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formaient une province spéciale, dont la mention, en vérité, n'apparaît nulle part chez les historiens byzantins njais qui peut bien, en réalité, avoir existé sans avoir, toutefois, porté le titre de thème : c'est celle qu'ils appellent Tafia, Talaka, Tafra. Ses limites, dit Ibn Hordadbeh, sont à l'orient, le détroit jusqu'à son embouchure dans la mer de Syrie et, à l'occident, la muraille qui s'étend depuis la mer des Khasares (mer Noire) jusqu'à la mer de Syrie et dont la longueur est de quatre journées de marche. Ce mur se trouve à deux journées de marche de Constantinople. Les autres limites sont, au midi, la merde Syrie; au nord, la mer des « Khasares ». Et Masoudi complétant le renseignement d'ibn Hordadbeh, ajoute: «La majeure partie de cette province consiste en villages appartenant au roi et aux patrices et en pâturages pour le bétaiP. )> Des affirmations aussi nettes seraient assez étranges si une circonscription spéciale n'avait pas. de fait, existé, englobant Byzance et son territoire. Oii donc le géographe arabe, en général si bien renseigné sur les thèmes importants de l'Empire, eût-il pris ces détails? Aussi est-il probable que ce territoire, distinct des thèmes de Thrace, existait réellement, sinon sous le règne même de Basile, du moins au temps de sa jeunesse, sous le règne de Théophile. M. Gelzer croit qu'il fût réuni au grand thème de Thrace par Léon VI -, à moins que ce changement n'ait eu lieu, précisément à l'époque où Ibn Hordadbeh écri vait, quand l'Empire dût se défendre contre les terribles attaques de Krum et de ses hordes bulgares. En tous cas Constantin VH au début de son second livre sur les « Thèmes » ne semble plus connaître ce thème qui s'était confondu depuis une trentaine d'années au moins avec son voisin le thème de Thrace. De la petite province de Tafra cependant, certains vestiges paraissent s'être perpétués à travers l'histoire byzantine, comme la place de l'éparche, au catalogue, parmi les grands fonctionnaires d'ordre militaire, ses hautes prérogatives, sa garde et ses fonctions en l'absence de l'Empereur. De même il est bien vraisemblable que c'est de cette époque et de ce régime dont l'origine remonte à une date inconnue, que naquit le comte des murs
I. Cité par Gelzer, p. 82-86. Nous avons deux sceau v d'un slralè^je dont le thème n'est connu d'aucun auteur, c'est le thème du Bosphore. Y aurait-il corrélation entre les deux noms ?
•t.. (Jelzer, Die Genesis der Tlienienverfassiing. p. 88.
ET L EMPIRE BYZANTIN l'y 5
(xô|jLY,ç) OU (aoycov T(I)v T£',ywv) cité/ lui aussi, parmi les grands fonctionnaires de l'Empire,
II. — Le thème de Thrace était donc l'immédiat voisin du petit gouvernement de Byzance. Il commençait au grand mur à l'est et s'arrêtait à la Macédoine au sud ; à l'ouest, il touchait aux Bulgares. La mer Noire le baignait au nord-est. « La province de Thrace a quinze journées de marche en long, dit ïbn Hoidadbeh, sur trois journées en large. On y compte dix places fortifiées ^ )) L'origine de ce thème n'était, probablement, pas très ancienne. 11 s'était constitué à l'époque où les Bulgares commencèrent à franchir le Danube pour se répandre dans l'Empire. Il fallait alors établir sur cette frontière, comme en Orient sur la frontière arabe, un solide gouvernement militaiie qui pût arrêter les envahisseurs. Ce fut le rôle du thème de Thrace et la raison de l'établissement, à l'époque de (Constantin Pogonat, d'un stratège dans ce pays qui, jusque-là, n'en avait pas eu. Dès lors ce thème qui comprenait une dizaine de places fortifiées, fut classé dans la troisième classe des thèmes. Son stratège avait le dixième rang parmi ses collègues'-.
III. — La Macédoine touchait à la grande muraille, du côté de l'est : à la mer de Syrie au sud ; au pays des Slaves à l'ouest ; aux Bulgares au nord. Sa longueur était de quinze journées de marche, sa largeur de cinq. 11 y avait trois places fortifiées ^. Ce thème, formé à la fin du wv" siècle * pour lutter, comme le thème de Thrace, contre les Bulgares et le« Slaves qui s'enfonçaient chaque jour plus profondément sur ces terres d'Empire, les dépouillaient ou les faisaient passer sous leur domination, était aussi le seul qui eut en Europe, comme son voisin le thème de Thrace, quelque importance pour l'Empire. Comme la Thrace, la Macédoine appartenait à la troisième classe des thèmes et son stratège venait de suite après celui de Thrace. Ce dernier résidait tantôt à Andrinople, tantôt à Philippopolis '". Souvent un seul stratège gouvernait les deux thèmes de Macédoine et de Thrace. C'est ainsi que sous Irène, le patrice Aetius qui commandait les thèmes des Anatoliques et de l'Opsikioïi, fit nom