MORT DE L IVROGNE
— Regarde comme Ion hippogriffe vole le long de ma manche. J'en ai presque peur. S'il me becquetait l'oreille ?
— Et les deux fleurs rouges sur chacun de mes seins ! Elles ont des tentacules ainsi que les pieuvres redoutées de qui pêche les perles.... Ma gorge frissonne d'horreur, quelquefois
— Grâce à vous, lumières éclatantes ! Sourires d'Ormuzd... Opales du temple !
Il perpétuait des révérences à la manière des femmes.
Sur le théorbe, ses doigts bruns et fins, en grattant les cordes, imitaient les gouttes de pluie lorsqu'elles touchent les feuilles, une par une, au début de l'orage. Il savait suivre leur précipitation si elles augmentent en nombre, et si elles deviennent l'averse. Eudocie, Sophia, sentaient leurs âmes s'épanouir à l'entendre, à le voir sourire dans sa fine barbe huileuse. Il imitait encore, sur le théorbe, l'arrivée des sauterelles dans un champ de riz, le travail de leurs mandibules, la chute des verdures coupées, l'essor de leurs multitudes parties vers les autres richesses de la terre.
Basile-Auguste lui-même écoutait la musique, regardait avec plaisir les images. Devant le travail du Perse, il s'arrêtait, oubliant l'eunuque portçur
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de volumes roulés, de parchemins, de sceaux. Celui-ci finissait par rougir de toutes ses rides; car il sentait que ses bras las laisseraient choir le faix de l'administration impériale.
— Que ton augustalitc prenne garde, avertit une fois Jacobitzès, ton actif génie fatigue les eunuques, les parasites, les soldats, les préfets et ceux qui engraissent autour du patriarche Photios.., Vois comme ils plient et rougissent sous le fardeau de ton intelligence, Doigt du Théos!
Basile se mit à rire. Depuis son association à Tempire, il accablait de travaux les gens du palais endormis jusqu'alors dans une fainéantise parasitaire. Ceux-ci l'avaient hissé vers le Pouvoir, estimant que l'époux et le frère des concubines impériales ne serait pas dur aux ngenceurs de l'intrigue ni aux titulaires de sinécures. Mais Basile possédait une imagination féconde. Il croyait nécessaire la grandeur de l'Etat. Les idées, dans son esprit, étaient comme les habitants d'une ville riche. Elles allaient, venaient, s'assemblaient, agissaient sans trêve, et malgré lui. en dépit des soin^. de sa fortune, il inclinait à rendre Byzance pareilh' à son cerveau. La remarque de Jacobitzès l'éclaira.
— Oui ; tu mets de la sueur à la façade du palais, reprit le Perse. La petite et la grande domesticité, les scribes et les moines, les patrices comme les
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sLialèges, s'essuient le front sous les arcades ; ils se plaignent derrière les colonnes. Les gardes scholaires te jugent dans leurs disputes. Les vestibules de rriippodromc retentissent de récriminations. 11 n'y a que les marchands pour te louer... Moi, je comprends aussi. Tu veux peindre sur la robe do l'empire des choses belles, comme moi je peins sur ces étoffes... Je sais, je sais...
Basile l'écouta plus attentivement. Il lui révélait des intrigues ennemies, de secrets voyages accomplis par les principaux entre les mécontents, vers le monastère de Gastria. La vieille impératrice Théodora y instruisait son fils de [irésages et de songes annonçant que les souliers de pourpre seraient mis aux pieds impériaux de Basile, et que leur race périrait avant ce jour.
D'ailleurs, les moines bientôt se répandirent hors des églises, dans les inies, coururent ainsi que des fourmis actives. Ils prêchèrent sous les auvents des vendeurs de vin, au haut des bornes, avec un cierge allumé. Ils déclaraient que l'empereur Michel allait mourir, à moins qu'on ne vît reparaître la sainte impératrice Théodora.
Eudocie commença de craindre pour Basile. En vain riait-il de son étrange rire, agrandi d'un côté par la blessure bulgare. Elle lui répétait que Michel cessait de se réjouir, de s'enivrer et de boire,
qu'il pensait longuement entre les corps étendus des belles-sœurs, sans que ses mains pussent toujours se souvenir de leur présence. Le fou n'amusait plus sa préoccupation. Il dédaignait les femmes grasses et pâles que lui préparaient les eunuques, les petites vierges en pleurs, amenées à la fin des soupers, par des matrones encore belles qui leur tenaient les mains.
Sophia ne l'enchanta plus. Un après-midi, elle revint tout alarmée des appartements du maître. Ses dents saignaient, il l'avait souffletée, disant : « Va rejoindre ton frère, l'Auguste, le ministre de la pauvreté... Va... Tu ne sais pas plus échauff"er mon désir qu'il ne sait remplir le trésor... »
Eudocie parla de fuir. Elle fit passer leurs bijoux en Bethynie, acheter des chevaux, établir des relais sur les routes d'Occident. Sophia pleurait. Jacobitzès, afin de savoir des choses exactes, donna pour cadeau ses belles étoffes aux eunuques et aux moines. Il apprit de la sorte que Théodora allait obtenir de son fils une entrevue au palais d'Anthemios, et que l'empereur envoyait le Protovestiaire avec d'autres domestiques à la chasse, espérant offrir quelque gibier rare à sa mère. C'était la réconciliation.
Aussi, quand, le même jour, un serviteur de Michel fut prier subitement à dîner Basile, l'épouse
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et la sœur, il leur vint à tous trois la certitude que le repas serait tragique. L'empereur les ferait saisir par les eunuques. Sophia eut une crise de rage, se voyant déjà entre les murs du cloître, ou exilée à nouveau sur les frontières dans les camps des Apéiates. Gomme elle sanglotait, se lamentant, Eudocie l'enferma dans une chambre, et prépara la fuite à Taise. Mais Jacobitzès vint dire que les eunuques rôdaient partout. Des cavaleries allaient partir vers les routes d'Occident, sans doute pour tenir les relais
— Alors, dit Basile, nous devancerons le dessein de l'empereur. Tu viendras, Perse, avec Jean Ghaldios Egômcnc, PhilothéeToxaras, et des épées coupantes. Puisqu'il le veut, je teindrai mes souliers dans sa pourpre.
Eudocie passa le reste des heures à farder Sophia et son propre visage ; de sorte que leur pâleur ne put transparaître. Tremblantes, muettes, résolues, elles cachèrent des stylets aux plis de leurs robes.
Or, dans la salle du couvert, Michel ne leur montra qu'une figure de fête. Le long de ses grosses joues, la barbe se hérissait plaisamment. Un large bandeau bleu cachait les indiscrétions du crâno nu entre les boucles espacées. Pour accueillir les belles-sœurs, il insista sur les plaisanteries coutumières.
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C'était une salle proche de la chambre où couchait l'empereur ; les tables réunissaient, ce jour-là, quelques familiers seulement et les cubiculaires Dascilianos, Ignatios, qui gardaient la personne du maître. Basile les savait lâches, doucereux. 11 sourit à la forte stature de Jean Chaldios, dont la barbe brune s'étalait sur une tunique élargie par l'ampleur de la poitrine. Jacobitzès, souple et félin, sourieur, se glissa derrière Chaldios jusque les stalles réservées aux stratèges et s'installa entre Hermotime et Philothée.
Michel siégea sous un dais ; Eudocie et Sophia se couchèrent le long d'un lit de table, à portée de sa main gauche. Basile s'assit en face, assez loin... Les autres convives étaient sans importance, ni amis, ni ennemis. Ils mangeaient à une autre table plus longue, spectateurs dévots de l'Empereur et de l'Auguste.
Sophia cessa vite de craindre. Eudocie riait aux éclats chaque fois que l'empereur disait une drôlerie obscène. Pour lui complaire, elles mirent leurs gorges hors de leurs robes dégrafées. « Afin que mon œil aussi mange et se rassasie, dit-il, non moins que mon estomac ! » On servit des olives avec de petits poissons rissolés; un faon tout entier, froid dans une sorte de confiture bloquant des oranges cuites ; ensuite parurent des
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pigeons farcis de pistaches et d'amandes. Les serviteurs passaient des vases d'or pleins de saumure, des assiettes de nacre où saignaient des tranches de pastèques, des œufs durs. Mais l'empereur annonça un vin de miracle que lui envoyaient les villes de Sicile, auxquelles il avait consenti la libre entrée du port de Byzance. On l'apporta dans des urnes de terre vernie. Des coupes de cristal et d'argent furent remplies. On goûta. On s'extasia. Michel vida d'un trait le vaste bol d'or incrusté de turquoises où se reflétèrent son front darlreux et ses joues tombantes.
— S'il préparait notre perte, ce soir, murmurait Eudocie à Sophia, il se garderait de l'ivresse.
Elles écorchcrent des fruits et jetèrent les peaux aux lévriers quêteurs. Basile se trouva gêné. Jean Chaldios et Jacobitzès demandaient du regard un ordre, un conseil, un avertissement. Tout semblait sûr. Au troisième bol de vin, Michel s'embrouilla dans une histoire d'eunuque lorrain violé par le ■ patriarche et qu'il venait d'apprendre par le Protovestiaire. Le rire d'Eudocic salua chaque phrase. Bascilianos paria de boire d'un coup le contenu de l'urne vernie. Michel l'en défia. Le cubiculaire leva les coudes et l'urne, et l'on vit, sous la fuite du liquide, glisser la pomme d'Adam le long du cou pelé.
