ETUDE CRITIQUE DES SOUHCES XXI
de Dadybra en Paphlagonie vers 890, sont à des titres divers de précieuses sources d'information. Nicétas est un partisan passionné d'Ignace, un fervent de Fortliodoxie, un ennemi déclaré de Photius et de Basile. Il écrit sa vie du Patriarche Ignace pour faire œuvre d'édification et de piété ^ à la façon de ses autres panégyriques, sans doute vers la fin de sa vie car il semble bien que lorsqu'il composa son œuvre tous les héros de son histoire étaient morts jusque et y compris Santabarenos-. Il connaît donc pour l'avoir vécue l'histoire qu'il nous rapporte : on le voit bien à certaines remarques personnelles. Ce qu'il pardonne le moins à Basile comme aux légats, c'est de n'avoir pas en SQ() terminé d'une façon définitive l'affaire du schisme, d'avoir louvoyé et finalement d'avoir permis le retour futur de Photius au pouvoir. Son panégyrique plein d'informations curieuses, de faits qu'en vain nous chercherions ailleurs, doit donc être, malgré cela, étudié avec la plus grande précaution. Naturellement, il passe sous silence tout ce pourrait être défavorable à Ignace. Il glisse rapidement sur sa famille et ne dit rien de la guerre de Bulgarie dans laquelle fut défait Michel Rhangabe, ce qui amena l'insurrection de Léon. Néanmoins, ce panégyrique abonde^en traits trop précis ; il est trop révélateur d'un état d'âme ; il évoque avec trop de vie, de couleur et de mouvement l'époque dont il s'est fait l'historien pour que nous puissions n'en pas faire usage. A côté d'exagérations manifestes et de violences de langage poussées parfois très loin, mieux qu'aucun autre, il nous explique l'enchaînement chronologique des choses, nous montre les hommes agissant et nous renseigne sur divers points d'institutions ecclésiastiques. Bien plus, en somme, le parti pris une fois mis à part, les faits qu'il nous raconte se présentent souvent à nous, quand nous pouvons les contrôler, comme relative-
événements. M. Papadopoulos Kcrameus s'est [fait le champion de cette théorie qui ne semble pas avoir son point d'appui sur des raisons pure- •iiient critiques et scientifiques. Aussi a-t-il trouvé jusque parmi ses coreligionnaires des contradicteurs. M. Vasiljevskij, en eflet, a repris Tétude des arguments de Papadopoulos Kerameus pour arriver à rendre d'une façon définitive le panégyrique à Nicetas et au ix« siècle finissant. On trouvera un résumé complet en allemand de la discussion qui s'est poursuivie en grec et en russe, dans la Byzant. Zeitschrifl, W, 2G8-27G, igoo.