MINÉRAUX
Le Bas-Niger, jusqu'ici, ne paraît pas renfermer de grandes richesses minérales; le pays n'a. guère été exploré que le long des rives et peu ou point dans l'intérieur des terres ; les naturels eux-mêmes ne s'écartent pas teaucoup de leurs cases.
Seuls les musulmans peuvent parcourir, en guerriers dévastateurs, les contrées de ce pays, et ce n'est pas eux qui nous apporteront jamais des renseignements de quelque nature que ce soit.
Cependant le fer et le cuivre existent; l'extraction se fait par les moyens les plus primitifs.
Il y a dans le Noupé une terre argileuse fort remarquable, qui sert h faire des alcarazas, des lampes, des cruches et des poteries de toutes sortes, pour brûler l'encens du pays et d'autres odeurs.
On trouve aussi de l'ocre avec lequel les femmes se fardent la figure et quelquefois môme tout le corps.
Je n'ai jamais vu d'eaux thermales, ni minérales, pas plus dans le Niger que dans la Bénoué.
d'iiiinionses dunes, émergées à plus d'un mille du courant.
Dans la saison sèche, les chaloupes à vapeur, calant deux pieds et demi, peuvent seules remonter la Bénoué; ce n'est qu'en pirogue ((ue nous correspondions entre Lokodja et Ihi.
C'est en mars et avril que les eaux sont le plus basses.
Pendant les pluies, les eaux de la Bénoué sont aussi jauiiîitres que celles flu Niger; mais, dans la saison sèche, elles deviennent limpides, avec une légère teinte verdî\tre, ce qui est dû probablement au sol très crevassé et extrêmement I)erméal)le de cette vaste plaine.
L'aspect de ce confluent est fort curieux à observer, à partir de la fm de décembre et pendant toute la saison sèche.
La Bénoué, quoique coulant dans le lit du Niger depuis Igbébé, conserve, pendant près de dix milles, la couleur verte de ses eaux; elle se maintient vers la rive gauche, comme si elle ne voulait pas se confondre avec les eaux vaseuses du Niger, qui érodent vers la rive droite.
La fusion ne commence à se faire que dans les parages de Beaufort-lsle.
Le thermomètre centigrade du 4 au 19 octobre 1883, lors de mon premier voyage àibi, n'a pas dépassé 38'.
Les tornades soîiHrès fré(iuentes, mais de courte durée.
Le 13 octobre de cette année (1883), étant au mouillage devant Djebou, nous avons été enveloppés par un tourbillon, vers huit heures du soir. Le thermomètre, qui était à 35', est subitement tombé à 22\La rivière s'est transformée en une mer houleuse, sous un vent terrible, accompagné de coups de tcmnerre ; le vapeur, chassé sur son ancre, allait à la dérive. Il fallut jeter une deuxième ancre, pour ne pas faire naufrage.
Au bout d'une demi-heure environ, le cdlme le plus parfait était rétabli.
La rive gauche, dei)uis Igbébé jusqu'aux environs d'Outclié-bou-hou, est occupée i)r(\sque exclusivement par des païens, constamment subjugués par les disciples du Prophète.
Les païens portent ici, comme dans le Niger moyen, des tatouages particuliers à leur pays d'origine d'où ils ont fui.
Ils fuiront encore devant le croissant persécuteur, à moins que les Anglais n'y mettent un frein ; mais, en ce moment, ils ont besoin de ménager les Foulahs et je le conçois à merveille. Leur installation étant incomplète, le concours des rois foulahs, qu'ils flattent par de nombreux cadeaux, leur est indispensable; mais, dès qu'ils auront jeté des milliers de sujets britanniques blancs et noirs dans les deux bassins du Niger et de la Bénoué, lorsqu'ils auront multiplié leurs comptoirs et leurs missions, quand ils se seront bien fortifiés, alors, ils trouveront, dans les païens, d'excellents auxiliaires pour refouler les Foulahs vers l'Orient.
Telle sera leur politique dans ce pays et en même temps le meilleur moyen d'enrayer l'esclavagisme odieux et féroce qui règne en maître dans ces contrées, grâce aux préceptes du Coran qui veulent que le musulman soit libre et l'infidèle esclave.
C'est la politique anglaise que nous devrions sui\Te dans tous les pays où vivent, pêle-mêle, les Foulahs et les Fétichistes ; mais tel ne devrait pas être, à mon avis, le système à employer au Dahomey, si nous devons y aller.
Là, il faudrait frapper un grand coup et en finir une
bonne fois.
Pour revenir aux habitants de la Bénoué, disons que les populations païennes sont dévastées sans mesure, par tous les musulmans de l'empire de Sokoto, et qu'il n'y a, pour eux, ni trêve, ni merci.
Les scènes navrantes auxquelles j'ai assisté, m'ont fait éprouver pour ces opprimés une sympathie égale à l'horreur que m'inspiraient leurs injustes et affreux oppresseurs dont le chef supi'ême, dans le Soudan, est le sultan de Sokoto. Ce puissant monarque jouit d'immenses revenus dont l'esclavagisme est la principale source, tant pour lui, que pour tous les rois et roitelets qui couvrent le sol de ce vaste empire.
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X- X, Hniiitim dont Iralemmesdu Moyon-Nigi?tnprteiit kur diurstc.
Les musulmans portent ici, comme partout, le burnous, le turban, la gandoura et les babouches arabes.
Les païens se couvrent comme ils peuvent, selon les moyens que leur laissent leurs ennemis : un sale morc(»au do toile qui descend à mi-jambe et des amulettes au cou. On en voit qui sont couverts de peau de biques ou de baillons lie toutes sortes.
Les enfants sont entièrement nus jusqu'à TAge de sept ii huit ans.
« A quoi bon travailler, disent ces malheureux idolâtres, puisqu'on nous prend tout ce que nous gagnons ! »
Pour les riches, la ])ase de la nourriture est lé riz indigène, qui est d'apparence rougeùtre;i)our les pauvres, c'est le mil.
Le pays fournit aussi les patates, les ignames, les oignons, l'arachide, les poules, les canards, les bœufs, les moutons, les chèvres, les poissons, etc.
Comme produits de commerce, Citons : la canne à sucre, le café, le tabac, le coton, le ricin, l'indigo, le sésame, le beurre végétal, le miel, la potasse et des peaux. L'huile de palme est un produit très rare; dans l'Adamaoua, il n'y a pas de palmiers.
Pour le moment, c'est l'ivoire qui est le produit le plus important.
En 1885, on disait que les Anglais venaient de mettre en exploitation à Bansofa, petit village situé aux environs de Loko, sur la rive gauche, une mine d'argent ; quelques joure plus tard, cette fameuse mine n'était, disait-on, qu'une mine d'antimoine ; aujourd'hui, ce ne serait qu'une simple mine de plomb.
J'ai fait ramasser, dans cette petite localité, une grande quantité de pierres, qu'on décorait du nom d'améthyste; elles étaient, en effet, d'une belle couleur violette ; mais les lapidaires de Paris, ai)rès examen, ont reconnu qu'elles n'avaient aucune valeur.
Il pourrait se faire cependant qu'en fouillant la terre, on trouvât dans ces parages des pierres précieuses.