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IV. — L'AUREOMYCINE

Les phénomènes d’intolérance à l’auréomvycine affectent le système digestif. Anorexie et nausées, puis vomissements et même diarrhées sont. fréquents dès que la dose quotidienne atteint ou dépasse 4 gr. Ces réactions digestives s’amendent par la régression des dases admiristrées et n’ont, en aucun cas, rendu nécessaire Jl’interruption de la cure.

Traitement Individuel de la

Syphilis

Le praticien se trouve devant des syphilitiques à soigner et non devant la syphilis. Il doit s’efforcer d'utiliser les défenses naturelles de l’organisme infecté au mieux des intérêts du patient.

La chimiothérapie, même la plus active, arsenie, bismuth, réclame la collaboration des tissus et des humeurs pour lyser le tréponème. Une lyse brutale et rapide comme elle se produit avec la pénicilline, sidère les réactions générales organiques, supprime la défense cutanée et l’allergie des stades ultérieurs. Il semble que la syphilis soit alors fixée à son stade initial; les récidives sont de type jeune (reviviscence du chancre, de syphilis secondaires), réinfections, surinfections. Au contraire, avec l’arsenic, surtout utilisé à doses insuffisantes, la maladie semble vieillir avant l’heure et les récidives précoces revêtent l’allure d’accidents tardifs. De petites doses répétées et longtemps prolongées, comme dans la technique de SICARD,, ont cependant leur utilité devant un organisme inerte ou fragile.

La réactivité d’un orgarisme défaillant peut être

renforcée par*l’association à la chimiothérapie d’une médication de choc: sérum de cheval en injection hebdomadaire, sudorifiques, frictions, cautères, actinothérapie actinohémothérapie (RADNAL). Des résistances eliniques et sérologiques, en particulier dans l’anallergie de la phase quaternaire, peuvent justifier des méthodes plus actives depuis la protéinothérapie jusqu’à la malariathérapie de VON JAURREG. Au contraire, le mercure préludera à un traitement dont l’énergie fait craindre la brutalité. 6 =

Devant une hyperergie précoce, il est bon de mettre en œuvre des méthodes de désensibilisation: hyposulfite, cures sulfureuses hydrominérales qui permettent une meilleure tolérance du mercure et du bismuth (GOUGEROT: in Lœper: Le Soufre).

La pénicilline est remarquable par son innocuité à des degrés divers; on n’en peut dire autant des autres ‘ antisyphilitiques. En présence des réactions d’intolérance il faut utiliser un autre médicament, avoir recours aux anti-anaphylactiques et désensibilisants généraux; on peut parfois en utilisant le médicament à deses très faibles et progressivement croissantes arriver à désenisibiliser le malade et permettre l’emploi du produit à des doses normales et efficaces.

En face de l’infection l’antisyphilitique peut se montrer absolument ou relativement inactif ou bien ne présenter qu’une efficacité sans lendemain bientôt suivie de récidive (chimiorécidives de GoucERoT). Ces résistances peuvent n'être seulement que sérologiques et, dans ce cas, souvent irréductibles. Elles se développent souvent sur des sujets traités par des doses trop faibles ou trop espacées, aussi y a-t-il intérêt d’atteindre rapidement les doses utiles ou d’instituer d’emblée un traitement plurimédicamenteux pour les prévenir,

de changer d’agent thérapeutique lorsqu’elles sont constituées. La pénicillo-résistance est exceptionnelle. Expérimentalement, il semble impossible de créer des races de tréponèmes pénicillo-résistants (LevapiTi). Le mercure et l’iodure, abandonnés au profit de l’arsenic et du bismuth paraissent avoir retrouvé un regain d’activité, et il peut être indiqué de recourir à des antisyphilitiques de second ordre, tels que vanadium, or, zinc, antimoine, tellure. La succession de divers agents médicamenteux sera parfois préférable à leur emploi simultané, comme c’est le cas pour la pénicilline et le bismuth (DEcos et LoRTAT-JAcoB, Moore, BUREAU).

Les résistances les plus graves semblent être surtout le fait du terrain, et dans ce cas sont souvent plurimédicamenteuses, la pénicilline elle-même pouvant être en défaut. Il faut alors faire appel aux défenses naturelles de l’organisme, modifier l’état des humeurs, réveiller l’allergie par des injections de luéne, de protéines, stimuler les défenses cutanées par l’actinothérapie, utiliser l'huile soufrée (Borry), le dmelcos (SIcARD), le propidon (RIMBAUD et SERRE), la pyrétothérapie par des moyens physiques, la malariathérapie lorsque la syphilis, indifférente à tous les assauts, poursuit inexorablement son cours. Par contre, il ne faut pas méconnaître ces cas de syphilis tenaces de BW irréductibles guérissant par l’abstention thérapeutique et la mise au repos du malade dans des conditions d'hygiène physique et morale jusque là inexistantes.

Dans l’état actuel de nos connaissances, la disparition des accidents cliniques, la négativation des réactiors sérologiques ne permettent pas d’affirmer la guérison définitive. Après les séries initiales, GOUGEROT estime que le traitement d’assaut doit comporter cinq

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séries de bismuth séparées par des périodes de repos n’excédant pas 21 jours, et ce, pendant au moins un an; tel. est l’avis de F LANDIN, même avec un traitement initial type POLLITZER. A l’inverse des auteurs de langue française, les anglo-saxons considèrent les traitements rapides par les arsénoxydes comme se suffisant à eux-mêmes; même opinion américaine quant aux cures d’assaut à la pénicilline sous réserve d’une étroite surveillance tant clinique que sérologique.

