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Tant au point de vue de la paix que pour en finir avec l'agitation, il eût été sans doute préférable de suivre les désirs de Basile et de recommencer le procès. En agissant comme ils l'avaient fait, les légats mécontentaient l'Empereur, blessaient les partisans de Photius et avivaient contre le Pape une haine qui n'était point de date récente dans l'Eglise grecque. C'est bien ce que les événements allaient mettre en relief.
Après la huitième session du 5 novembre, il fallait une nouvelle réunion pour terminer certaines affaires secondaires et clore officiellement le concile. Or, cette séance qui fut suivie d'une dixième et dernière, n'eut lieu que trois mois plus tard, le 12 février. Pourquoi? Il est probable que c'est au sortir de la huitième séance, après la condamnation de Photius, qu'éclata dans le clergé le mécontentement qui devait forcément se produire contre les légats. Déjà, beaucoup avaient vu de mauvais œil le (( Libellus » apporté par les ambassadeurs du Pape ; mais quand le jugement contre Photius fut rendu public, la colère des partisans du Patriarche ne connut plus de bornes. Ils se rendirent auprès de l'Empereur et lui reprochèrent amèrement sa condescendance et sa faiblesse qui rendaient, disaient-ils, l'Eglise grecque dépendante de l'Eglise romaine. Peut-être s'avisèrent-ils aussi qu'il serait prudent, en vue d'événements futurs, toujours possibles, de ne pas laisser de traces compromettantes de leur conduite présente. Quoiqu'il en soit, un certain nombre d'évêques et de prêtres demandèrent qu'on s'emparât des exemplaires du Libellus sur lesquels leur nom figurait. L'Empereur, mécontent des légats, heureux, sans doute, de se ménager des amis pour le jour où ses intérêts lui commanderaient une autre politique, acquiesça à la demande qui lui était faite et, sans vergogne, par les domestiques grecs des légats fit reprendre, en secret, tous les exemplaires qui se trouvaient en la possession des Romains '.
Une telle conduite n'avait rien de très noble. Si elle montrait avec évidence combien mécontent était l'Empereur, elle prouvait aussi qu'il était capable de ne reculer devant aucun moyen pour arriver à ses fins et que la loyauté n'était pas la première de ses qualités. L'affaire, naturellement, fit grand bruit et, sans doute, les légats n'auraient à eux seuls et malgré toute leur élo-