter l’homme par le style, apporte à la médecine les immenses ressources de ses créations. Aussi bien, par les emprunts et les échanges qu’elles se font constamment, la médecine et la littérature apparaissent-elles comme deux sœurs siamoises, l’une plus positive et plus systématique, l’autre en apparence plus artiste, mais en apparence seulement, car il y a aussi une poésie de la médecine... Non seulement une poésie des choses : quel spectacle plus digne d’inspirer un écrivain que celui d’une salle d'hôpital, voire d’un amphithéâtre? Telles les pages saisissantes de La Pierre d’Horeb, dans lesquelles Georges Duhamel a gravé la vision des pavillons d'anatomie de « Clamart ». Mais aussi une poésie des âmes, celle de l'homme devant la souffrance humaine.

L’humanisme médical n’est pas seulement un joli mot. Les médecins, qui comptent déjà parmi leurs illustres confrères l’un de nos plus grands écrivains, Rabelais, et le pre-

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