MINERAUX
Le Bas-Niger, jusqu'ici, ne paraît pas renfermer de grandes richesses minérales; le pays n'a guère été exploré que le long des rives et peu ou point dans l'intérieur des terres ; les naturels eux-mêmes ne s'écartent pas beaucoup de leure cases.
Seuls les musulmans peuvent parcourir, en guerriers dévastateurs, les contrées de ce pays, et ce n'est pas eux qui nous apporteront jamais des renseignements de quelque nature que ce soit.
Cependant le fer et le cuivre existent; l'extraction se fait par les moyens les plus primitifs.
Il y a dans le Noupéune terre argileuse fort remarquable, qui sert à faire des alcarazas, des lampes, des cruches et des poteries de toutes sortes, pour brûler l'encens du pays et d'autres odeurs.
On trouve aussi de l'ocre avec lequel les femmes se fardent la figui'eet (|uelquef()is même tout le corps.
Je n'ai jamais vu d'eaux thermales, ni minérales, pas plus dans le Niger que dans la Bénoué.
Je terminerai ce chapitre par une recette que mon interprète Abbegga m'a donnée mystérieusement et qui consiste à faire le poison dans 1ef(uel les noirs trempent leurs flèches afin de rendre les blessures mortelles.
J'avoue que je n'ai guère confiance dans la bouTie foi fV Abbegga; le brave homme s'imagine qu'en sa qualité d'interprète, il ne lui est pas permis d'ignorer quoi que ce soit et qu'il est forcé de rép()n<lre à tous les renseignements qu'on lui demande sur son pays.
Voici donc cette fameuse composition, je la donne à titre de curiosité :
« Il y a un arbre appelé, en langue haoussa : konkani ; il produit un fruit de forme ovale et à semences.
« Ce fruit a eriviron cinq centimètres de largeur et vingtcinq de longueur, comme nno grosse et grande fève de la famille des légumineuses; on prend UTie poignée de graines de ce fruit qu'on met dans un litre d'eau, avec la tète d'un serpent appelé Kobohoua, en langue haoussa; on ajoute une tète de tabac et on fait bouillir.
« A part, on met en ébullilion une poignée de racines d'un arbre nommé Gosca, dans un litre d'eau, puis on fait Je mélange et on fait n^bouillir le tout, jusqu'à ce qu'on obtienne une liqueur noire, dans laquelle on trempe la pointe des flèches ou des lances, dont la hlessure est mortelle.
« Si l'on buvait une cuillerée à café de ce poison on trouverait Ja mort.
« Signé : Abbegga. »