‹ Bas-Niger, Bénoué DahomeyChapitre 14 sur 25 · INSECTES · texte numérisé non relu

INSECTES

Pour décrire le monde des insectes, il faudrait un volume et, comme je le disais plus haut, il faudrait être savant. Je m'en tiendrai donc à l'humble moustique qui m'a tant tourmenté, et aux chiques, qui, pénétrant sous la peau, déposent leurs œufs assez profondément dans les chairs; si on n'y prend garde, elles peuvent causer de grands désordres. J'ai vu des Kroumen estropiés par ces petits insectes, qui ne nous ont guère épargnés non plus.

On les extirpe très facilement au moyen de la pointe d'une aiguille; l'opération doit se faire aii début, c'est-àdire dès que l'on ressent des démangeaisons avec accompagnement de piqûres aiguës.

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VÉGÉTAi:X

iidirait que le très humide climat du Niger, si perfide poi ii' l'existence de Thomme blanc, a réservé toutes ses /a. v^€3 urs pour la végétation.

X^^s arbres qui, au point de vue commercial, paraissent le^ j.3lus importants, sont: Parbrc à beurre (le karité) et le p^3L 1 i^nier.

<« Le karité, dit M. le général Faidlierbe, dans V Atlas

^c^^<:>^ia/, porte un fruit, une amande, qui, pilée et traitée

p^^ i^ l'eau bouillante, donne une matière grasse, un véritable

b^ v xi:*re : le beurre de galam employé par les indigènes dans

^^ ^--■-i"' alimentation.

^ Ce beurre se conserve pendant fort longtemps. ^ Cet arbre remarquable fournirait, en outre, par incision, ^'^ 5^iic qui pourrait remplacer la gutta-percha. »

ï^ans le delta du Niger, il n'y a pas un seul de ces arbres,

^^ ï^>^*est que dans le Noupé et le Haut-Niger qu'il pousse à

pi*of vision. Cet arbre ressemble au chône d'Amérique. Le fiuit

^^^ l^on à manger; sa pellicule fine et verte ressemble h une

P^"^r\e; on extrait le beurre du noyau qu'on jette dans l'eau

"^^illante après l'avoir exposé au soleil.

■*1 est très propre à la fabrication du savon et des bougies. Los Anglais le désignent sous le nom de schea-biitter (^«"l^re à beurre), et les Français l'appellent chabot a.

Généralement, on échange du sel contre du chabota. exportation se fait par milliers de barils. L'ivoire, le cha- ^to. et l'huile de palme, sont les produits qui rapportent le P '-^^^ ainsi que nous le verrons plus loin.

-''^I^rès l'arbre à beurre, nous citerons le palmier h huile ; ^* O^rbre est au Bas-Niger ce que l'arbre à beurre est au ^^^Ven-Niger.

''^^s régimes de ce palmier fournissent un fruit vermeil ^t la pulpe est soigneusement récoltée par les femmes

qui fabriquent Tliuile de palme. L'amande du fruit donne également une huile plus fine, dont nous nous sommes souvent servis h bord de nos bateaux pour graisser les machines, lorsqu'il nous arrivait parfois de manquer d'huile (rEurope.

Imi Algérie, nous ne possédons en fait de palmier que le dattier; mais ici les palmiei's sont représentés par de nombreuses espèces, et c'est précisément le -dattier que nous n'avons pas. Je n'ai i)as vu une datte durant les cinq années (jue j'ai passées au Niger. . ;

Citons : le rônier qui est à Tabri des insectes et qui fournit par conséquent un excellent bois de construction, le cocotier ((ue tout le monde connaît, le chou palmiste, le tamarinier dont le fruit entre dans la composition d'une espèce de bière appelée pito^ et le bois sert aux constructions.

Comme arbres fruitiers, nommons : le cognassier, qui fournit de nombreuses espèces, l'oranger, le citronnier, dont les fruits restent verts même lorsqu'ils ont atteint leur maturité et dont les fleurs et les fruits ornent simultanément et perpétuellement les branches ; le bananier, dont les espèces varient selon les lieux ; le papayer, des amamons et des ananas en très grand nombre.

J'ai vu et extrait moi-même par incision, faite avec un canif, l'arbre et liane fournissant le caoutchouc. Le cotonnier et l'indigotier sont en grand nombre, mais le coton laisse beaucoup à désiitîr ; le fromager atteint deux mètres de circonférence, huit à dix mètres de hauteur.

Comme bois de construction, nous avons : les bois de fer, Tacajou, qui sert à faire des pirogues, le santal rouge, etc.

Dans le Niger moyen, des forêts de bambous servent aux constructions et t^ la fabrication de meubles. Ces bambous atteignent dix mètres de hauteur et quinze à vingt centimètres de diamètre au tronc inférieur. C'est au moyen d'assemblages par superposition que les indigènes construisent des meubles fort curieux et d'une certaine solidité.

Citons aussi le fameux baobab, le géant des forôts, qui atteint jusfju'à trente-cinq mètres de circonférence; on

cette province, que s'ccliappe la principale coulée de cette immense rivière ; il m'a lui-môme raconté qu'il pourrait se faire que la Dénoué se reliùt au bassin du Cliari, grand fleuve qui se jette dans le lac Tchad.

