‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 220 sur 409 · Mansi · texte numérisé non relu

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2. Il est très remarquable que le Liber Ponlificalis passe avec une étonnante rapidité sur les afFaires du Concile. Il ne fait aucune allusion au second procès que Basile voulait instruire en présence de Photius et des évêques incriminés et du refus des légats : ce qui me semble être cependant le nœud de toute l'agitation religieuse du moment.

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occulte qu'il s'était donnée avait pris fin. Tant que dura la confrontation des accusés et des témoins et qu'un jugenient n'avait pas été émis, il avait voulu garder aux yeux de tous une stricte neutralité et ne faire prévaloir sa façon d'envisager les choses que par d'autres ; il ne fallait pas qu'on pût mettre en doute son esprit de justice. Mais désormais la situation changeait. Contre son gré les légats avaient refusé déjuger la cause. A moins de remettre tout en question et de prolonger, en l'augmentant, le trouble général, force lui était d'accepter momentanément le fait accompli et d'en tirer le meilleur parti possible. Cette seconde attitude de Basile est très visible dans la sixième séance qui eut lieu le 20 octobre. Faute de mieux, il s'ingénia, par tous les moyens, h faire accepter les décisions romaines aux principaux partisans de Pholius. Lui-même se mit à discuter avec les évêques schismatiques comme Euthymios de Césarée, Zacharie de Chalcédoine. Eulampios d'Apamée. quitte à se faire rappeler à l'ordre par les légats ^ qui craignaient toujours une reprise du procès -. Puis, dans un long « epanagnosticon » il exhorta chacun à revenir au (( bercail » car son plus grand désir était de voir toutes les brebis sauvées. Si cependant les évêques ne voulaient pas écouter sa voix, ils devaient revenir sept jours plus tard pour entendre leur jugement.

Le 29 octobre, Photius et ses partisans revinrent, en effet, au concile, de nouveau présidé par Basile. Les mêmes scènes recommencèrent. Les évêques voulaient un nouveau jugement; les légats s'y opposaient. Us n'avaient pas compris que l'Empereur se trouvait dans l'impossibilité de les défendre plus longtemps. Aussi est-ce sans succès qu'ils en appelèrent à Basile. Ils purent bien affirmer que ce dernier leur avait promis qu'ils pourraient parler librement — ce qui était sans doute vrai — rien n'y fit. L'anathème fut porté contre Photius et ses adhérents et, dans la session suivante, tenue le 5 novembre, tous les documents fabriqués par Photius ou qu'il fit signer de force, furent détruits par le feu.

Pratiquement, le concile était donc terminé et Rome sortait, pour un temps, victorieuse de la lutte que Photius avait enga gée contre elle. Son succès était même, peut-être, trop complet.

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