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A NOS CAMARADES ET AMIS

Introduction et Historique

Réservé de nos jours à quelques indications spéciales, le mercure a eu pendant des siècles une valeur historique à peu près exclusive dans le traitement de la syphilis. Il ne nous a pas semblé sans intérêt de rappeler les variations mêmes de son emploi.

Le 22 février 1495, Charles VIII entrait dans Naples, et avec lui, selon certains auteurs, la syphilis dans le monde occidental.

Pour combattre ce nouveau fléau, les médecins ont vainement recours aux pratiques en usage. Les anciens avaient proscrit le mercure qu’utilisaient les Arabes et l’école de Salerne (cf. l’onguent sarrazin de Guy de CHAULIAC) contre les dermatoses. Les guérisseurs font des frictions mercurielles aux vérolés et obtiennent d’éclatants succès: aussi, nombre de médecins Les suivent-ils avec des fortunes diverses.

Dès 1496, Joseph GRUNPECK se sert d’un onguent contenant du vif argent. Peu après, il devient syphilitique et relate sa propre observation. Il essaye vainement les prescriptions qu’il avait conseillées dans son Tractatus et se confie avec les mêmes résultats aux charlatans. Il guérit seul, Dieu aidant.

‘Pedro PINCTOR (1500), prescrit des onguents

mercuriels,

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Jacobus CATANEUS (1504), contre les douleurs articulaires fait faire des frictions mercurielles sur le cou, la nuque et les articulations des cuisses et des jambes de quatre en quatre jours.

Joannes BENEDICTUS (1508), dote de frictions mercurielles car il se défie des fumigations. :

Pour Jean DE VIGO (1514), la cure mercurielle (onctions et emplâtres) n’est que palliative quand la maladie est confirmée.

Ulrich de HUTTEN (1519), n’est pas un médecin, mais un vérolé qui a vainement recours au mercure. Il vante la cure de gaïac qui seule l’a guéri et il la décrit avec tout son rituel : séjours de trente jours dans une étuve, décoction de gaïac, diète, laxatifs, sudation.

Jérôme FRACASTOR, dans son poème « Sphihs sive morbus gallicus » (1521) et dans son Traité des maladies contagieuses (1546) décrit la syphilis et son traitement: frictions mercurielles et leur salivation salutaire, fumigations de cinabre contre les manifestations locales. Il consacre le septième et dernier livre à la cure de gaïac qui, seule, apaise les douleurs et met fin aux tourments.

Jacques de BETHENCOURT (1527), décrit les frictions et la cure de gaïac. Ses préférences vont au mercure: & la cure de gaïac est barbare par son régime rigoureux; son action est plus lente et plus faible que celle du mercure qui paraît offrir aux malades des garanties plus sérieuses ».

Nicolas de MASSA (1536), mentionne pour la première fois la salsepareille et 4 squine ou racine de Chine.

Jean FERNEL (1556), fait l'éloge du gaïac et le

procès du mercure dont il méconnaît la puissance,

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