I. — L'ARSENIC
Si l’hégémonie thérapeutique de l’arsenic est fortement contestée à l’heure actuelle par de nombreux syphiligraphes, l’accord est unanime, à des degrés divers, pour lui attribuer la première place quant à la fréquence et à la gravité des accidents qu’entraîne son emploi, à tel point que pour certains auteurs et non des moindres, il devrait être banni de l’arsenal antispécifique.
A) Arsénobenzènes
Les plus grandes divergences d’opinion règnent parmi les auteurs quant à la fréquence des accidents dûs à l’arsenic trivalent, qui seraient devenus plus nombreux pour certains, tardis que d’autres en constatent au contraire la régression. STOKES note un cas de mort sur 7.000 injections; HAN un cas sur 1.200; STEVENSON, CHAMBERS et ANDERSON un cas sur 27.000.
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- Alors que BURNIER compte trois cas de mort sur un lot de 800 malades dont une partie seulement a été traitée par l’arsenic, GARNIER n’en compte pas un seul sur 30.000 injections. Pendant la guerre, dans les pays occupés, on note une recrudescence des accidents graves et mortels, fait que ne signalent pas de leur côté les auteurs anglo-saxons.
Les érythrodermies arsericales seraient un peu plus nombreuses depuis le début de la guerre (STUMKE, SCHOLL, BERTIN, HURIEz). Pour 1.000 injections, MooRE voit survenir des dermatoses arsenicales dans 0,9 avec l’arsphéramine, 0,8 avec la néoarsphénamine, 1,39 avec la sulpharsphénamine et 0,53 avec le mapharsen. Sur 13.213 injections de novar, GARNIER constate uxe érythrodermie dans 0,06 % des cas. Les crises nitritoïdes sont passées de 5 % à 0,025 % (GARNIER) ; l’agranulocytose, le purpura sont execptionnels et quant à l’ictère, pour les anglo-saxons, la seringue tiendrait la place de choix dans sa pathogénie. ;
L’apoplexie séreuse reste cependant la complication la plus redoutable de la médication arsenicale: 1/20.000, et ce, malgré le B.A.L. qui, utilisé précocement, permettrait, d’après EAGLE, de sauver le malade dans 80 %' des cas.
Une exploration clinique et biologique soigneuse, quelques précautions spéciales tendent à faire baisser le pourcentage de ces accidents: surveiller les malades en cours de traitement et refuser l’arsenic à ceux qui présentent de petits signes d’intolérance après les injections: vomissements, céphalées, réactions fébriles, prurit, érythème du neuvième jour, ou se présentent à l’injection après un repas ou l’ingestion d’alcool; ne pas employer des doses trop élevées (plus de 1,5 ctg/ kg) ou trop forte d'emblée, et ne pas faire l’injection
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rep rapidement; ne pas répéter les séries arsenicales au delà de deux à trois au début du traitement, cette répétition paraissant sensibiliser certains malades. Si l’arsenic est interdit à certains sujets: tendance hémor: ragique, vieillards artério-scléreux, sujets tarés (hépatiques, rénaux, alcooliques...), sympathicotoniques, urücariens, asthmatiques; les douze contre-indications formelles fixées par EHRLICH, comme le fait remarquer GOUGEROT, & ont été révisées, et par la méthode des petites doses surveillées et répétées prudemment, on. peut guérir ou améliorer de nombreux malades. »
Cependant et malgré l’observance de ces règles, l’accident peut survenir que rien ne laissait prévoir, parfois mortel malgré l’adrénaline et le B.A.L. Le B.A.L. est utilisé en particulier dans le traitement de l’érythrodermie et surtout de l’encéphalopathie arsenicale, à la dose de 2,5 mg/kg quatre fois le premier jour à quatre d’intervalles, puis en une fois les six jours suivants. Dans les cas d’apoplexie séreuse grave, la dose, suivant les auteurs, peut aller jusqu’à 3 mg/kg toutes les deux heures et plus de quatre fois par jour, ou bien toutes les quatre heures les deux premiers jours, toutes les six heures le troisième jour, toutes les douze heures les dix jours suivants. Précocement mis en œuvre, le B.A.L. pourrait ,selon EAGLE, sauver 80 % des cas mortels.
B) Les arsénones
La toxicité des arsénones tout comme leur activité par rapport au novar, a été diversement appréciée par les auteurs. On peut, avec GARNIER, les considérer comme dix fois plus toxiques que le novar.
Les incidents lors de leur emploi sont fréquents: