LES PREMIERS ACTES PUBLICS. L ADMIMSTRATIO FINANCIERE
Au lendemain du meurtre de Michel III, Basile, maître du Sacré Palais, n'avait plus qu'à se faire proclamer. Ce fut son premier acte. Le préfet de la ville, Marianos, s'en alla au Forum et, devant le peuple et l'armée assemblés, annonça que désormais Bvzance n'avait plus qu'un seul maître en la personne de Basile'. De son côté, l'Empereur entouré du Sénat recevait, probablement en ce même instant, les félicitations de la cour et, l'âme subitement convertie aux choses de la Reliai-ion, consacrait « au Christ-Roi » son Empire et sa personne. Première et touchante pensée du matin après les horreurs de la nuit'-! Ensuite, conformément à l'usage, Constantinople se mit en devoir d'aller solennellement rendre grâce à Dieu en son temple de Sainte Sophie. Basile, accompagné de la nouvelle Impératrice et de ses enfants, escorté de tous les dignitaires et fonctionnaires présents, se dirigea vers l'église, distribuant avec la libéralité qui convient à un homme qui veut se rendre populaire, de nombreuses sommes d'argent, don traditionnel de joyeux avènement que les Byzantins appelaient « 'j-aTS'la » et qu'il tira, fait remarquer son petit-fils, de sa bourse privée •\ après quoi, seul Empereur, il se mit à l'œuvre.
1. Svm. Magist., ii, 7^9 ; Léon Gramm., io85 ; (ieorg. Moine, 107a.
2, Vit. Basil., xxvni, 27a, i). Vil. Basil., xxix, 272.
La première mesure que Basile eut à prendre, fut d'ordre financier. On se souvient de quelle lamentable façon Michel avait dilapidé le Trésor. Il fallait, de toute nécessité, mettre bon ordre à cet état de choses. Basile convoqua donc son sénat et les principaux fonctionnaires de son gouvernement — sans doute ceux qui étaient chargés des finances — et ouvrit en leur présence le trésor impérial, situé à Tune des extrémités de la galerie appelée « Diabatica du Triconque^ » 11 était à peu près vide. De toutes les richesses d'autrefois il ne restait plus que trois kentenaria et neuf sacs de miliarisia- ! Le livre des dépenses fut. par bonheur, retrouvé chez un vieillard, le protospathaire eunuque Basile et. grâce à cette découverte, on se rendit compte de certaines malversations qui demandaient une prompte réparation. Le conseil voulait que tous ceux qui, du vivant de Michel, avaient largement et indûment puisé dans le trésor, fussent astreints à rembourser le montant des sommes prises. En bon prince. Basile se contenta de la moitié, ce qui ramena immédiatement trois cents kentenaria dans les caisses publiques -^ Puis le trésor privé de l'Empereur u to £io!.x6v » fut, à son toui', ouvert. On y trouva de précieux débris des richesses passées que les Basileis avaient accumulées au Palais. Là gisaient, pêle-mêle, des restes d'or j^rovenant des œuvres artistiques que Michel avait dû faire fondre un jour pour payer ses soldats* : le platane, les griffons, les lions, l'orgue, les habits impériaux, etc. Pour le nouveau Basileus c'était la richesse. Il n'avait qu'à faire monnayer les lingots comme le projetait Michel et sa fortune privée augmentait surle-champ. C'est ce qu'il fit plus tard. Enfin, paraît-il. la Desti née ayant décidé de gâter jusquau^bout l'heureux Macédonien, il découvrit, caché en terre, un trésor qui le mit tout à fait à l'aise^. Mais ce n'était là, en réalité, qu'une affaire secondaire. Ce qu'un souverain gaspille, un autre peut l'économiser à condition, toutefois, que la gestion de la fortune publique soit sérieusement conduite. Malheureusement, tel n'était pas le cas à Byzance.