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bien de la part de l'Empereur dans le domaine religieux que de celle du Patriarche dans le domaine temporel, et c'est ce qui arriva précisément à l'époque de Pliotius. Son histoire n'est, en réalité, comme nous l'avons remarqué, qu'un épisode de la sourde lutte engagée entre les deux autorités pour se mutuellement supplanter. C'est, du reste, dans l'espérance d'éviter ce danger qu'on essaya, mais bien en vain, d'élever quelques fragiles barrières entre les deux pouvoiis. A son couronnement, l'Empereur doit signer un chirographe par lequel il promet de ne rien entreprendre contre l'Eglise et les dogmes fixés par les SS. Pères ^ parce qu'il est établi tout d'abord pour conserver la doctrine définie par les conciles-. De son côté, à son élection le Patriarche, en un acte solennel, jure par écrit de respecter l'autorité civile. « En prenant en mains les rênes de l'Eglise, dit S. Ignace, j'ai fait, par écrit, le serment de ne jamais médi ter contre votre Empire de trames ni de dommages •^. » Jamais non plus il ne devait donner de mauvais conseils sur ce délicat sujets Mais évidemment, le meilleur moyen pour l'Empereur d'éviter tout danger était encore d'avoir la haute main sur les élections. Malheureusement pour lui, jusqu'au x" siècle, les règles canoniques étaient trop fixes, sa participation au choix patriarcal, trop nettement définie pour qu'il pût être sans conteste maître de l'élection. Sans doute, l'Empereur avait bien à son service la force : un coup d'audace lui était toujours possible. Seulement c'était chose dangereuse. Invariablement de telles élections préparaient pour l'avenir des troubles religieux. Mieux valait les éviter. Aussi — surtout après le schisme de Photius — les empereurs préférèrent-ils prendre un autre chemin. Ils s'arrangèrent à faire élire des membres de leur famille, des hommes, par conséquent, qui, par leur entourage, leurs traditions, leurs intérêts même, étaient aisément maniables. Ce fut le cas lors de la déposition de Photius. Léon VI s'empressa de faire nommer patriarche son frère Etienne, fils cadet de Basile. Plus tard il en ira de même de Théophylacte et de bien d^autres. Ce résultat obtenu, les empereurs jmrent alors, vers la fin du