‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 230 sur 409 · Vit. Ignat · texte numérisé non relu

Vit. Ignat

6. Lettre de Jean VIII à Grégoire du 17 avril 877. Mansi, xvii, 42.

Rome et Byzanoc eu vue duue récoucilialiou future et déjà à lire la lettre du Pape au primicier Grégoire ou saisit bien le changement qui s'est fait à Rome en faveur de Basile.

C'est, à ce moment, qu'arrivèrent à Constanlinople deux légats du Pape, Paul d'Ancône et Eugène d'Ostie, porteurs de lettres datées du 26 février et du 26 avril 878^. Lorsqu'elles furent écrites, on ignorait encore à Rome la mort du patriarche Ignace car l'une d'elles lui est adressée ; mais on avait reçu deux lettres de l'Empereur demandant des légats pour terminer, s'il était possible, la lutte qui avait repris de plus belle au reloiu^ de Photius^. Les lettres de Basile malheureusement sont perdues et la réponse du Pape est trop vague pour laisser deviner ce qu'elles pouvaient contenir. Ce qui est certain c'est que le rapprochemcjit s'était opéré entre les deux souverains et qu'on ne désespérait pas de s'entendre. On peut même deviner sur quelles bases devait se faire l'accord et saisir la raison pour laquelle Jean VIII ne tardera pas à reconnaître Photius. Dans sa seconde lettre à Basile, en effet, le Pape expose le triste état dans lequel se trouve le Saint-Siège par suite des incursions sarrasines. Il le prie, en conséquence, de vouloir bien le secourir. Dans sa lettre au clergé grec de Bulgarie, d'autre part, après avoir sommé les prêtres ignatiens de rentrer en leur pays, il promet un évêché à tous ceux qui obéiront à ses ordres. C'était là. probablement, la double clause du traité. En échange le Pape devait, sans doute, promettre de reconnaître Photius soit après la mort d'Ignace, soit tout de suite dans le cas 011 les légats auraient à déposer Ignace pour son entêtement dans la question l)ulgare -^ Quoi qu'il en soit, quand les légats arrivèrent à Byzance, Photius était de nouveau sur le trône patriarcal et les rôles d'hier encore une fois intervertis. Il semble bien, en effet, que Photius essaya de se venger et voulut rétablir en

1. Jaffé, 3ii8 et 3i35. JafTé maintient la double lecture de « IV. Kalendas Martii » pour l'une et « d'avril » pour l'autre. Cette dernière a pour simple date « Indictione XI » et fait partie des lettres datées du 16 avril 878. Il est probable qu'elle était écrite quand arriva la lettre de Basile, aujourd'hui perdue. Elle répondait vraisemblablement à l'une des deux lettres de l'Empereur. Toutes deux partirent en même temps car par l'une le Pape répond au sujet de la Bulgarie ; par l'autre au sujet des troubles de l'Eglise byzantine.

Page 1