ECHELLE DES SONS. GA1IS1E A TEMPERAMENT EGAL
connu et admis par Rousseau lui-même : une lecture rapide d'accords est impossible, car le mouvement des sons ne correspond plus à la pente des lignes formées sur le papier par les suites de notes.
Les autres cherchent à représenter les intervalles et non plus le nom des notes. Ils pourraient avoir raison dans un autre svstéme musical que le nôtre; mais, avec nos gammes diatoniques incomplètes, ils rendent l'écriture indéchiffrable.
Il ne faut pas oublier qu'il n'est guère possible de lire plus d'une portée à la fois.
Si Ton étudie la manière dont un pianiste suit ses deux portées, plus les deux portées du violon et du violoncelle, par exemple, quand il exécute un trio, on s'aperçoit qu'il lit d'abord un ou plusieurs temps, une ou plusieurs mesures d'une des portées, pais un ou plusieurs temps, une ou plusieurs mesures d'une autre portée,... et ainsi de suite; mais qu*il ne lit pas simultanément les quatre portées; la mémoire fait le reste. Les inventeurs qui multiplient les portées, écrivent par exemple la musique de piano sur trois ou quatre portées de trois lignes, ne se rendent pas compte qu'ils augmentent considérablement le travail des jeux.
D'autre part le nombre de cinq lignes par portée est un maximum : il est impossible sans un effort considérable de lire sur six lignes : on confond toujours les lignes moyennes.
\k. Limites des sons perceptibles. — Il semble aisé de déterminer à partir de quel nombre de vibrations l'oreille a la sensation d'un son musical; c'est pourtant un problème complexe.
Tout d'abord il faut utiliser des sons rigoureusement simples. Savart employait une barre tournant autour d'un axe normal à sa longueur et fixé en son milieu. A chaque demi-révolution, une moitié de. la barre traverse une fente ménagée dans une planche dont le plan passe par l'axe de rotation. Il résulte de ces passages des secousses isolées de la masse d'air, très courtes par rapport à la période du phénomène qui est la durée du demi-tour. Les harmoniques sont par conséquent très intenses, et les sons, qu'on entend d'après Savart dès qu'il y a 8 secousses par seconde, correspondent
CIIU'ITHE II.
aux harmoniques dont la période est 2, 3, 4, . . . fois plus courte que la durée du demi-tour. 11 est clair qu'une telle expérience n'a pas de sens.
De plus il faut utiliser des sons très intenses; car l'expérience montre qu'à égalité de travail mécanique, l'effet physiologique croît considérablement quand la hauteur des sons croit. Par conséquent, si l'on veut entendre des sons très graves, il faut qu'ils aient une amplitude énorme.
Les grands tuyaux bouchés de l'orgue sont donc les instruments les plus convenables pour déterminer la limite des sons graves perceptibles.
L'expérience montre que l'oreille reconnaît très difficilement la hauteur des sons simples dont la période est de Tordre de yô de seconde. On sait que le son le plus bas du piano est le la{ (2- vibrations) et qu'il possède un caractère musical très net : mais ce son émis par un piano est infiniment loin d'être simple. Au contraire le ut0 (32 vibrations) donné pur un tuyau bouché de l'orgue, donne un son tremblé auquel il est quasiment impossible d'assigner une place déterminée dans l'échelle musicale.
Au-dessous du utQ, dans l'octave — 1 par conséquent, la sensation de secousses isolées s'accentue pour les so/is simples. A proprement parler, il n'y a plus sensation musicale, quel que puisse être d'ailleurs l'effet émotionnel des vibrations aériennes agissant comme de véritables coups.
Helmholtz a cherché la solution du même problème dans l'emploi de cordes surchargées en leur milieu et donnant, outre le fondamental, des sons partiels très élevés et facilement discernables. Les résultats sont les mêmes : la sensation continue commence vers 3o vibrations à la seconde, la hauteur musicale déterminée vers 4o.
Dans le haut cette limite est éminemment variable suivant les individus. On admet généralement qu'elle est de l'ordre de 38ooo vibrations; le son correspondant se trouve dans l'octave 10, par conséquent de 3 à 4 octaves au-dessus de l'extrémité supérieure du piano.
15, Série des harmoniques. Cor. Trompette marine. — Nous pouvons maintenant dénommer les divers harmoniques d'un fondamental.