GOUGEROT divise la vie du syphilitique en cinq périodes respectivement définies par le traitement d’assaut, les cures de consolidation, la recherche des ceritères de guérison, le traitement d’assurance et la phase de surveillance. Le traitement de consolidation aux deux à quatre ans et comporte tous les ans deux eures de bismuth et deux cures de mercure. Le traitement d’assurance est constitué par deux cures (au printemps et à l’automne) de bismuth et ure cure estivale mercure-iodure jusqu’à la dixième année; de la onzième à la quinzième, trois cures annuelles bismutho-mercurielle progressivement réduites. Un traitement facultatif avec deux cures annuelles est prévu de la seizième à la vingtième année. La surveillance du malade comporte un examen clirique tous les trois mois de la quatrième à la dixième année, tous les six mois les années suivantes. Ce traitement est certainement excessif à une époque utilisant pénicilline, arsenic trivalent, arsénones et bismuth plus largement. Aussi bien, sans se contenter, comme le font les Américains, du seul traitement d’attaque réduit à une cure unique de pénicilline, il semble raisonnable de s’en tenir au traitement d’attaque renforcé par le traitement de consolidation.

- Traitement Abortif de la Syphilis

Seul un traitement général, identique à celui d’une syphilis diagnostiquée, peut être efficace. Il ne doit pas être institué à la légère, mais réservé à des cas bien définis où la notion de contage est absolument établie.

ÂLEXANDER, SCHOCH et MANTOOTH ont récemment publié les résultats d’ure expérience portant sur 148 sujets traités par 900.000 huile cire+ 120 mg de bismuth métal (3 em’ d’éthylcamphorate de bismuth) + 0,05 à 0,06 G de mapharsen, injectés simultanément, et sur 108 par le même traitement maïs sans mapharsen avec des résultats équivalents. Sur ces 256 sujets, 13 seulement ont contracté la syphilis, alors que sans traitement abortif 202 sujets exposés à des accidents contagieux avant cette étude l’ont contracté dans 59,9 % des cas, ainsi que 62,1 % de 161 sujets témoins. 10,2 % des sujets traités ont présenté, une semaine après, une sérologie douteuse ou légèrement positive, effet réactivant qui témoignait, d’après les auteurs, de l’existence effective d’une syphilis en période d’incubation que jugulerait le traitement abortif. Chez les 13 sujets où la syphilis est survenue après le dit traitement, celle-ci est apparue dans des délaïs variant de deux à vingt-trois mois sous la forme trois fois de chancres séronégatifs,

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sept fois de chancres séropositifs, trois fois de syphilis secondaires. Huit de ces cas sont considérés d’ailleurs par les auteurs comme des réinfections postérieures au traitement abortif. D’autre part, huit sujets protégés une première fois l’ont été une seconde et de 29 blennorragiques ayant reçu le second type de traitement, un seul a eu un chancre deux mois plus tard, attribué à une réinfection postérieure. Le traitement type 1 a été appliqué comme traitement unique à 197 syphilitiques primaires et secondaires avec des résultats encourageants, disent les auteurs, puisque 30 seulement ont dû être retraités; 21 pour des signes cliniques et 9 pour des rechutes sérologiques ou sérorésistances avec une neurorécidive.

De cette étude, les auteurs concluent à l’efficacité du traitement abortif qui, en période d’incubation de syphilis, protégerait dans près de 100 % des cas, et le préconisent sous la forme pénicillo-bismuthique, chaque fois qu’un sujet a été exposé à la contagion.

Traitement de la Syphilis

Tardive Cutanée et Viscérale

À la phase tertiaire l’allergie syphilitique est à son point le plus élevé, alors que le virus est plus résistant à la thérapeutique que dans les stades ultérieurs, antérieurs, et si les antisyphilitiques puissants sont requis, encore faut-il qu'ils soient maniés prudemment.

L’action brutale des arsenicaux rend leur emploi fort délicat, eu égard à leur toxicité accrue vis-à-vis d’organes altérés par la maladie. Leur rejet de la thérapeutique ne doit pourtant pas être systématique, et administré avec discernement, ils peuvent, comme dans la technique de SICARD, rendre de surprenants services.

Grâce à son action lente et prolongée, sa toxicité pratiquement faible, le bismtuh joue à cette période le rôle prédominant. Avec le mercure en traitement de longue haleine, ABADIE et DEGos obtiennent des résultats remarquables.

Dans les formes graves, la pénicilline est indiquée par son innocuité et sa tolérance, en particulier chez les rénaux et les hépatiques. Au point de vue de Îa négativation des réactions sérologiques, elle ne donne

pas de résultats sensiblement supérieurs à ceux des autres médicaments.

On peut avec profit utikser l’action fondante de l’iodure: de potassium, à la dose de 2 à 4 gr, sur les accidents gommeux.

Avec l’auréomycine à la dose de 60 gr per os en vingt jours, O’LEARY, KIERLAND et HERRELL obtiennent des résultats cliniques satisfaisants chez des sujets porteurs de lésions cutanées datant de six à dix ans.

Les syphilis latentes, sans autre manifestation qu’une sérologie positive, doivent être considérées comme des syphilis secondaires et traitées avec autant d’énergie. j;

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