III. — Documents religieux
Le texte oificic^ des deux conciles tenus sous Basile est la source principale qui nous fait connaître la grave afTaire de la déposition de Photius et de son rétablissement postérieur, comme la conduite politique de Basile en cette occurrence. Grâce aux nombreuses pièces lues en séance, grâce aux interrogatoires adressés aux prévenus, aux discussions qui surgissent, nous pouvons nous faire une idée des griefs imputés au Patriarche, de la façon dont Rome et les légats comprirent et traitèrent le schisme, de la conduite enfin de Basile en toute cette affaire. Les lettres des Papes comme celles des ennemis de Pholius complètent pour nous le dossier accusateur. Malheureusement nous n'avons pour plaider la cause du Patriarche qui de très rares documents et encore ces documents — telles les lettres de Pholius lui-même — sont-ils plus que sobres en renseignements précis. Le plus souvent les lettres de Photius sont énigmatiques. vagues ou insignifiantes quand elles ne sont pas une longue lamentation. En somme c'est le plus souvent de la pure rhétorique. Très rares sont les exemples contraires. On voit, en examinant de près les pièces favorables que Photius eut pour lui un certain nombre d'adhérents recrutés surtout, semble-t-il, dans le haut clergé et dans la noblesse de cour, qu'il parait même avoir comjDté en son parti des personnages comme S. Euthyme le Jeune, mais nulle part nous ne pouvons découvrir les raisons qui militaient en faveur de son innocence personnelle ou en la justice de sa cause. Tandis que le réquisitoire dressé contre lui, se présente à nous très serré et très accablant, aucune voix indépendante ne s'élève pour parler en sens contraire. Bien plus, qu'on écoute Rome ou qu'on écoute Byzance, une chose paraît assurée, c'est, qu'en somme, les amis les plus connus de Photius, Grégoire Asbestas, Santabarenos, par exemple, ses partisans les plus actifs. Bardas et Michel III n'étaient guère des personnages particulièrement recommandables, présomption toujours grave contre un accusé.
Les vies de saints, à leur tour, et en tout premier lieu le fameux panégyrique de S' Ignace parNicetas* David, évêque
I. On a essayé en ces dernières années d'enlever à Nicetas la loalcrnité de celle œuvre pour l'attribuer à quelque auteur de beaucoup postérieur aux