‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 218 sur 409 · BA81LK I · texte numérisé non relu

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au palais que vous pouviez prouver que vous aviez ofïicié « comministravimus n comme prêtres avec le très saint pape Nicolas ? » C'était — il importe de le remarquer — changer la question première. Cette fois, il ne s'agissait plus des bruits qu'ils avaient pu répandre sur les rapports du Pape etdePhotius, mais bien d'eux-mêmes. Naturellement ils maintinrent leur affirmation et les légats la repoussèrent. Il fallut lire les deux lettres du Pape Nicolas à l'Empereur Michel — celles de septembre 860 et de mars 861 — pour rendre évidente aux yeux du concile l'erreur des deux évêques. Il n'y avait pas, en effet, grand'chose à répondre aux deux lettres. Comme Théodore de Carie le fit remarquer à Théophile : du moment que le Pape appelait Photius » adultère » c'était bien la preuve qu'il ne l'avait pas reçu. Quant à eux, quelles preuves pouvaient-ils alléguer en faveur de leur dire ? Théophile ne répondit pas à la question, mais, chose étrange, il en appela à l'Empereur. Si celui-ci l'autorisait, par écrit, à parler, il le ferait avec clarté'. N'était-ce pas avouer la complicité de Basile en toutes ces tergiversations ? Aussi, les légats ne s'y laissèrent-ils pas prendre et, profitant de l'effet produit par la lecture des lettres sur un certain nombre d'assistants comme Théodore, métropolitain de Carie, s'empressèrent-ils d'afïîrmer que Photius, déjà traité de « moechum et invasorem » par le Pape, n'ayant pas écouté sa voix, avait été suspendu (obligatus). repoussé et réprouvé-. Le coup portait droit. Baanès posa encore quelques questions, demanda quelques éclaircissements, avant de lever la séance: en fait, il était battu. Pour la première fois, il n'approuva pas de sa parole le langage des apocrisiaires. Une gêne évidente s'aperçoit du côté des sénateurs, même au travers des actes assez secs du concile.

Durant ces quatre premières séances, Photius n'était point venu au concile et personne n'avait songé à le demander. C'est alors que l'Empereur lui-même l'envoya chercher pour qu'il se rendit au synode 3, et qu'il y fût jugé. Là encore apparaît donc la main cachée, mais vigilante de Basile, et sa volonté bien arrêtée. Au fond, l'Empereur — et peut-être avec justice — voulait un jugement en règle. Il comprenait à merveille que

1, Mansi, p. 68 et 78.

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