— Ce n'est pas pour ce soir, dit tout haut Basile, en regardant Chaldios, Hermotime et Toxaras.
— Qu'est-ce qui n'est pas pour ce soir? interrompit Michel...
— Ce que tu nous avais promis, OEil du Théos!
— La mère et la fille de l'Indus, la vierge de Samos?
— Tu l'as dit.
— Ton Augustalité va voir !
Dans le mur de marbre blanc, sous le lin (eau de cuivre, une portière verte s'écarta... Trois formes voilées défilèrent, et vinrent se placer au entre du demi-cercle formé par l'arrangement des tables. La plus grande forme se dénuda. C'était une haute fille blanche. Aucun bijou ne déparait sa splendeur,
— Aphrodite !
— Phoïbé...!
Des exclamations jaillirent. A la cime de ce corps olympien, les cheveux érigeaient une tiare en grosses tresses blondes. Les deux autres formes dévoilées parurent, l'une lourde, avec des seins monstrueux, des cheveux noirs argentés déjà par l'âge, et entièrement couverte de pierreries collées aux membres, hormis la gorge ; l'autre, une grêle enfant brune, impubère, sèche, grave, qui portait une courte tunique noire fendue sur les hanches.
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— Les eunuques de l'Inde ont éduqué la petite ! Vous verrez, dit Michel, ce que ses mains et ses lèvres savent faire... Quant à sa mère, qui brille comme un serpent... c'est Priape lui-même... Voici donc la beauté une, et le plaisir double... En contemplant la beauté de la vierge de Samos, nous laisserons nos corps aux soins des deux autres... li faut se hâter de jouir. Notre sainte impératrice Thoodora prétend revenir au palais, et chancer nos cou lûmes... C'est un dernier soir...
Cela dit, il se dressa, trébuchant. Il parut vouloir satisfaire un besoin... Ignatios et Bascilianos se précipitèrent malgré leur ivresse, afm de le soutenir. Il ricanait depuis la mâchoire jusque toute l'enflure de son ventre qui dansait dans la tunique bleu-perse. Il dit à Basile en sortant :
— Ton Augustalité a compris... Notre sainte mère... va revenir au palais... à...
Basile entendit dehors les éclats de rire, la chute d'un jet liquide, les hoquets de Bascilianos. Le fard craqua sur la figure d'Eudocie. La vierge de Samos restait debout en attitude de statue, ayant à ses pieds l'idole de pierreries, et la fillette brune.
Basile se leva, disant à Chaldios : « Ce sera pour ce soir, nous ! » Parce qu'il connaissait les lieux, il alla jusque la chambre oii se coucherait l'empereur. Le vin de Sicile centuplait l'audace.
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Dasile trouva la porte ouverte . Avec la pointe d'une arme, il força la serrure de telle sorte que le battant ne pouvait plus se clore. Il rentra, comme Michel, tout tremblant d'ivresse, prétendait s'étendre sur les belles-sœurs. Mais Sophia nerveuse jeta un cri, et le repoussa... L'empereur hurla des injures... puis s'affaissa dans les mains des cubiculaires... Basile vint pour lui baiser les doigts... L'assistance et les convives de la grande table se retirèrent discrètement. L'empereur se laissa entraîner hors de la salle.
Ghaldios, Jacobitzès, Sophia et Eudocie restèrent seuls avec Basile, devant la vierge de Samos et les deux étrangères, immobiles, attendant le signal de commencer la débauche. Presque une heure se consuma dans le silence. Les cœurs battaient sous les tuniques. La fillette s'endormit sur les genoux de sa mère, engluée de pierreries et passive. Soudain, Basile se leva. Ghaldios, Jacobitzès découvrirent leurs sabres courts et coupants. Tous trois, sans se rien dire, gagnèrent la chambre impériale, guidés par le ronflement de Michel. Ils trouvèrent Bascilianos dormant sur un lit, comme mort, et sur un autre Ignatios, qui se frappait à coups de poing la poitrine^ en injuriant la trahison de la porte démontée... Celui-ci se rua vers Jacobitzès, qui s'insinuait sous le bras de
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Basile. Au bruit, Fempereur se réveilla, étendit une main aussitôt coupée par le sabre de Chaldios parvenu là. Bascilianos reçut des coups dans le dos, Philothée Toxaras ayant rejoint les conjurés. Le cubiculaire se sauva; mais, à la porte, il trébucha sur le corps d'Ignatios, que, silencieusement, Hcrmotime achevait dans l'ombre. Il eut un sort pareil.
