‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 211 sur 409 · id · texte numérisé non relu

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3. C'est la version du continuateur de Georges le Moine et des clironiqueurs qui le copient ou s'en inspirent : Syniéon Magister, Géncsios, Léon. Tous prétendent qu'au lendemain du meurtre de Michel, Photius chassa Basile de l'Eglise comme indigne : k >.ï ttt.v xal cpovia», dit Syniéon — et qu'irrité par cette injure l'Empereur déposa le Patriarche et réintégra Ignace, ^lais cette histoire n'est pas admissible. D'abord, elle est en contradiction avec le caractère de Photius, qui n'avait pas, à l'égard des puissants, de ces périlleuses audaces ; elle l'est avec les autres sources historiques qui donnent à la conduite de Basile de très ditTérentes raisons ; elle l'est surtout, ce qui est plus grave, avec les dires mêmes de Photius. En exil, le Patriarche déchu écrivit à l'Empereur. Dans sa lettre que nous possédons, il lui rappelle les liens indissolubles qui les unissent : sa consécration et l'ïlucharislie. Nulle part, Photius ne fait la plus légère allusion à un événement qui, s'il avait été réel, était d'une telle gravité qu'il n'aurait pu le passer ainsi sous silence. Le moins qu'il eût pu faire, c'eût été de l'expliquer, d'en donner les raisons ou encore de s'humilier poiu' implorer son pardon. Or, nous ne découvrons rien de semblable dans la correspondance de Photius. La vérité est, probablement, beaucoup plus simple et ne doit pas même être cherchée dans les antipathies de certains chroniqueurs à l'endroit de Basile. 11 eût été, en elTet, à peu près impossible de lancer dans le public luie histoire aussi in\raisendDlable, alors que chacun devait savoir la vérité à ce sujet. En réalité, cette version nous est parvenue par suite d'une confusion. Qu'on remarque, d'abord, que Syméon, après avoir raconté cette anecdote, n'en continue pas moins de dire que c'est Photius qui baptisa le jeune Etienne à la Noël 867 — chose impossible, puisqu'il était certainement chassé — mais qu'on remarque aussi que le chroniqueur n'a pas parlé de la déposition d'Ignace et de sa protestation contre Bardas, et l'on aura, je crois, le mot de l'énigme. Il est très probable, à mon sens, qu'un chroniqueur postérieur a mêlé les deux noms et, par conséquent, les deux événements et créé ainsi, sans le vouloir, la légende du courage inopiné de Photius.

thies secrètes ou avouées de l'Empereur qui resta, dit son petitfils, Tami de Pliotius, et lui confia même l'éducation de ses enfants ^ ; d'autres enfin, comme les Romains, s'efforcèrent, par la plume dun des leurs, de montrer que Basile n'agit, en l'occurrence, que pour se conformer à la justice et aux décisions du Saint-Siège. Suivant Anastase, en effet, l'Empereur, dès qu'il fut proclamé, entreprit une sérieuse enquête sur les droits réciproques des deux Patriarches et rechercha les jugements de Rome -. Ce fut alors qu'il chassa Photius pour rappeler Ignace. En fait, Basile n'avait pas besoin de ces multiples raisons pour prendre parti. Deux mois après son avènement, il avait exilé Photius tout simplement, parce qu'il y était déjà décidé dès avant le meurtre de Michel. Aussi est-ce en toute vérité que Nicétas put dire, dans son panégyrique d'Ignace, que Photius fut disgracié au u lendemain » même de l'arrivée de Basile au pouvoir. Ce qui paraît bien certain, en tous cas, c'est que Basile voulut donner à cette déposition la valeur d'un acte juridique et l'apparence d'une complète soumission aux jugements de Rome. Parla déposition de Photius et le rétablissement d'Ignace, Basile ne préjugeait pas la question. Il obéissait — ou feignait d'obéir — simplement à la volonté du Pape, qui avait ordonné dès 86 1 de rétablir les choses dans l'état oii elles se trouvaient avant la déchéance d'Ignace et il lui remettait, suivant son désir, le soin de trancher le débat. C'est pourquoi, lorsque Ignace rentra solennellement à Constantinople, accompagné du drongaire Hélias, l'Empereur exigea que, momentanément, le Patriarche irait habiter son palais paternel de Mangana^ et non le Patriarcheion. Pour la même raison, il rappela sur leurs sièges épiscopaux et à la tête de leurs couvents tous ceux qui avaient été chassés et remplacés par Photius * et, tandis qu'en son particulier, il recevait solennellement Ignace à la Magnaure ^, le comblait de prévenances et le laissait en grande pompe se rendre à Sainte-Sophie ^', officiellement, il'envoyait à Rome le spa-

1. Il pst bon d'observer que Constantin fait le panégyrique de son grand père. Or, à la mort d'Ignace, Basile rendit le pouvoir à Photius : ce qu'il fallait expliquer par une constante et secrète fidélité. Vit. Basil., xxxiv, 292.

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