IO BASILE J
le nouvel Empereur, vraisemblablement aussi peu soucieux des choses religieuses qu'il l'était des choses morales, ne fît pas difficulté de se ranger à l'avis de son impérial associé. D'un côté comme de l'autre, c'était pure flatterie et simple habileté qui ne préjugeaient pas de sa conduite à venir. Aussi quand Photius, pour répondre aux synodes romains comme aux anathèmes et aux dépositions que Nicolas avait lancés contre sa personne et ses tenants S décida de réunir un nouveau concile dont la mission serait d'anathématiser et de déposer à son tour le Pape régnant, Basile et Michel y assistèrent-ils -, et leur nom figura même, parmi les partisans de Photius, au bas des documents que Rome ne tarda pas à recevoir. Après la mort de Michel, Basile, il est vrai, protesta bien auprès du Souverain Pontife contre l'abus que fit de son nom le Patriarche déchu ; mais qui disait la vérité de Photius ou de Basile ? Nul ne pourrait le dire : la moralité des deux accusés n'étant pas à coup sûr un plus sérieux garant de leur parole que le fait contesté. En tous cas, une chose est certaine, c'est que Basile, au lendemain de son avènement, s'empressa d'envoyer un homme de confiance à la recherche de Zacharie en route pour Rome ^, avec Tordre formel de rentrer à Constantinople.
En attendant, du vivant de Michel, assez curieuse était la conduite de ces deux hommes subitement placés par les événements en face l'un de l'autre. Officiellement, ils semblaient unis; mais en sous-main chacun préparait l'avenir. Photius, adroit courtisan, n'avait pas manqué de s'apercevoir assez vite du changement qui s'opérait au cours de l'année 866-867 dans les relations réciproques des deux empereurs. Et il en profitait. Ignorant la façon dont les choses tourneraient et désireux d'avoir en toute hypothèse un protecteur dans le souverain futur, il flattait tour à tour Michel et Basile et, s'il faut en croire le panégyriste d'Ignace, ne se faisait nullement faute d'aller de l'un à l'autre semer entre eux la discorde et la haine *. Malgré