Basile s'affola. L'empereur sanglotait, en cachant son moignon dans les couvertures. Ses boucles rares pendaient autour du crâne quasi nu. Toxaras dit : « Je lui couperai l'autre main, afin qu'il ne puisse plus signer le décret. » Il le fit malgré les cris déchirants de l'ivrogne. « Et s'il survit, quelle défense présenterons-nous ? » demanda Jacobitzès comme ils quittaient la chambre, tous.
Alors Chaldios y rentra. Basile regardait, à là porte, Michel qui n'osait pas se lever, mais se roulait dans les couvertures, en cachant ses moignons, en se lamentant; en ruant de ses bottines bleues... Chaldios le prit à l'épaule et le retourna, brutal. On vit ses gros yeux dans les poches fripées des paupières ; le gonflement informe de son estomac, oiî fut plongé le sabre, à toutes forces. Ensuite Chaldios agrandit l'entaille depuis le nombril jusque l'os qui soude les côtes... L'empereur sursauta deux fois , prononça un nom arménien ; et puis, il devint flasque, immobile.
Jean Chaldios caressait salarie barbe. Ils retournèrent auprès des bellcs-sœnrs et des prostituées.
— Moi d'abord, je suis très content, ô fille d'Arsace, parce que la pourpre, dès cette heure, peut chausser ton frère, empereur des Romains ! dit Egômène.
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Au reproche orgueilleux de ses regards, Sophia comprit quelle récompense il attendait de son audace. Depuis le jour de l'Initiation des Purs, il n'avait point cessé de la désirer encore. Des cheveux gris s'étaient mêlés à ses cheveux bleus ; des rides avaient rétréci ses joues ; l'âge avait fripé ses paupières. II n'avait pas cessé d'entretenir le même espoir d'amour. Sophia vibrait de toute une émotion. Des larmes jaillirent de ses yeux, et elle se jeta sur la poitrine de Chaldios, criant :
— Non, je ne me suis pas souvenue d'un homme vil!
Il la baisait gravement au front.
— Je t'aimerai comme la Colombe qui nous fait grands sur la terre ! murmura-t-il.
Ils restèrent ainsi, les mains aux mains.
Eudocie congédia les prostituées.
Toxaras partit à la suite du prince de Rascie.
Jacobitzès haranguait les eunuques dans les vestibules.
Basile s'était rendu dans le Triclinion où l'on rassemblait les Scholaires et les Bardaniotes.
Sophia regrettait la pieuse Euphrosyne morte sur le chariot de Bithynie.
Chaldios la serra contre lui; ils s'épousèrent en silence, dans la salle vide, sans prêter l'oreille à tous les tumultesdu palais qui s'éveilla...
Plus tard, Hermolime les vint chercher. Il les entraîna, fiévreux, annonçant avec des paroles confuses, le sacre. Descendus, ils arrivèrent jusqu'à la Mégaura. Basile trônait dans un cercle de mille torches flambantes, tenues aux mains des soldats. Les moines chantaient un office. La Spiritualité d'Hermapolis, levant au ciel les poches de son visage mou, déclamait :
— Au nom de Jérusalem, et du Plérôme Universel, je déclare, celui-ci, Basile-Auguste, Empereur des Bomains... Vous, adorez...
— Triomphe Basile, fils d'Arsace le Macédonien !...
— Longue vie à l'OEil du Théos.
— L'Invoqué marche ! crièrent des bouches courageuses.
L'aube, alors, blêmit les fentes du vantail. Le jour d'un nouvel empire se levait sur Byzance.
Debout contre l'aigle en or, qui, d'une aile haute, soutenait le trône, Sophia, éperdue de gloire, regardait les figures vociférantes des acclamateurs, les feux des torches secouées, les moines présentant leurs crucifix, l'ombre immense et rousse de la salle dont nul ne pouvait entrevoir la hauteur.
— L'Invoqué l'a voulu, pensa-t-elle, ivre de sainte extase.
Elle se redressait dans sa robe faite d'écaillés
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d'argent et de canevas écarlale : elle se crut grandir jusqu'à la hauteur invisible, mystérieuse de la salle, du ciel...
— J'ai délivré le Rayon Céleste de la Matière Aveugle. Règne, maintenant, lumière du Plérôme ! Eclaire le monde, Mouvement ailé du feu !
Ainsi cria-t-elle...
Une stupeur efTara les visages militaires, ceux des moines... Quelqu'un répondit cependant, du côté d'Hermotime :
— L'Invoqué marche !
Et une clameur de gloire retentit, salua la parole qui avait vaincu les Sarrasins...
En même temps la colombe de cristal parut au sommet d'une hampe. Elle brilla de tous les reflets que lui valurent les feux des torches inclinées vers elle...
L'àme secrète et divine de Byzance triompha.
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