‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 175 sur 409 · Vit. Ignat · texte numérisé non relu

Vit. Ignat

2. Photius distinguo toujours les ^evoSô^oi, de l'orphanotrophe. C'est ce qui fait croire que ce George était bien le grand orphanotrophe, car autrement il lui eût donné comme aux autres le titre de |£vo8d/o;.

3. Cf. à ce sujet Schluniberger, Sigillog., p. 377. Ce qui donne à supposer que l'orphanotrophe n'avait que l'administration du grand orphanotrophion, c'est d'une part le singulier du substantif qui accompagne le titre de chartulaire ; c'est de l'autre que les xenodochia de provinces ainsi que certains autres de la ville relevaient, comme nous l'avons dit, soit du chartulaire du sakkellion, soit du grand curateur.

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A cette époque le sourd et lent travail qui avait peu à peu, sous la pression des événements, modifié l'organisation territoriale de l'Empire, créé en lieu et place des anciennes provinces romaines des « thèmes » ou gouvernements tout à la fois militaires et civils et donné à l'armée une importance considérable, n'était point encore achevé. L'origine de ces transformations politiques et sociales remontait à l'époque où l'Empereur Maurice créa les deux exarchats d'Italie et d'Afrique pour faire face aux dangers multiples qui menaçaient l'Empire : mais ce fut sous Héraclius que le système se généralisa, quand, de toutes parts, Arabes. Bulgares. Slaves, se jetèrent sur les terres impériales pour les ravager et s'en saisir. Dès lors, suivant les besoins et les événements du jour, on traça, d'une façon souvent fort arbitraije, des frontières à l'intérieur comme aux limites de l'Empire, on forma des gouvernements nouveaux, on en supprima qui n'avaient plus d'utilité, presque toujours et uniquement pour mieux se défendre contre d'incessantes attaques ou réparer, par la création d'autres Etats frontières, la perte d'anciennes provinces qui jusque là avaient servi à protéger l'Empire. Ces territoires ainsi tracés à l'intérieur des provinces, représentaient avant tout, un corps d'armée avec ses chefs et ses divisions, ses cadres et son organisation. Dans le thème ainsi compris, le stratège était le maître. Au ix" siècle il aA ait en mains tous les services do la province, finances, justice, armée et commandait aussi bien fonctionnaires et habitants que soldats et ofticiers. Aussi n'est- il pas étonnant que ces généraux-gouverneurs soient devenus dans l'Empire des personnages de tout premier rang et qu'aux époques de paix relative on ait parfois songé à créer des thèmes uniquement pour récompenser la valeur de quelques soldats particulièrement courageux '. Le moyen était tro]) commode pour qu'on n'en usât pas.

Quand Basile monta sur le trône, la division territoriale

i. De Them., p. 97.

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qu'Héracliu^ et ses sucresseius immédiats avaient eréée s'était singulièrement modiiiéc. Des sept grands commandements mililaiies institués au vu'' siècle, quelques-uns, en effet, n'existaient déjà plus pour l'Empire, comme les exarchats d'Italie et d'Afrique, tandis que d'autres avaient surgi ou s'étaient transformés au gré des événements. Entre le vir et le ix*" siècle le nombre des thèmes monta ainsi jusqu'à vingt-cinq et même vingt-six et après les conquêtes de Basile, lorsque Léon YI érigea en thèmes les territoires gagnés sur l'ennemi, ce nombre augmenla encore *. Les vingt-six thèmes pour lors constitués sous le règne de Basile se trouvaient très inégalement répartis en deux grandes divisions, non point géographiques, mais hiérarchiques-, les thèmes d'Orient (àvaToA'.xà BéuLa-ra) et les thèmes d'Occident (al Tr^ç oja-eco^ TTpaTT.ra'l). A la classe des thèmes d'Orient appartenaient tous les grands commandements militaires, toutes les provinces qui jouaient dans l'Empire le rôle de défenseur et de pourvoyeur du territoire et de la ville. Ceuxlà étaient riches, bien pourvus de tout, admirablement coniHis de l'administration byzantine et des ennemis, le solide point d'appui et la force de l'Empire ; les autres étaient beaucoup moins estimés: l'administration les négligeait, les voya geurs les passaient souvent sous silence et Constantin Porphyrogénète lui-même ne paraît a\ oir sur ces petits gouvernements que des notions assez confuses, \ussi n'est-il pas très facile de faire une étude détaillée des provinces de l'Empire. Les incessants changements qui élèvent ou font disparaître subitement les thèmes, la négligence des auteurs byzantins à nous renseigner sur le gouvernement de leur pays, les contradictions manifestes qui parsèment les ouvrages des historiens et des géographes, obscurcissent beaucoup à nos yeux ce côté de l'administration byzantine. Néanmoins, en combinant des indications glanées à droite et à gauche, on peut arriver, je crois, à dessiner les grandes lignes d'une géographie historique de rEm]nre au ix'' siècle comme à se rendre compte de l'organisation et du fonctionnement de la vie provijiciale.

1. - Au dire de l'Arabe Ibn Hordadbeh et de son copiste Kodama. aux environs de 84o-84r3, Byzance et son territoire immédiat

1. ibii Hordadboh généralement très bien renseigné ne cite que quatorze provinces-. H ignore l'existence delà plupart des thèmes d'Occident.

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