Quoi qu'il en soit, ce grand affluent du Niger coule presque en droite ligne de l'est à l'ouest, en s'inflécl lissant légèrement vers le sud, sans présenter aucun méandre, et vient se jeter dans le Niger à Igbébé, en face de Lokodja.

Son lit est en plaine ; deux chaînes de collines longeant les deux rives, à une très grande distance, bornent rhorizon.

Les steppes riveraines sont presque entièrement dépourvues d'arbres ; de grosses touffes (rherl)es, semblables de loin à de l'alfa, couvrent cette grande plaine.

Durant son parcours, la Bénoué reçoit de nombreux aflluents, dont les principaux sont, sur la rive droite : Sungo, Kaddera, Gongola, et sur la rive gauche : Mayo-Béli, grossie par le Fouro, qui se jette près d'Yola.

L'année peut se diviser en deux grandes saisons : la saison sèche et la saison pluvieuse.

Vers la fin du mois de mai, les eaux montent et la rivière devient alors navigable ; les bateaux calant six pieds et jaugeant deux cents tonneaux, peuvent remonter jusqu'à Djel)ou et très probablement au-dessus. C'est en mai et en septembre que les eaux atteignent leur plus grande élévation. Les Anglais ont construit des bateaux à coquille plate, qui peuvent porter jusqu'à quatre cents tonneaux.

Dans la seconde quinzaine du mois de novembre, les eaux commencent à baisser plus précipitamment que celles du Niger, et du soir au matin, on est exposé h se réveiller sur le sable.

Nous avons eu un navire, le Nupôj qui s'est échoué dans la Bénoué, le 7 novembre 1883, en remontant à Ibi, et il n'a été renfloué, par la crue des eaux, que le 6 juin 1884.

Les eaux du Niger, en 1883, ont baissé prématurément et quatre bateaux français ou anglais ont dû passer six mois à la belle étoile. 11 était triste, mais très curieux, de voir ces bateaux, dans rextréme sécheresse, perchés au sommet

- loi —

mange son fruit qui est vert, la feuille est un fébrifuge qui l'end de grands services aux noirs ; enfin le i)ois sert à faire clés pirogues, malheureusement il est mauvais. L-arbre est cireux, il peut abriter les voyageurs et souvent les fauves et les reptiles.

Le café, la canne à sucre, le tabac, le ricin, le sésame, diverses qualités de riz, le maïs, le mil, les ignames, le manioc, les patates douces, le piment, les courges poussant à merveille dans tout le Niger moyen.

L'arachide, qui, comme plante oléagineuse, est une des pi lis grandes ressources du Cayor, est cultivée avec succès, /110.ÎS simplement comme plante légumineuse; les indi- €s la mangent comme des haricots. Espérons que les ^lais sauront bientôt initier les noirs à la cultiver sur m^e^ très grande échelle, comme à la cAte du Sénégal.

ai semé avec succès à Brass, h Onitcha et à Lokodja graines de France, et j'ai rapidement obtenu : radis, t^^ i^irx ates, haricots, choux, oignons, salade, persil.

L-«s graines provenant des légumes ci-dessus n'ont P ^"^^^que rien donné l'année suivante. Il faut avoir soin de ^ ^riiployer que des graines d'Europe. J'ai essayé plusieurs f^is et en divers lieux de planter des pommes de terre, sans 3^ï^>^ sis réussir.

I— €1 vigne pousse trop vite ; elle se développe en bois et ^^^ feuilles, sans jamais donner de fruit.

Il existe un arbre qui est bien connu dans les royaumes

*^^ ÎSfoupé, du Gando, du Sokoto et du Haoussa. Tous les

^^^f^ulmans du centre africain vénèrent cet arbre, appelé

*^^l£i, à cause de sa légende qui a traversé les siècles et

^^^i est encore aujourd'hui en honneur (1).

^et arbre fournit un fruit à gousse verte de la grosseur

^n gros coco, mais de forme ovale. Lorsqu'on partage le

^^*Uit en deux parties égales, dans le sens longitudinal, on

tïx>uve dans la membrane interne sept ou huit amendes

^^gées de chaque côté; soit une dizaine dans chaque fruit.

U) I^ légende dit que le Prophète s'est assis sous uu Kola et (ju'il a Offert des fruits à tous ses disciples.

Ces amandes sont de la grosseur d'un marron, de couleur rougeùtre ou blanche, et ont un goût âpre comme celui du gland de cliène.

Les rois, les grands chefs et les gens riches mâchent de^ kolas toute la journée, n'avalent que le suc du fruit; ils disent que c'est un fébrifuge.

Lorsqu'un étranger de distinction vient leur faire visite, les rois et les princes lui offrent une poignée de kola en signe d'alliance et d'amitié.

Lorsqu'un roi vassal de Sokoto meurt, le sultan envoie à son successeur des kolas blancs, avant la cérémonie du couronnement qui n'a lieu que plusieurs mois après.

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